Scène prepiière
LA COMTESSE D'EGUZON, JACQUES SERI- GNAN, M"" DE VEltCKlL, JEANNE DE VEK- CEIL, UlDIElt, n.ait.c d-hotci.
Au Irvc
fi «tirs qu'ils déi^hircn M"' d'EGUZON, à Didi
je n'oublie rien... Oh!...
à la campagne, ça vaut est-il î
Didier. — Neuf heiin tesse.
M"" n'EouzoM. — No:
lie dix heures el: quart, à oe que toutes les à la pare île Louvccii'iinea.
(I onze heiires vinjît,
Sebignan. — Ma ehJre
— Didier... Voyons, que >ir un mariage chez soi, incendie... Quelle heure
etdeE
', madame la com-
aurons du monde à partir
ans doute. Vous veillerez
tui-BK soient bien e.iaetement
nea. Le train spécial arrivera
, ma femme vient
M"" d'Eguzon, — Merci. Voik êtes nn amour, mon petit Serignan.
M"" DE Vercbil. — Et tu ne nous remercies pas, ma tille et moi qui sommes depuis trois jours écra^ Bées eous un tas de besognes ns-sommantesf
M"" d'Eguzon, — Oh! ioi, tu es ma meilleure amie... Ah! Didier, vous avez un homme pour indiquer le garage ans voituresï
Didier. ^ Oui, madame la comtesse.
M°" d'Eguzon. — Je tiens, n'est-ce pas, à eti que la moindre chose soit prévue.
Didier. — Oh! ça, madame la comtesse a raison. Les invités c'est si liète !— .'^lais il suffit d'un peu ( de fermeté de la pui du personnel.
M"* d'Egukos. — (Oui... oui.i Qu'est-ce que dit le haromètreT
Didier. — 11 monte.
M'"° d'I^iown. ^ Et M. I comteT...
Didier. — Il travaille dans son bnrenn.
M"* d'Eguzon. — Il travaille! Ecoutez, mes amis, non, écout«K ça. V<iilJi un homme qui n prJs do
LA PETITE ILLUSTRATION
li. f
r. — Bien. m<
soixante ans, qui s'appelle le comte d'Egazon, qui est mon mari, qui est professeur d'égyptologie au Collège de France, qui est arrivé hier d'Egypte; il marie aujourd'hui notre nièce, qui est plutôt la sienne, puisque c'est la fille de sa sœur, et qu'est-ce qu'il fait pendant que je trime: rien du tout, il travaille dans son bureau... C]es^aflîilant ! Enfin, je l'aime tant...
Jeanne. — Et Hélène ne vous a pas un peu aidée?
M"* d'Eguzon. — Hélène, ma petite, elle est toute à son bonheur... Elle adore son fiancé...
M"* DE Vebceil. — Oh ! du reste, il est charmant, M. Le Barroyer.
M"* d'Eguzon. — Valentin, il est délicieux. Eh bien, ces listes du cortège, est-ce fini?
M"* DE Verceil. — Ça va être fait, ma petite Gisèle, mais l'absence de la générale Roussy bouleverse tout. C'est d'un compliqué! Il y a un homme dont nous ne savons pas quoi faire.
M°* d'Eguzon. — Débrouillez-vous. Un homme, ce n'est jamais bien gênant. Ahî Didier...
Pendant les derniers instants, Didier a placé sur des consoles des corbeilles de fleurs qui viennent d'arriver.
Didier. — Madame la comtesse?
M""' d'Eguzon. — Le buffet est prêt dans l'orangerie ?
Didier. — Oui.
M*"" d'Eguzon. — Bien. Bebattet est arrivé?
Didier. — Depuis une heure. Tout est excellente
M"* d'Eguzon. — Bien. A-t-on fait porter les fauteuils à l'église?
Didier. — Je vais m'en assurer, madame la comtesse.
M'"* d'Eguzon. — Allez, vite... vite, (il sort.) J'y ai été ce matin...
M'"" DE Verceil. — A l'église?
M"* d'Eguzon. — Oui. Après avoir téléphoné à quinze fournisseurs, je tenais à faire une petite prière. Je n'ai pas voulu oublier Dieu. 11 faut penser aux plus petits détails. C'est affolant ! Enfin, je l'aime tant!
Serignan. — Qui ça? Dieu?
M"* d'Eguzon. — Mais non, ma nièce. Je vous assure, mon petit Serignan, que je ne suis pas d'humeur à plaisanter dans un moment aussi grave... Je suis assez émue... Dis donc, Lucy, est-ce que tu ne trouves pas que ma robe pince un peu sur les hanches?
M*"' de Verceil. — Pas du tout.
Jeanne. — Elle vous va délicieusement, madame.
M"* d'Eguzon. — Ah ! tout de même, il me semble... parce que, avez-vous remarqué quand on se prosterne devant l'autel, enfin, dans les mouvements de ferveur, les hanches... c'est très important.
Serignan. — Oui, c'est ce qu'on regarde...
M""' d'Eguzon. — Oui, oui... Oh ! C'est affolant...
La Femme de chambre. — La couturière est auprès de M"' Hélène, madame la comtesse.
M"* d'Eguzon. — Bien, j'y vais. (A Jeanne.) Venez avec moi, ma petite. Oh ! ce mariage, ça va être une bousculade... une cohue sans nom... Ah! je suis préoccupée.
Serignan. — De quoi?
M"'* d'Eguzon. — Tout à coup, j'ai peur qu'il ne vienne personne... Oh I les bouquets de fleurs d'ora.îger pour les cochera... Louise... Louise...
Elle sort, suivie de Jeanne.