Scène XII
D'EGUZON et M"' D'EGUZON
M"* d'Eguzon. — Qu'est-ce que vous avez à me dire?
D'Eguzon, doucement. — Oh! presque rien: je veux qu'Hélène et André se marient.
M"* d'Eguzon. — Vous voulez !... Vous êtes fou !...
D'Eguzon. — Je ne crois pas.
M"* d'Eguzon.' — Jamais je ne consentirai à ce mariage !
D'Eguzon, très doucement. — Si!
M""* d'Eguzon. — Vous croyez?
D'Eguzon. — Je le crois.
M"* d'Eguzon. — Jamais!
D'Eguzon. — Alors, je le regrette pour vous, mais, dans ce cas, je n'irai pas en Egypte cet hiver.
M"* d'Eguzon. — - Quoi?
D'Eguzon. — Vous voyez, vous êtes déjà effrayée. Chère amie, vous avez toujours été pour moi la plus délicieuse et la plus flatteuse des femmes... Mais je n'ignore pas que, depuis longtemps déjà, mes longs voyages en Orient sont devenus indispensables à votre agrément, à votre belle humeur et à cette vie brillante que vous avez toujours menée en compagnie de quelques amis distingués et successifs qui surent partager vos états d'âme...
M"* d'Eguzon. — Quels amis?
LA PETITE ILLUSTRATION
D'Eguzoh. — Vous les avez oublifeT Moi, je les aime encore.
M"" D'EonzoN. — Vous ditest
D'Eguzok. — Je dis eeci : ou bien voue allez approuver ce mariage, et je m'engage à retoarner i Louqsor tous tes ans, ou bien vous vous obstinez dans votre refus, et, alors, j'aurai le plaisir de ne plus me séparer de vous et de vous consacrer lous mes instants.
M°" d'Eguzon. — C'est indigne!
D'EauzON. — Choisissez.
M" d'Euuzok. ~ Ohl
D'Eguzon. — Choisistie!;, chère amie, choisissez.
M°" d'Eguzon. — Eh bien... eh bien... j'aime encore mieux que vous retourniez en Egypte.
D'Eguzon. — Moi aussi!
M°" d'Eguzon. — C'est bien. Puisque vous avez recours à la violence, je m'en vais. Vous voulez l'autorité, gardez-la. Tant pis pour mon fils s'il s'est laissé berner par une intrigante.
M"" de Trévillic entre « «itond les derniers mots.