‹ La belle aventure: comédie en trois actesChapitre 32 sur 55 · Scène IV · texte numérisé non relu

Scène IV

Les mêmes, JEANTINE, puis M"* DE TREVILLAC

Jeantine. — Mademoiselle!

HÉLÈNE. — Ma bonne Jeantine ! (Elle rembrasse.) Comme ça me fait plaisir de te revoir.

Jeantine. — Ah! oui!... et qu'elle a bonne mine! Et puis, il y a là une visite.

HÉLÈNE. — Une visite î

Jeantine. — Vue dame qui vient pour vous voir.

HÉLÈNE. — Quoi?

André. — Une dameî

Jeantine. — Oui, une dame... (Se tournant vers la chambre.) Venez, madame, venez, ma bonne dame.

M de Trévillac parait.

HÉLÈNE. — Grand'mère... toi... ici !...

Elle a un mouvement de recul, puis se précipite dans ses bras. Toutes les deux s'embrassent longuement pendant qu*Andrc a un air extrêmement gêné et essaie de sortir sans être vu.

M"' DE Trévillac. — Ah ! ma petite Hélène, ma

petite !... (TCllc la prend dans ses bras comme une petite fille.) C'est toi... C'est toi ! (Relevant la tête et apercevant André.)

Alors, celui-là, c'est ton mari?... C'est mon petitfils?

HÉLÈNE, balbutiant — Grand'mèPB...

M"' DE Trévillac. — Je suis bien contente... bien contente... je veux Tembrasser tout dé suite...

Elle va se jeter dans les bras d'André et Tembrasse e& versant des larmes d'attendrissement.

HÉLÈNE, très gênée. — Grand'mère, écoute-moL.. M"* DE Trévillac. — Quoi?

Hélène va avouer la vérité, mais elle aperçoit les tarmes de sa grand'mère.

HÉLÈNE. — Tu pleures?

M"' DE Trévillac. — Oui ! oui I Qu'est-ce que tu veux? Vous voir là, tous les deux, c'est un si grand moment pour moi. Je l'ai attendu si longtemps. Alors... oui... je pleure.

HÉLÈNE^ — Mais, c'est que...

André, bas. — Hélène!

M"* DE Trévillac. — Quoi? Qu'est-ce que tu as?

HÉLÈNE. — Rien... Rien... Je voulais dire... Comment es-tu venue ici?

M"* DE Trévillac. — Pour vous faire une surpiise, une bonne surprise. Vous ne m'en voulez pasf Je n'ai pas pu y tenir.

André. — Ah! madame, comme vous êtes bonne!

M"* DE Trévillac. — Et vous, vous êtes très gentil... Seulement, il ne faut plus m'appeler madame... il faut m'appeler grand'mère.

André. — Mais...

M"* DE Trévillac. — Ah! ça, je le veux!

HÉLÈNE. — Depuis quand es-tu làî

M"* DE Trévillac. — Depuis une heure.

HÉLÈNE. — Oh! si je m'étais attendue...

M"* DE Trévillac, la fixant. — Mais, qu'est-ee que tu asf

HÉLÈNE. — Moi?

M"* DE Trévillac. — Tu as un air tout drôle!

HÉLÈNE, vivement. — Non, non, non...

André. — C'est le voyage, la fatigue...

M"* DE Trévillac. — Vos malles sont en bast

André. — Nous n'en avons pas...

M"* DE Trévillac. — Comment, vous n'avez pas de malles?...

HÉLÈNE, vivement — Ah! si! si! Seulement... seulement elles sont restées à la gare.

André. — Oui, oui.

M"* DE Trévillac. — Eh bien, donnez-moi le bulletin.

André. — Nous n'en avons pas.

M"* DE Trévillac. — Comment? Vous n'en avez pas? Vous n'avez donc rien!

HÉLÈNE. — C'est que... voilà. Le bulletin est resté là-bas, à Louveciennes.

André. — Oui. Dans une poche.

M"* DE Trévillac. — Quels petits fousl Enfin, ne vous inquiétez pas... Je vais préparer tout de suite un mot qu'on enverra dès six heures à la gare. On vous apportera tout de suite les colis. Je reviens...

André. — Merci, madame! (Sur un Reste d'elle.) Ohl pardon... grand'mère!

M"* DE Trévillac, elle les regarde tendrement. —

Ils sont très gentils. ( Elle sort. )

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