‹ La belle Gabrielle drame en cinq actes et dix tableauxChapitre 105 sur 126 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

espérance, pontis.

PONTIS, • pari.

On dirait qu'il boude !... (*ma.) Que me voux-tu?

ESPÉRANCE

Un seul mot... Tu m'as demandé ma maison de Paris...

Et tu aie l’as prêtée, merci... E»t-ce que cela te gène? UrÊRAHCB.

Pas du tout... C'était pour y recevoir une femme, nVrf-ce

pas?

Oui.

Quelle femme?

po.vns.

Charmante, je te conterai cela quelque jour, (fao*** »ortie.)

ESPÉRANCE, le rtitnai.

Nous n'aurons jamais uiie plus belle occasion, parle.

PUNTI».

Mon ami, c’est une indienne, une indienne qui s’est enfuie des bords du Gange.

ESPERANCE

Pourquoi faire?

PONTIS, «nyarrleuwneat.

Entre nous, je crois qu'on voulait la forcer à se brûler bur le tombeau de son mari.

ESPERANCE

Vraiment! Est-ce qu'elle parle français?

Pas un mot.

E9PÉRANC8.

Ah! tu parles indien, alors?

POSTIS.

Moi, par exemple!

ESPÉRANCE

Comment faites-vous pour vous comprendre?

PORTO

Oh! c’est très-facile. Pour dire : O bonheur! vous m’aimez,

>n fait... (U cipnac la pkrtM par an* peelocaliM boufuBiK.)

ESPERANCE, iWuat.

Oui, oui.

Tous les sentiments, mon cher, toutes les idées les plus compliquées se traduisent par la pantomime... Tiens, un exemple. Elle est jalouse. »

ESPÉRANCE

Ah!

Oui. Toutes le3 Indiennes sont un peu comme cela. Eh bien ! hier soir... j'avoue que je voulais l'embrasser...

ESPÉRANCE

Va, va.

Elle se défendait comme uu petit lion, et m'égratignait la

poitrine. Tout à coup, elle aperçoit là, sous mon jiourpoint, 1« boite d'or du reliquiiie... Tu sais?...

ESPÉRANCE

Je sais.

Qu'est-ce que cela? dit-elle, par gestes... Un portrait? un souvenir de femme? il me le faut!

ESPÉRANCE

Ah!

Et en disant cela, me! elle s’en empare...

ESPÉRANCE, *(jcn*Bl.

Elle s'en empare!

I ONTIS.

Oh! mais un moment. Bataille!... Je reprends l’objet... elle lutte... le sang coule de mes doigts.

ESPÉRANCE

Et à qui est restée la victoire ?

C'est sans doute pour plaisanter, hein? que tu me demandes cela?

ESPÉRANCE

Mais non, je ne plaisante pas!

Pontis.

Ma chcre Ayoubani, lui ai-je dit.... elle s'appelle Aymihini... si vous, toucher encore à ceci, moi in|k*r sur les petites grille* à vous... J'ai tapé, et le reliquaire est revenu làl

E5ȃRANi:E, froldrineet.

Pontis, rcnds-le moi.

Plait-il ?

ESPÉRANCE

Heiids-moi ce billet, te dis-je. Il n'cst plus en sûreté dans tes mains...

Tu te déûes de moi?

ESPÉRANCE

Parfaitement. L'hornme qui appartient tantôt à une femme, tantôt à une bouteille, ne s'appartient plus à lul-mêuie.

Tu m'offenses!

ESPÉRANCE

Je t'avertis. Tout à l'heure, ici, tu révélais, dans l'Ivresse, un serret -pii n’est pas le üeti. Tu dénonçais le passé de mademoiselle d’Entragucs à des gens qui se vanteront à elle de l’avoir détendue contre toi.

Espérance’

FSPÉRANCE.

Et hier, aux bras d’une feram ■ qui est indienne comme je suis indien, aux bras d'un espion envoyé par mes ennemis pour te reprendre celte lettre, ivre encore d amour ou du vin, tu as latili le la laisser prendre... Tu te la laisseras prendre demain. .. fi ends- la-moi !

Tu m’insultes tout à fait!

ESPÉRANCE

Je ne t’insulte pas! S'il ne s'agissait que de moi. je me sacrifierais plutôt que de t'affliger, mais je défends des intérêt» si chers, que toute faiblesse de ma part serait un crime. Voyons, Pontis, rends-moi ce reliquaire ! (ebu*

Vous le voulez?

ESPÉRANCE

Donne!

pontis.

Songez que s'il sort "une fois de mes mains, vous tn’aurez fait une telle injure qu'entre nous toute amitié sera impossible.

ESPÉRANCE

Tues fou!

Vous voulez dire que je suis ivre...

ESPÉRANCE

Trop de fois déjà je t’ai reproché de l'être.

PONTIS, fariMl.

El moi je vous repro lie d élie un orgueilleux et un ingrat-, yoiuTtii avez accusé do trahison tout à l’heure, je vous Somme de me faire raison ! ..u nr« «pet.)

ESPERANCE

11 ne vous manquait plus que de me provoquer comme uu pilier de coupe-gorge. Allons! frappez! étendez-moi sur la place pour me prouver que vous êtes uu tidèle ami.

PONTIS, degri^, honlcu», jcu« tou tpee, puU il fouille u poitrine ei« reg* «l y prend le reliquaire.

Monsieur, voici ce que vous me demandez. (U le domc.) C'est fiui entre nous. Adieu !

LA BELLE (1ABRIËLLE.

espérance.

Poülii!

PONTTS, tfenMant, ému.

Vous tous êtes délié de moi, de moi qui tous Rimais ! tous ne me reverrez plus... adieu! (n «Wwt far u j.«w a»

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