ACTE TROISIÈME
'llOÈL.
Je VOUS demande... non! je vous supplie, monsieur Morel, je vous supplie de rendre l’Iiéritage à ceux que wus en avez dépouillés... jejious supplie de me laisser descendre dans ma tombe innocent et les mains pures, comme j’ai vécu... Vous le savez, monsieur Morel, jamais je n’ai fait le mal... jamais je n’y ai songé, même quand vous et les vôtres vous détruisiez autour de moi tout ce que j’aimais, tous les souvenirs de mon enfance... toutes les consolations de ma vieillesse... (se rcdrcssnnt.I Mais quand vous chassez de leur dernier héritage le fils et la fille de nos plus anciens seigneurs, de ceux qui ont été nos maîtres et nos amis, notre exemple et notre honneur... dans la paix et dans la guerre... depuis qu’il y a une terre de Bretagne sous le ciel... .\h! c’est là une action, voyez-vous, qui ferait pleurer les anges... et qui fait monter des pensées de sang sous les cheveux blancs d’un vieillard !
GEORGES
Mais enfin... tu me menaces donc, misérable! (n fuit un pns ver*
lui.)
TIOEL^ avec une fcnncié brt>ve.
Pas un pas de trop, monsieur Morel ! Je suis un vieux chasseur, vous savez... je ne me laisse pas désarmer!... Je vous supplie, encore une fois, monsieur Morel, de faire justice I... Je ne connais pas la loi... mais ce qui est juste est juste... et vous devez le pouvoir, si vous le voulez!
GEORGES^ d’une voix sombre, part.
Autant parler' à une hôte fauve qu’à ce fanatique. Allons! je
suis un homme perdu! fu prtUe soudnîn roreUle, dons Ia direction du sentier ft gAQche.)
HOEL) écoutnnt aussi, mais sans quitter Georges de VaeÜ.
Je connais mieux que vous les bruits de la lande, monsieur Morel... on monte le sentier... j’entends les pas comme vous... mais ce n’est pas un secours qui vous arrive... n’y comptez pas! C’est l’enfant... c’est Jeannick !... Monsieur Morel, no me désespérez pas... accordez-moi ce que je vous demande. (r.e chmur fna en-
tendre au loin Tnir de la ronde.)
LA BELLI- AU BOIS DORMANT
GEORGES
Jo ne le puis, ni le veux, tu entend.s.
HOËL
C’est dit?
GEORGES
C’est dit!
HOË L.
Eh bien ! s’il vous reste une goutte de sang chrétien dans le cœur, fiûtes votre prière, monsieur, car, aussi vrai (|u’il y a un Dieu dans le ciel, vous allez mourir!...
GEORGES.'
Misérable vieillard! oses-lu bien invoquer, en ce moment, le nom de ton Dieu que tu déshonores I...
HOËL
Il nous jugera tous deux, et avant peu... A genoux!...
GEORGES
A genoux toi-même, bandit! les hommes comme moi meurent debout.
IIOËI. , avec un geste rarniiche, apprêtant son arme.
Eh bien !... (Rlnnrlie parait à gauche et pousse un cri.)
BLANCHE
Hoël ! (La jeune llUc se précipite, et se pince devant Georges. J