LE CO. U TE
Sur cette langue, mon ami... il y a là, enire les roseaux, si je ne me trompe, un bon coup de filet... (chantonnant en vieillara.) « Le roi des mers, ne m’éeltappora pas! » Voyons ça... (n jette sa ligne.) Il faut avouer, Charles, qu’il y a de bons moments dan&la vio... ainsi le moment où l’on se met en pèche... il y a là un mélange d’espérance, de crainte, qui fait doucement battre le cœur.
LE VICOMTE, jetant sa ligne.
Je ne vous gênerai pas ici , mon père?
l’as le moins du monde, mon ami... (.vin-ôs un sUcncc.) Avez-vous vu .Madeleine, la jeune mariée, dans sa toilette de cérémonie, mon fils?
LE VICOMTE
l’as encore, mon père.
LE COMTE
Elle est vraiment fort bien... elle m’a rappelé sa tante Catherine qui était dans sa jeunesse une personne certainement remarquable...
LE VICOMTE
Ça vous mord , mon père.
LE COMTE, très-agité.
Vous avez raison. Chut! attendez! j’ai peur que ce ne soit une anguille... je n’aime pas les anguilles... c’est le diable à défaire... linlin!... non !... permettez... c’est une carpe... cela prend la tournure |d’une carpe, positivement... No bougez pas, mon fils! (n tire
CO
brusquement sn ligne tie l’enn, avec éclot.j ManC|uéc !... j'ai tiré trop vite... mais c’était bien une carpe... vous l’a\cz vue, Charles?... elle était énorme... c’était un monstre, n’est-ce pas?
LE VICOMTE
Oui, mon père.
LE COMTE
J’ai tiré trop vite... voilà mon défaut... je suis trop vif... trop bouillant... c’cet un malheur!... Enfin... elle va peut-être y revenir! (Il jette sa ligne.)
LE VICOMTE
Espérons-le, mon père. (Après une pause.) Mon père, vous savez que je suis conscrit l’année prochaine?
LE COMTE
Oui, mon ami.
LE VICOMTE
Si je tombe sur un mauvais numéro, est-ce que je partirai?
LE COMTE
Non, certainement. Les principes de notre famille nous défendent, vous le savez, de tremper en rien dans les œuvres de ce siècle... de brûler, comme le dit votre grand’mèro, le moindre grain d’encens sur les autels de Mammon... aussi, quoi qu’il nous en puisse coûter, nous vous achèterons un remplaçant.
LE VICOMTE
Mon père, j’ai peur que dans l’état de votre fortune, ce ne soit un sacrifice trop lourd pour vous.
LE COMTE
Sans doute, mais je me suis assuré qu’en pareil cas nos cousins de Guy-Chàtel nous viendraient en aide.
LK VICOMTE, arec une violence soudaine, abandonnant sa ligne et passant & gaucljc.
Ah! mon père, tenez, je vous en supplie... laissez-moi partir!... ou je ne réponds plus de moi... Que vous le vouliez ou non, je me ferai soldat!