‹ La Belle et la bête [microforme]Chapitre 2 sur 23 · PAYABLE D'AVANCE · texte numérisé non relu

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Le Lac Lomond, coupe de cristal où se mire le ciel, s’enferme dans une gaine de hauts escarpements. Sur sa surface, où le soleil fait traîner de longs fils d’or, sont semées des îles pareilles à des corbeilles fleuries, L'une des principales est l'île d’Inchlonay.

C'est là que se cachent, sous les ifs plantés par Robert Bruce, les tours terrifiantes et superbes de l’antique château-fort des Mac-Harty.

Robert Bruce, un soir, après une bataille au bord du lac, avait dit à ses compagnons :

‘* Cette belle terre d'Inchlonay qui est mienne, je la donne en fief à celui d’entre vous, mes fidèles, dont la chair et le sang toucheront d’abord le rivage. ’’

Les chevaliers se mirent à nager. Les deux Mac-Harty tenaient la tête. Soudain, l’aîné voit son cadet près d'aborder avant lui à la rive féconde. Il s’arrête et tire son épée. Sur la pointe saillante d’un roc tombé dans le lac, il tranche sa main gauche, la lance sur le gazon et clame : ‘* Dieu du ciel, je te prends à témoin que ma chair et mon sang, avant tous, touchent la terre d’Inchlonay ! ”’

Depuis ce jour, les Mac-Harty portèrent ‘main coupée sur champ de gueule. ”’

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Le soir descend sur le lac. Le soleil glisse rière jies monts, laissant au ciel des traînées soufre et de flamme ; les crêtes déchiquetée détachent avec vigueur sur ce fond d’incen les arbres accrochés à leurs flancs font des 1 ses d'ombre profonde que domine l’ombre en plus dense du vieux donjon.

D'une petite auberge située à la pointe du sort une femme en grand deuil. Le vent fra et elle serre contre elle les plis d’une loi mante dont le capuchon se rabat sur la tête femme est de taille haute et élégante, sa dér che d'une distinction rare. Elle vient jusq bord de l’eau et, avec une application inte elle contemple le fantastique château.

Les quatre tours inégales percées de meur res étroites, couronnées de machicou:s, re par de longs murs aveugles, évoquent l’idée « sépulcre colossal où s’entasserait la poussière siècles disparus. Une terreur plane sur les rouettes grinçantes. Il paraît que, dans nuits de tempête, la cloche suspendue dans le cette du guetteur s’ébranle toute seule et t un glas lugubre qui s'entend dans les vill.

alentour.

— Est-il possible, dit tout haut la femme noir, qu'un homme vive depuis plus de soixe ans dans cette funèbre prison ?

Le son de sa voix répercutée sur le lac que nuit changeait en un miroir d’acier a fait t saillir la promeneuse.

Elle se retourna. vers la maison qu’elle ve de quitter comme pour reprendre pied dan monde réel, et échapper à la fantasmagorie l'heure et du décor.

Elle aperçut alors, dans le cadre de la p violemment éclairé par le tronc de poirier

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