RUE BEAUDRY
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LA VIE CANADIENNE
M. Arthur St-Pierre
(Photo Albert Dumas)
le Secrétaire de la Fédération Régionale et de la Fédération Générale des Ligues du Sacré-Coeur et de l'Ecole Sociale Populaire, Vice-président Général de l'A.C.J.C, promoteur des Caisses Populaires DES- JARDINS et du mouvement d'organisation professionnelle catholique dans la région de Montréal, chef du Secrétariat de la Société St-Jean Baptiste, puis Directeur de ses revues, dont il a fondé l'une "L'OI- SEAU BLEU". Il est membre de la Commission Générale des Semaines Sociales Canadiennes, et de la Société Historique de Montréal.
Il est l'auteur des ouvrages suivants:
"L'Avenir du Canada Français." — "Vers l'action". — "L'instruction obligatoire". — "L'organisation ouvrière dans la province de Québec". — Pour le comptoir coopératif de Montréal". — "L'organisation professionnelle". — "L'utopie socialiste", une expérience de colonisation socialiste au Paraguay. — "Le devoir social". — "La Fédération américaine du travail". — "Questions et oeuvres sociales de chez-nous", préface de S. G. Mgr.
Georges GAUTHIER. — "L'utopie socialiste", réponse à Jean VAL JE AN II. — "Le Comte Albert de MUN". — "La ques-
tion ouvrière au Canada", préface de Monsieur Edouard MONTPETIT. — "L'oratoire Saint- Joseph du Mont-Royal", préface de Mgr Georges GAUTHIER, ouvrage honoré d'une lettre de Sa Sainteté BE- NOIT XV et couronné par l'Académie Française. — "Le problème social", préface de Monsieur Edouard MONTPETIT, ouvrage couronné par le jury du Prix DA- VID et par l'Académie des Sciences Morales et Politiques. — "Ce que je pense sur. . . ". — Et enfin "Des nouvelles" son dernier ouvrage.
De plus, il a fait deux conférences anglaises qui ont été publiées, mais qui ne sont pas actuellement dans le commerce:
"What are ail those nuns good for?" — une étude des services que nous rendent nos communautés religieuses charitables et "A study in différences" explication, au bénéfice d'un auditoire universitaire anglais, de quelques-unes de nos particularités nationales.
Grand-Pré (0
C 'est à Grand-Pré que le long martyre de la race acadienne a commencé! C'est dans sa petite église où ils avaient été attirés comme dans un piège, que furent entassées les premières victimes pour la déportation. A l'intérieur et autour de ce modeste temple se déroulèrent durant plus d'un mois — du 5 septembre au 8 octobre 1755 — des scènes odieuses et des scènes déchirantes dont la seule évocation fait monter les larmes aux yeux et bouillir le sang dans les veines.
Oui, il faut que ce coin de terre redevienne acadien car ceux dont il a vu les larmes, dont ses échos ont répété les lamentations parlaient français, étaient de même sang que nous et nous leur devons, nous nous devons à nous-même de matérialiser si nous pouvons dire, d'exprimer en une oeuvre visible et durable l'immense pitié que le souvenir de leurs malheurs éveille en nos âmes.
Oui, il faut que ce coin de terre redevienne acadien, pour qu'on puisse y venir comme en pèlerinage car ceux qui ont souffert ici étaient des âmes droites, des coeurs
LA VIE CANADIENNE
simples, et des croyants ; de ces croyants dont la souffrance fait des saints. Sur le théâtre de leur indicible infortune les foules pourront avec profit méditer et prier. Oui enfin, il faut que ce coin de terre redevienne acadien car de l'atroce agonie qu'y ont subie des centaines de malheureux, leurs bourreaux voulaient faire l'agonie d'une race. Or la race a survécu quand même, elle s'est développée, elle s'est fortifiée et toutes les espérances lui sont aujourd'hui permises. De cette survivance se dégage une leçon qu'il importe de présenter dans toute sa force aux persécuteurs et aux persécutés de notre époque. Aux premiers elle dira, sans pouvoir se faire entendre peut-être, qu'on ne détruit pas ce qui est indestructible et que ce qui est immortel ne saurait être renfermé dans un tombeau. Aux seconds elle dira, et pour ceux-ci elle ne parlera pas en vain, que les persécuteurs passent ne laissant que leurs noms auxquels s'attache le mépris de l'histoire: tandis que le droit et la justice demeurent, prêtant un peu de leur majesté et de leur éternité aux races et aux hommes en qui on les persécute et qui souffrent à leur service.
Extrait de ce que je pense sur
Comment cela s'était-il produit! Par quel concours de circonstances l'instrument forgé pour nous annihiler, (1) s'était-il transformé en un instrument de libération?
' 'Par un contre-coup étrange", croit monsieur Chapais; (2) logique au contraire, croyons-nous, inévitable même, prédit presque en toutes lettres vingt ans plus tôt par M. Robinson, procureur général du Haut-Canada, alors que se discutait déjà à Londres la fusion des deux provinces; (3) prévu et voulu pas notre grand La fontaine au lendemain de la naissance du Canada Uni.
Pour apprécier à sa juste valeur la part contributive de la révolte dans notre émancipation politique, il suffit de garder en mémoire deux ou trois faits d'importance capitale, en ayant soin de ne pas les laisser brouiller dans notre esprit par d'autres faits secondaires, si pénibles, si humiliants même qu'ils aient été pour nous.
1 L'Acte d'Union des deux Canadas.
2 Cours d'histoire du Canada, tome III. p. 54.
Gin Canadien
Melchers
Croix d'or
(( Fabriqué à Berthîerville, Que., sous la surveillance du Gouvernement Fédéral, rectifié quatre fois et vieilli en entrepôt pendant des années.