SCÈNE
espérance, pontis.
PONTIS, • pari.
On dirait qu'il boude !... (*ma.) Que me voux-tu?
ESPÉRANCE
Un seul mot... Tu m'as demandé ma maison de Paris...
Et tu aie l’as prêtée, merci... E»t-ce que cela te gène? UrÊRAHCB.
Pas du tout... C'était pour y recevoir une femme, nVrf-ce
pas?
Oui.
Quelle femme?
po.vns.
Charmante, je te conterai cela quelque jour, (fao*** »ortie.)
ESPÉRANCE, le rtitnai.
Nous n'aurons jamais uiie plus belle occasion, parle.
PUNTI».
Mon ami, c’est une indienne, une indienne qui s’est enfuie des bords du Gange.
ESPERANCE
Pourquoi faire?
PONTIS, «nyarrleuwneat.
Entre nous, je crois qu'on voulait la forcer à se brûler bur le tombeau de son mari.
ESPERANCE
Vraiment! Est-ce qu'elle parle français?
Pas un mot.
E9PÉRANC8.
Ah! tu parles indien, alors?
POSTIS.
Moi, par exemple!
ESPÉRANCE
Comment faites-vous pour vous comprendre?
PORTO
Oh! c’est très-facile. Pour dire : O bonheur! vous m’aimez,
>n fait... (U cipnac la pkrtM par an* peelocaliM boufuBiK.)
ESPERANCE, iWuat.
Oui, oui.
Tous les sentiments, mon cher, toutes les idées les plus compliquées se traduisent par la pantomime... Tiens, un exemple. Elle est jalouse. »
ESPÉRANCE
Ah!
Oui. Toutes le3 Indiennes sont un peu comme cela. Eh bien ! hier soir... j'avoue que je voulais l'embrasser...
ESPÉRANCE
Va, va.
Elle se défendait comme uu petit lion, et m'égratignait la
poitrine. Tout à coup, elle aperçoit là, sous mon jiourpoint, 1« boite d'or du reliquiiie... Tu sais?...
ESPÉRANCE
Je sais.
Qu'est-ce que cela? dit-elle, par gestes... Un portrait? un souvenir de femme? il me le faut!
ESPÉRANCE
Ah!
Et en disant cela, me! elle s’en empare...
ESPÉRANCE, *(jcn*Bl.
Elle s'en empare!
I ONTIS.
Oh! mais un moment. Bataille!... Je reprends l’objet... elle lutte... le sang coule de mes doigts.
ESPÉRANCE
Et à qui est restée la victoire ?
C'est sans doute pour plaisanter, hein? que tu me demandes cela?
ESPÉRANCE
Mais non, je ne plaisante pas!
Pontis.
Ma chcre Ayoubani, lui ai-je dit.... elle s'appelle Aymihini... si vous, toucher encore à ceci, moi in|k*r sur les petites grille* à vous... J'ai tapé, et le reliquaire est revenu làl
E5ȃRANi:E, froldrineet.
Pontis, rcnds-le moi.
Plait-il ?
ESPÉRANCE
Heiids-moi ce billet, te dis-je. Il n'cst plus en sûreté dans tes mains...
Tu te déûes de moi?
ESPÉRANCE
Parfaitement. L'hornme qui appartient tantôt à une femme, tantôt à une bouteille, ne s'appartient plus à lul-mêuie.
Tu m'offenses!
ESPÉRANCE
Je t'avertis. Tout à l'heure, ici, tu révélais, dans l'Ivresse, un serret -pii n’est pas le üeti. Tu dénonçais le passé de mademoiselle d’Entragucs à des gens qui se vanteront à elle de l’avoir détendue contre toi.
Espérance’
FSPÉRANCE.
Et hier, aux bras d’une feram ■ qui est indienne comme je suis indien, aux bras d'un espion envoyé par mes ennemis pour te reprendre celte lettre, ivre encore d amour ou du vin, tu as latili le la laisser prendre... Tu te la laisseras prendre demain. .. fi ends- la-moi !
Tu m’insultes tout à fait!
ESPÉRANCE
Je ne t’insulte pas! S'il ne s'agissait que de moi. je me sacrifierais plutôt que de t'affliger, mais je défends des intérêt» si chers, que toute faiblesse de ma part serait un crime. Voyons, Pontis, rends-moi ce reliquaire ! (ebu*
Vous le voulez?
ESPÉRANCE
Donne!
pontis.
Songez que s'il sort "une fois de mes mains, vous tn’aurez fait une telle injure qu'entre nous toute amitié sera impossible.
ESPÉRANCE
Tues fou!
Vous voulez dire que je suis ivre...
ESPÉRANCE
Trop de fois déjà je t’ai reproché de l'être.
PONTIS, fariMl.
El moi je vous repro lie d élie un orgueilleux et un ingrat-, yoiuTtii avez accusé do trahison tout à l’heure, je vous Somme de me faire raison ! ..u nr« «pet.)
ESPERANCE
11 ne vous manquait plus que de me provoquer comme uu pilier de coupe-gorge. Allons! frappez! étendez-moi sur la place pour me prouver que vous êtes uu tidèle ami.
PONTIS, degri^, honlcu», jcu« tou tpee, puU il fouille u poitrine ei« reg* «l y prend le reliquaire.
Monsieur, voici ce que vous me demandez. (U le domc.) C'est fiui entre nous. Adieu !
LA BELLE (1ABRIËLLE.
espérance.
Poülii!
PONTTS, tfenMant, ému.
Vous tous êtes délié de moi, de moi qui tous Rimais ! tous ne me reverrez plus... adieu! (n «Wwt far u j.«w a»