‹ La belle Gabrielle drame en cinq actes et dix tableauxChapitre 28 sur 126 · HENRIETTE, ESPERANCE · texte numérisé non relu

HENRIETTE, ESPERANCE

ESPÉRANCE, ur l'appui de la fgodtrr.

Eh!

HENRIETTE, tnrpiM, el m levant.

Lui!

ESPÉRANCE

Vous êtes seule, enfin, et vous ne m'appelez pas! (u nu* a»u.

la da»t>re.)

HENRIETTE, A pan.

Lui! j'avais oublié... Que taire?

ESPÉRANCE

Vous n'êtcs pas encore bien libre , voulez-vous nue je redescende jusqu'à ce que vous soyez tout à fait rassurée, (u m -nrf*#

tara la fanètre.)

HENRIETTE, «prêt non Adulation.

Non!... Puisque vous êtes là, profitons-en pour causer, (liu

tema In tenon da U pacte dn pnclia a^cci m»,r remania au Action.}

ESPÉRANCE

Oui, chère belle, causons. (il ml le«bn«nr, aile m Il va

pnacr lui an ilr«a ara épé« il ton <lu!«ua.)

HENRIETTE, à part.

De la fermeté, il le faut! (eu. »’»».«<) P rc d# n t^inu.)

ESPERANCE, U m.ll* pr». de la cb»<t« d'Henrialie.

Il me semble que tu me payes mal mon voyage , Henriette, et la fatigue, et la soif, et les mauvaises nuits "d'auberge, et les mauvais jours d'aventures... Gageons que je suis meilleur que vous, et que j'ai pensé à vous plaire... Vous ne vous souvenez peut-être plus qu’il y a dix jours , en Normandie , au bord de notre petite fontaine, quand vous rouliez des gouttes d'eau sur des feuilles de noisetier, vous me fîtes admirer ces diamants liquides qui ressemblaient, disiez-vous, à ceux de votre mère... Moi, je versai ces gouttes brillantes sur vos beaux cheveux noirs, et elles vinrent tomber au bout de votre petite oreille rouge, où je les bus, tout diamants qu elles étaient.

HENRIETTE

Eh bien?

ESPERANCE

Eh bien! j'avais feint seulement de les boire. Le feu de mon baiser les a durcies; je vous les rends assez solides pour demeurer à VOS oreilles, (il ut Offre oti Écria.)

HENRIETTE

Magnifiques joyaux... Vous êtes bon!

ESPÉRANCE

Ah! vous en convenez! Voyons, déridez- vous! Que je retrouve mon Henriette à la place de celle-ci, que je ne connais pas!

HENRIETTE, elle w 1er*.

11 faut que je vous parle!

ESPÉRAXCE, qui t'wt aom levé.

Vous me Pavez déjà dit, cl lu première fois moins rudement

que !a seconde... Est-ce le séjour de la maison paternelle qui vous a fait faire des réflexions?...

HENRIETTE

Précisément... J'ai réfléchi, monsieur Espérance!

Monsieur?... Eh bien! mais je vais vous appeler mademoiselle!...

■MWCIIK.

Ce sera mieux... Entre gens destinés à sc séparer..

ESPÉRANCE, wffoqad.

HENRIETTE

Séparation inévitable... Voyez mon embarras, ma douleur...

ESPERANCE

On ne sépare point ceux qui s'aiment !

HENRIETTE

Des parents peuvent l'ordonner à leur fille lorsqu'ils veulent la marier.

ESPÉRANCE, à p»rt.

Ah! chevalier de Grillon!... (h«i.) Quoi! l'on veut vous marier, mademoiselle, est-ce bien prudent de la part de votre famille!... («in i« R-fanie. ) Un mari sera exigeant... Un mari vous demandera compte de toute votre vie, de tous vos secrets.

HENRIETTE

Je ne suppose pas que vous me trahissiez, monsieur, c vous ai cru honnête homme.

Oh! ce n'est pas moi qui vous trahirai.. / Notre secret ne couit aucun danger... Je dis notre secret... celui-là, je vous le garantis... mais les autres.

