ET SURTOUT INTERESSANT
LA vie canadienne
D'autant plus animée à le retrouver qu'il paraissait se cacher, elle se dirigea lentement vers l'ouest dans le vague espoir de le rencontrer en un autre endroit, plus fructueux peut-être que celui qu'il paraissait avoir déserté. Son espérance ne devait pas se réaliser, et après une heure de va-et-vient sur la rue Ste-Catherine et de fausses entrées dans de nombreux magasins, il lui fallut bien se rendre à l'évidence ; elle ne reverrait pas ce jour-là du moins l'énigmatique personnage. Profondément désappointée, le coeur lourd, elle fit avancer sa limousine et retourna à Outremont.
Extrait de l'Esprit est prompt . . .
L'oncle de Georges avait rejoint Pierre dans sa cachette improvisée.
— C'est la femme du patron, lui dit-il à mi-voix. Au magasin, il appelait toujours son neveu le patron . . .
— Vous la connaissez? Ah! oui, je me rappelle, vous l'avez trouvée de votre goût pendant quelque temps, continua l'excellent homme, inconsciemment cruel.
Eh bien, vous avez eu de la chance de lui échapper !
— Et comme Pierre faisait un geste de protestation, apparemment pour lui imposer silence.
— Je la connais, allez, c'est une pas grand 'chose! L'entendez- vous, là? Elle commence sa scène. Toutes les semaines, parfois plusieurs fois par semaine, elle vient comme ça dans le bureau du patron faire une colère épouvantable. Elle crie, elle se démène, elle jette tout par terre. Un sabbat à épouvanter le quartier et à chasser les clients.
— Mais pourquoi? interrogea Pierre, malgré lui, tandis que lui arrivaient à travers le mince cloisonnement du bureau les éclats de voix de sa " douce" Rose.
— Pourquoi? d'abord parce qu'elle est méchante ; pour le plaisir de se fâcher et de faire de la peine à ce pauvre Georges. Un si bon garçon !
"Des fois, elle fait semblant d'être jalouse. Elle l'a obligé à renvoyer toutes les jeunes filles présentables, que nous avions au comptoir !
"Puis, pour de l'argent. Ce que cette femme-là peut dépenser, mon pauvre monsieur Pierre, vous n'en avez pas la moindre idée.
"Eh bien! quand elle a quelque extravagance à faire, et qu'à la maison Georges lui refuse l'argent malgré sa colère, elle vient ici et tempête tant qu'il ne lui a pas donné, pour s 'en débarrasser, tout ce qu 'elle exige.
"La gueuse va tuer son commerce et le conduire à la ruine si on la laisse faire.
Et la voix du gérant tremblait d'indignation contenue à grande peine.
Il se rapprocha de Pierre, que la stupéfaction causée par les révélations du vieillard et la tempête déchaînée dans le bureau de Georges par Rose, laissaient bouche bée et sans souffle, et lui murmura à l'oreille:
— Mais, vous savez, on la laissera pas faire. Georges a trouvé un moyen qu'on va appliquer bientôt. Il est bien intelligent, le patron.
"Il va me vendre le magasin, vous comprenez, dit-il en clignant de l'oeil, et quand je serai le maître ici, je lui conseille de ne venir faire de tapage !
Pendant que l'oncle parlait, Pierre, sans perdre un mot de ses stupéfiantes révélations, revoyait en esprit, aussi clairement qu'au moment où il les avait écrites, les deux phrases soulignées de sa lettre à Georges :
"Rose est docile, malléable, remplie de bonne volonté . . . Son mari en fera ce qu 'il voudra".
Extrait de Vouloirs futiles
Au nord du boulevard Gouin, sur la route de Bordeaux, la rue Norwood trace sur une pointe de terre projetée dans la rivière des Prairies, un demi-cercle presque parfait. En bordure de cette courbe s'élèvent une dizaine de maisons presque toutes vieillies, fatiguées, usées par le temps et plus encore peut-être par le manque de soins, mais qui gardent encore, dans cette décrépitude prématurée, une certaine allure. Des parcs irréguliers les entourent, dont la partie entretenue se replie chaque année devant l'envahissement mal contenu d'une végétation folle. Quelques terrains vagues subsistent où se reconstitue lentement, à travers un fouillis de grandes herbes, de ronces et d'arbustes, la forêt primitive.
Ce petit coin d'une grande ville bouillonnante d'activité et grouillante de vie, est presque toujours silencieux et morne
LA vie canadienne
Quelques ouvrages nouveaux des Editions Edouard Garand
Trente ans, rue Saint-François Xavier ou ailleurs.
par:
Mme FRANCOEUR Prix: 75c 1 vol.
Voici un volume que l'on peut offrir au public en disant:
"Garanti vous intéresser ou argent remis".
"Etienne Parent, Wilfrid Laurier", Etc., etc., etc.
par:
BENJAMIN SULTE Prix: 75c 1 vol.
La Maison Garand en entreprenant la publication des Mélanges Historiques" continue une oeuvre patriotique
digne de son initiative.
"Ma cousine Mandine" Roman Canadien, par:
N. M. MATHE Prix: 75c 1 vol.
Après deux éditions dans "le Roman Canadien" voilà ce grand succès imprimé sous un format de luxe.
"Mélodies Poétiques" par:
WILFRID PROULX Prix: 1 vol. 50c
M. Wilfrid Proulx vient de gagner le grand prix de poésie des Chevaliers de Colomb.
"L'Homme à la Physionomie Macabre"" par:
MOISETTE OLIER Prix: 75c 1 vol.
Un volume qui vient de connaître la faveur du public. En effet il ne reste que quelques exemplaires à offrir & l'Elite.
"La Terre que l'on défend"
par:
HENRI LAPOINTE Prix: 75c 1 vol.
Pour les âmes bien nées la valeur n'entend pas le nombre des années, l'on peut dire la même chose de l'auteur de ce Roman à la fois patriotique et sentimental.
"A la Fleur de Peau" par: