‹ La Belle et la bête [microforme]Chapitre 7 sur 23 · A TP · texte numérisé non relu

A TP

Sa réflexion eut la durée d’un éclair; e pliqua :

-— Vous désirez savoir ce que je venais d der à lord O’Prian. Voici. J'ai pensé, pot procurer les ressources nécessaires aux enfa créer un petit collège français aux enviro Londres. J'aurais prié lord O’Brian de m sentir un prêt modique dont j'aurais payé rêt annuel]...

Ilinterrompit pour dire :

— La souffrance avait desséché l'âme de oncle, Mademoiselle, il ignorait la génér D'ailleurs, ajouta-t-il âprement, cette ver m'est pas davantage familière, Je l'estime rie pour qui l’exerce.

Ghislaine se sentit devenir rouge puis pâl brutal aveu de dureté froissait en elle qu chose de très délicat, de très sensible.

La prenait-il done pour une mendiante défendait-il à l'avance contre une sollicit qu'elle ne songeait pas à formuler ?

Il reprit :

— Cette ressource vous faisant défaut, comptez-vous entreprendre ? Vous êtes un me, et le travail...

— Aucun travail honnête ne me rebutera, sieur.

Elle jetait ces mots d’un ton fier en se lex — Veuillez m’écouter encore, dit-il, je ne ai pas encore expliqué ma pensée. Faire le est évidemment une maxime très haute, me ne la pratique pas : mon esprit n’est pas taille de ce précepte. Faire le bien dans l’e d'en être plus tard payé au centuple est ui calcul. Je ne crois pas à crand’chose en ce : de et je n’attends rien de bon dans l’autre.

préfère escompter aès maintenant ce qu’un

ir ; elle ex-3

nais deman- , pour me x enfants, à nvirons de de me conpayé l’inté-

me de mon!

générosité.

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se levant: je ne vous

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pas à la

ns l'espoir

est un sot :

en ce monautre. Je u’un acte

soi-disant généreux peut me rapporter en utilité et en agrément.

‘* Cette profession de foi vous effraye, n'est-ce pas, Mademoiselle ? Je ne suis pas bon.

Il proféra cette dernière phrase d'un ton où se mélaient un méchant triomphe et un sourd reuret.

-- Je vous plains, répliqua Ghislaine prise d'apitoiement pour cette âme malade.

Il reprit brusquement :

- Je ne veux pas être plaint, par personne, entendez-vous... ( Après un moment il conti-

poua : )

J'ai une proposition à vous soumettre, un marché à conclure qui peut être avantageux pour vous et pour moi. Vous voyez que je suis en pitovable état et rivé pour le reste de ma vie qui sera courte, je l'espère, à une presque totale inertie physique. Je deviendrai fou si je ne trouve le moven de donner pâture à mon esprit par un travail intelligent. Pourtant je ne vivrai pas seul. Ma sœur, Mme Pawell, va me rejoindre à Inchlonav. Eile a vingt-cinq ans de plus que moi et m'a servi de mère : elle en a la tendresse. Mais ävée et souffrante, elle a besoin d’une compagnie aimable et active. Accepteriez-vous de me servir de secrétaire pendant deux ou trois heures tous les Jours, et de faire la lecture à Mme Pawell ? Vous recevrez par mois vingt l'7res. C’est peu, mais vous êtes fière et je n’ose payer votre tra-

ivail plus que celui d’un secrétaire quelconque.

LE

Je ne ferai rien maintenant pour ‘ vos enfants.”” J’ignore, je le répète, la sénérosité, et je

ne leur dois rien. La loi me donne la fortune de lord O’Brian ; je la garde. Mais donnant, donnat : si vous acceptez l’emploi que je vous offre, si vous vous engagez pour dix ans, à l’expira-

ou 2 D Ole)

DATE mt teen master,

tion de cette période, ou plus tôt si je dispara Vos sœurs et votre frère recevront chacun un Pital de quatre mille livres. Ne craignez pas

délivrera avant l’échéance.

Une telle oppression serrait le cœur de Ghi laine qu’elle l'avait laissé débiter cette longue t rade sans l'interrompre Par un mot ou un gest Elle se sentait cruellement ballottée entre le de sir d'assurer l'avenir des chers petits et l’appri hension du sombre avenir qui l’attendait.

Elle avait rêvé une autre vie, le travail libre e fier, la tâche ardue mais joyeuse, et voilà qu s'offrait, en termes décourageants, une pénibl, servitude,

Quelque chose cependant la sollicitait vers l’acceptation. L'espérance de gagner assez pour donéducation Parfaite et assurer la paix de la vieillesse de Corentine Quimper lui était douce et consolaotoe,

firme parlait avec une affection attendrie était elle saurait noblement employer les larges revenus des O’Brian ; rhislai s bonnes œuvres ; O’Brian serait béni, et qui sait si la divine rosée, tombant sur cette âme qui semblait morte, ne lui redonnerait Pas Une vie merveilleuse de grâce et de bonté ? Au début de leur entretien ne lui avait-il Pas parlé avec douceur ? ne s’était-il Point excusé ? I] n'était peut-être Pas tout à fait aussi dur, aussi égoïste qu’il se plaisait à le paraître : Mais si C'était sa vraie nature qu’il éta-

lait ainsi, l'existence auprès de lui serait très, très pénible.

e châtelain reprit :

Sparais, 1 UN Capas de rt vous

le Ghisigue ti- 1 geste.

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d’un y J’inétait oblelan ; œuivine orte, > de n ne it-1l fait

paétarès,

— Vous avez, mademoiselle de Kerhir, une physionomie terriblement Parlante, Je vous fais l'effet d’un monstre, et je crois bien que vous ne vous trompez guère. Vous avez peur d’être mangée, avouez-le,

Elle restait silencieuse, pesant son devoir et mesurant ses forces.

Puisqu’elle devait travailler, autant ce travail qu'un autre moins rémunérateur.

— Qu’attendez-vous pour répondre ? demandat-il. Quelles sont les pensées qui rident votre front et assombrissent vos yeux ?

‘* Je désire les connaître, si dures qu’elles soient pour mon chétif individu. Il vous en coûte beaucoup d’accepter ?

— Beaucoup. Je serai si loin des enfants.

Il y eut un silence que lord O’Brian rompit.

— Ecoutez. Je déteste les enfants et ne veux pas m’exposer à rencontrer de cette engeance sur

que je ne les voie ni ne les entende, un arrangement est possible. Avez-vous vu tout près du lac, au pied de la montagne, un cottage ? Non ? Eh bien, vous l’examinerez en sortant d'ici, S'il vous plaît, je vous le donne pour y loger votre tribu, Vous ne viendrez au château qu’aux heures déterminées à l’avance ; le reste du temps, “ous vous occuperez de votre famille.

‘* Réfléchissez jusqu’à demain, et faites-moi connaître votre décision afin que ma sœur, à votre défaut, se choisisse une dame de compagnie,

‘* Ah ! un mot encore, que vou: jugerez peutêtre le plus important. Il] y a à Inchlonay un prêtre catholique, je l'y garderai, car, si mécréant que je sois, je suis catholique, ce qui n’hono-

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