‹ La belle au bois dormant drame en cinq actes et huit tableauxChapitre 91 sur 146 · Blanche, Georges · texte numérisé non relu

Blanche, Georges

LA BELLE AU BOIS DOBMANT

GKORGES.

Mademoiselle!... puis-je vous demander, s’il est vrai, comme on me l’a dit, que vous allez renoncer au monde... vous retirer dans un couvent ?

D LANGUE, d'un accent plus ferme.

C’est vrai, monsieur!

GEORGES, arec tristesse.

Ah! rappelez donc ce vieillard, et qu’il prenne ma vie si vous n’en voulez pas!...

DLANCH E.

Monsieur I

GEORGES

Ah! je le sais! mademoiselle! depuis que vous vivez, vous n’avez pensé à moi que comme à un ennemi. Un ennemi, grand Dieu! mais vous n’étiez encore qu'un enfant, quand je vous voyais passer de loin avec votre mère sur le chemin de J’église, déjà grave et charmante comme vous êtes, déjà je vous aimais, et dans le secret de mon cœur, je vous dévouais ma vie! je pouvais comprendre dès ce lemps-là les abîmes qui nous séparaient, mais à ^ force de travail, de volonté, de passion, j’espérais les combler un jour. Je puis dire que je n’ai pas fait un seul pas dans ma rude carrière dont vous ne fussiez le but unique, la seule espérance !... Tout ce que j’ai pu avoir de courage, d’ardeur, de vertu, c’était vous qui me l’inspiriez! si j’ai honoré mon nom, c’était pour vous plaire; si j’ai fait le bien, c’était pour vous toucher; si j’ai voulu la richesse... c’était pour racheter un jour votre héritage et le mettre à vos pieds... Voilà la vérité !...

BLANCHE

Monsieur I

GEORGES

Et VOUS, vous me haïssez, n’est-ce pas?

BLANCHE

Je ne hais personne. Mais... que pouvez-vous espérer de cet entretien, monsieur... y avez-vous songé?... Qu’y a-t-il de commun entre nous?... Tout ce que j’ai appris à aimer, vous le mé-

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