Scène IV
LA COMTESSE D'EGUZON, M"' DE VERCEH.,
puis FOUQUES
Madame, c'est M. Fouciues.
Ah! faites entrer.
Didier, entrant. -
M™* d'Eguzon. -
M"' DE Verceil. — Qui est-ce?
M™* d'Eguzon. — Tu vas voir.
FouQUEs, s'inciinant. — Madame la comtesse...
M*"*" d'Eguzon. — Bonjour, mon ami... Mais il me seml)Ie que je vous connais.
FouQUES. — J'ai eu l'avantagre de rencontrer madame la comtesse dans bien des salons.
M"" d'Eguzon. — Ah !
M'"* de Verceil, bas. — Qui est-ce?
M"* d'Eguzon. — Monsieur est l'agent que j'ai demandé à la Siireté pour garder les cadeaux.
FouQUES. — On me charge volontiers de ces sortes de missions à cause de ma discrétion. C'est moi qui ai eu l'honneur, chez M"* la duchesse de Granville, de faire remarquer à Son Excellence le comte Bracciolo qu'il allait, parinadvertaûCfi* mettre dans sa poche, une petite vierge en ivoire du quinzième... d'ailleurs fausse...
M'"" d'Eguzon. — Ahl c'est vous... très bien... Les objets sont exposés dans la galerie.
FouQUES. — Madame la comtesse n'a pas d'instructions spéciales ?
M'"^ d'Eguzon. — Mon Dieu, non.
FouQUEs. — Personne à me signaler d'une façon particulière dans vos relations ou votre famille?
M"* d'Eguzon. — Mais non, je ne vois pas...
FouQUES. — Alors, un peu tout le monde, comme I)artout. Quoi jues détails me seraient utiles. Quel genre d'invités ?...
M™" d'Eguzon. — Des diplomates... des hauts fonctionnaires des finances. Mon futur neveu, M. Valentin Le Barroyer, est auditeur à la Cour des Comptes. '
FouQUES. — ][>arfai t... Et ai)rès?
M"*' d'Eguzon. — Des artistes, des académiciens.
FouQUES. — Très bien. '
M'"" d'Eguzon. — Des gens du monde.
FouQUEs. — Pas mal... Je vois dans quel milieu j'ai l'honneur de me trouver... ma présence était })resque inutile et, s'il disparaissait quelque chose, ce serait sûrement des objets de valeur minime. D'ailleurs, je suis responsable de tout. Un dernier renseignement, madame la comtesse... Faudra-t-il tolérex. les changements de cartes 1
M"" d'Eguzon. — Qu'est-ce que vous voulez dire?
FouQUES. — Comment, madame la comtesse ne sait pas !... Eh bien, lors(|ue le donateur d'un modeste souvenir fera, par une suit« de mouvements insensibles, glissçr sa carte de visite de manière à la placer sous un cadeau de grand prix, devrai-je fermer les yeux ?
'M™* d'Eguzon. — Comment, on fait ça?
FoUQUES. — Madame la comtesse, on ne fait que ça...
M"" d'Eguzon. — C'est abominable... mais c'est une assez bonne idée. Enfin, je m'en remets à v ous...
FouQUES. — Je vais prendre" mon poste.
M™* DE Verceil. — Tout de même, je trouve ça inciuv cette habitude de faire surveiller les cadeaux.
FouQUES, qui a entendu. — Vous avez raisou, madame. Aussi nous ne surveillons pas les cadeaux, nous surveillons les invités... Madame la comtesse...
Il sort.