ACTE DEÜXlt.ME, (il
LE COMTE, d’obord consterné, se remet, et s’approchant do son fils, il lui dit d’un ton de reproche et de dignité :
Que venez-vous de dire, mon fds?
LE VICOMTE, tn's-nffité et trfcs-ôm I.
Pardonnez-moi, mon père... je vous aime, ja vous vénère... mais quand je pense... et j’y pense toujours... à l’existence qui m’attend, à cette lonifue vieque je passerai là oisif, inutile, inerte... sans avenir, sans honneur, sans patrie... ah! ma tète s’égare; je voudrais être le fds du dernier des pays;ins et être un homme ! Ayez pitié de moi, mon père, je vous en pricl je connais vos principes... je les respecte, mais enfin, être soldat, cela ne déshonore personnel... j’ai du sang de soldat dans les veines!... eh bien! iaissez-moi être soldat.
LE COMTE
Mon fils, je n’entrerai pas avec vous dans la discussion do nos principes, je ne ferai appel qu’à votre cœur... (Trf's-ému.) Mon enfant, je suis vieux, je suis pauvre... je suis seul... il n’y a dans ma vie qu’une douceur... c’est vous... no me quittez pas!
LE VICOMTE, nttendri.
Jdniclis, mOll porc* (n baise ta mnin que lut donne son pérc.)
LE COMTE
Je vous remercie.
LE VICOMTE
Seulement, mon père, souffrez que je prenne, au moins de loin, quelque [vart à ce qui se passe dans le monde dos vivants. Tenez, si vous me permettiez de parler avec vous des choses de mon temps, de mon pays, cela me soutiendrait le cœur.
LE COMTE
Mais je vous le permets, mon enfant, et môme vous me ferez plaisir, car moi-mème, je vous l’avoue, j’ai quelquefois trouvé bien rigoureuses les idées de votre grand’mère sur les devoirs de la noblesse en ce temps-ci. En juillet 18,30, quand elle m’ordonna de quitter l’épée, que je venais de prendre à peine, j’essayai do la fléchir en vain. Vous connaissez ma mère... elle est absolue, un peu altière... et elle en a le droit... c’est une Lorraine!... car par elle nous sommes Lorraine, vous le savez !
LA BKLLL AU BOIS DORMANT
LE VICOMTE
Oui, oui, mon père, je sais que nous sommes Lorraine, (a part.) .MalheureuseiHcnl!
LE COMTE
Je lui obéis, mais non sans amertume... et puisque nous en sommes aux confidences, mon fils, vous allez voir que votre père a eu aussi ses tentations et .ses faiblesses. Alors, comme aujourd'hui, ma mère prétendait qu’aucun bruit du dehors, qu’aucun saufile du siècle ne p<''nélrâl dans sa maison... Moi... j’étais né militaire... puis j’avais des camarades à l'armée d’.\frique... Ne' pouvant les y suivre, je voulus du moins savoir ce qu’ils y faisaient... bref, je commis une étrange folie... je m’abonnai secrètement il un journal...
LE VICOMTE, ravi.
Vraimenll (n tire un joumni de sn pochis) Lli bien! tenez, mon lȏrc !...
Comment! vous aussi, malheureux enfant!...
LE VICOMTE, «rcc expansion.
Depuis trois ans. mon père! depuis qu’on se bal en Crimée, en Italie, en Chine, et un peu partout... Dame! j’aime la bataille comme vous, mon père... et si je ne peux pas y aller, je veux savoir au moins ce qui s’y passe 1
LE COMTE, s'animant*
Eh bien! lu me le diras, mon ami, veux-tu? Nous en causerons tous deux, n'est-ce pas?
LE VICOMTE
Oh! mon père, mais c’est mon rêve!
LE COMTE
Quand nous serons seuls!
LE VICOMTE, sV'Xnltnnt.
Oui, mon père. Car enfin v oyons, mon père... avant tout, nous sommes Eranijais, n’est-ce pas?
LE COUTE, entraliir.
Mais certainement, mon ami, nous sommes Français... (n lui