‹ La Belle et la bête [microforme]Chapitre 6 sur 23 · RER · texte numérisé non relu

RER

nulle part, je me demandais si vous n’étiez pas tombée dans quelque trappe. Ce vieux château est plein de mystère.

Elle ne répondit pas et se mit à marcher très lentement auprès de lui, un peu déconcertée, in quiétée presque par ce brusque revirement de ton et d'attitude. Qu’avait-il à lui dire ? Devait-ell espérer qu’il avait réfléchi et résolu quelque chose pour le bien des enfants ?

Lord O’Brian marchait avec tant de peine que la jeune fille fut un instant tentée de Hui offrir son bras ; mais elle craignait qu’il ne vit une avance, dans ce mouvement de compassion, et sa délicatesse en fut effarouchée. Ne croirait-il pas qu'elle s’efforçait de l’attendrir sur le sort précaire des orphelins ?

Elle se raïdit, au contraire, et détourna les veux pour ne plus voir le visage pâle et fatigué du châtelain.

Ils arrivèrent dans un petit salon cù ils s’assirent.

— Je vous écoute, Monsieur, dit Ghislaine.

— Mademoiselle, permettez-moi de revenir sur la question à laquelle vous n’avez pas répondu tout à l'heure. D’elle, peut dépendre tout ce que J'ai à vous dire.

Ghislaine eut un moment d’hésitation. Sa fierté, blessée par un soupçon odieux, lui commandait le silence ; l’intérêt des enfants lui conseillait d’expliquer franchement la situation. Si leur riche parent consentait à les aider, il accomplirait, somme toute, un acte de justice. Avaitelle le droit de suivre l'impulsion de son orgueil ? Pouvait-elle, sans devenir coupable, repousser le dernier moyen qui lui était offert de tenir son serment.

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