HENB1KTTV.

Quels autres... que prétendez-vous?.,.

ESPERANCE

Moi, je ne prétends rien... Mais votre mari prétendra peutêtre, lui... Il sera moins crédule que moi au sujet de cette bague que l'assassiu La Rainée a volée au cadavre d'Urbain du Jardin !

HENRIETTE

C'est une insufïo , et si vous n'éles venu que pour cela, vous eussiez mieux fait de ne pas venir.

ESPERANCE

Si je suis venu, c'est que j'ignorais que l'on voulût vous marier si vite... Si je suis venu, c'est que vous m'y aviez invité... Par bonheur, j'ai sur moi ma lettre d'audience... (u n cu»tr«.j Qui sait, elle n’est pas de vous, peut-être? En ellcl, vous ne pouvez être la femme qui m'écrivait, il y a trois jours.... (n m.) « Cher Espérance, tu sais où me trouver, lu n'as oublie ni » l'heure, ni le jour fixés par tou Hcuriclle qui l'aime. »

HENRIETTE

Ce billet!...

ESPERANCE-

Est d'une femme perfide qui mentait déjà quand elle m'appelait sun premier amour... Mais à quoi bon tout cela?... Vous m'aviez appelé, j'accourais... Vous me congédiez, je pars... Adieu, mademoiselle, adieu! (n m di<*« «n la f.n(u«.)

HENRIETTE, A paît.

S'il garde ce billet, je suis perdue! (Ella «m,i a t»i). Espérance, comprends donc ma douleur, ma folie, l'horreur de ma situation... Voyons, rappelle-loi, là-bas, en Normandie, il m’arrive une lettre insensée de ce La Ramée, qui ose me poursuivre de sun amour... Tu surprends cette lettre, tu m’iuterrogcs... je l'avoue tout!... Une ainic à moi, qui est morte, a été compromise par Urbain Du Jardin... La Ramée a pris parti pour sa famille.

ESPERANCE

Et il a assassiné le malheureux Urbain.

HENRIETTE

Est-ce ma faute?... Suis-je coupable?. . Tu crois ceux qui m'accusent... C'est pour toi que j’ai trahi ce secret! puur te rassurer! Faut-il que je sois perdue par toi..! pour t'avoir follement uiiné, pour taimer à l'idolâtrie !

ESPÉRANCE

Comment, perdue?

HENRIETTE

Vous rue menaciez!

ESPÉRANCE

Moi!

HENRIETTE

Pourquoi me montriez-vous cette lettre que je vous al écrite , sinon pour me la reprocher el vous en armer contre moi?

ESPERANCE

Par exemple!

Et vous avez dit cela m'aimant encore! Que sera-ce quand vous m'aurez oubliée ! quand vous céderez à quelque influence hostile qui vous conseillera la vengeance... (E*^»act na m »<m~

LÀ BELl.% (jAifttfriLLE.

Mais oui, ai votre faiblesse, si le hasard seulement fait tomber ce billet en des m ins étrangères, c'est fait de moi à jamais... Le châtiment sera juste!

espérance.

Cesse de craindre, Henrtevc.cc 1 n'est pas ce billet qui te perdra, nous allons le brûler ensemble, (n fouira dam m p<xhc.)

HENRIETTE

Oll! OUe tu CS bon! (ni* leo-1 »»i.lrme«t l« Ob fi»p|« » la po»l*.)

ESPÉfuNCE.

Qu’y a-t-il? (ob *j>p*u* : Henriette! Henriette!)

HENRIETTE

Ma mère !

Je serai en bas avant qu'elle ait appelé une troisième fois.

ni MUETTE.

Oui ! oui ! (fil* I* ?••••• »*r» U frntiro, tonl i roap *t rap|a-<aut.) Le 1>»1— lct... Oh! pas encore ! eu» i»i ■matt» m «bambr*.) Là 1 chez mol ! (ro*

qu'il «Bl mire, «Ut coart ourrlr.)

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