ACTE DEUXIÈME
SI
HELENE
Voua regardez ma toiletle ?
PARIS
Oui.
HÉLÈNE
Elle me va Dien, n’est-ce pas ?
PARIS, légèrement gouailleur.
Oui, très-bien.
HÉLÈNE
Quoi de nouveau dans le monde élégant?
PARIS
Rien que je sache. (Un aiUn-r.)
Vous n’êtes pas aimable, ce soir I
PARIS
Vous trouvez?...
HÉLÈNE
Vous m’en voulez ?
PARIS
Vous en vouloir et pourquoi ?
HÉLÈNE
Parce que je vous ai fait attendre.
paris.
Non, je ne vous en veux pas.
HÉLÈNF ' .
Ah! (Un 'jlence.)
PARIS
Dites-moi, madame, vous êtes-vous jamais trouvée er lace d’un bomme qui avait pris une résolution ?
HÉLÈNE
Vous me faites peur.
tiA BELLE HELENE
PARIS
Asseyons-nous, madame, et écoutez-moi.
HÉLÈNE
Je vous écoute, (lit s'asseyent, U -lèno près du guéridon et Péris k fMl» fue distance d'elle.)
PARIS
La déesse m’avait promis l’amour de la plus belle femme du monde... '
HÉLÈNE, l’interrompant.
11 avait été convenu entre nous qu'il ne serait plus question do cela.
PARIS, arec autorité.
La déesse m’avait promis l’amour de la plus belle femme du monde. En vous voyant, j’ai tout naturellement pensé que c’était vous... Vous avez résisté, cela m’a fait venir des doutes.
HÉLÈNE
Comment ?
PARIS
Je me suis dit : La plus belle femme du monde, ce n’est peutêtre pas elle.
HÉLÈNE, piquée, se levant.
Et qui serait-ce donc? Ce n’est pas, je suppose, celte Parthœnis qui se farde indignement, ni et lie petite Feston-de-Vigne qui fait fureur au bal de Paphos, ni celte chipie de Pénélope avec sa manie de faire de la tapisserie, ni ma sœur Clylemnestre avec fon nez. . .
Non, madame, ce n’est oi Pénélope, ni Clylemnestre... ce n’« aucune de ces femmes là... donc...
BÊLÉ N E, se rasseyant.
Donc?