M"* DE VERCEIL, LA COMTESSE D'EGUZON, VALENTIN, D'EGUZON
D'Eguzon. — Bonjour, chère amie.
M"'* DE Verceil. — Bonjour, mon cher Michel.
D'Eguzon. — Bonjour, mon quasi-neve u... Et Hélène?
Valentin. — Elle est aux mains des couturières.
M"* de Verceil. — On est tout de même content de vous revoir... vous. Vous étiez parti pour six semaines...
M"' d'Eguzon. — Et il est resté trois mois... Enfin, je l'aime tant!
Valentin. — Ce sont J[es£ûuillfis de Louqsor qui ont dû retenir monsieur d'Eguzon?
D'Eguzon. — Ah! j'ai passé là des heures charmantes. Qu'est-ce que vous voulez, quand on est avec une petite danseuse...
Valentin. — Hein !
D'Eguzon. — Oh! rassurez-vous. Elle vivait il y a trois mille ans. Elle s'appelait Taïa.f'Èlle était la maîtresse de son père et de son singe, qui d'ailleurs se ressemblaient. /J'ai, d'elle, un portrait peint à la
dr^ Les traits sont effacés, mais les yeux sourient encore...
M"'* DE Verceil. — Vous nous la présenterez.
D'Eguzon. — Certes. Elle le mérite. Et je dois dire que, pendant tout le temps que je l'ai gardée sous ma tente, elle ne m'a pas fait une querelle, pas posé une question, pas demandé d'argent, et qu'elle m'a été fidèle, ma chère amie, à vous rendre jalouse...
Il baise la main de Gisèle avec un sourire respectueux.
M"* d'Eguzon. — Le voilà, ma chère, c'est lui, tout entier. Il arrive un instant avant le mariage de sa nièce, au moment où je suis affolée, car je suis affolée. .. qu'est-ce qu'il trouve pour se rendre utile? Il nous parle, les larmes aux yeux, d'une petit e gg^ e qu'il a trouvée dans un obélisque... Mon cher Valentin, voilà votre oncle, le voilà.
D'Eguzon sourit.
Didier, entrant. — Madame la comtesse, le buffet est prêt, il ne reste que les fleurs à mettre.
M"' d'Eguzon. — Oh! ça, j'y vais... viens m'aider, ma bonne Lucy. Les extras sont là? La tente est mise?... A-t-on dit au coiffeur d'aller raser le curé? S'est-on occupé de faire manger les chauffeurs? A-t-on...
Elle sort en continuant ses questions. M de V^erceil la suit.
D'Eguzon. — Voilà votre tante, mon cher Valentin... la voilà...