AGAVE U NON
Lorsque la Grèce est un champ de carnage.
Quand on immole les maris.
Tu vis heureux au sein de ton ménage...
Tu t’ flch’s pas mal de ton pays 1
CALCHAS
Voyez pourtant ce qui se passe.
AGAMEUNON.
L’époux lâche l’épouse...
CALCHAS
Et l’épouse, à son tou^
De l’époux déserte l’amour.
MÉNÉLAS
Hais que voulez* vous que j’y fasse?
.AGAMEUNON et CALCHAS.
Lorsque la Grèce est un champ de ramage.
Quand on immole les maris.
Tu vis heureux au sein de ton ménage...
Tu t’ fich’s pas mal de ton pays!
4e vis heureux au sein de mon ménage,
Je m’ fich’ pas mal de mon pays.
CALCHAS
Et ces malheureux accidents Ne se bornera, t pas, seigneur, aux temps présenta.
AGAMEUNON.
Dans l'avenir je vois la longue Ole Des successeurs de Ménélas...
On les comptera par cent mille.
CALCHAS
On les comptera par cent mil Si vous ne vous décidez pas A nous tirer tous d’embarras,
(Mendias passe 1 gauene.)
A94MEMN0N *
Allons, ça, dépéchez... ça presse...
Regardez l’état de la Grèce.
Cest une immense bacchanale,
Et Vénus, Vénus Astarté Anime la ronde infernale...
Tout est plaisir et volupté t Vertu, devoir, honneur, morale,
Par le flot tout est emporté 1
(il parle bas à l’oreille de Ménélas.)
Tu comprends
Qa’ ça ne peut pas durer plus longtemps.
Au lieu de mimer la pyrrhique Qu'autrefois on nous enseigna.
Danse noble, danse classique.
En tous lieux maintenant voilà Qu’on danse une chose excentrique Et sans nom ; qui ressemble à ça !
(il danse un pas échevelé.)
Tu comprends
Qu’ça ne peut pas durer plus longtemps.
ENSEMBLE
CALCHAS et AGAMEMNON.
Tu comprends
Qu’ ça ne peut pas durer plus longtemps.
MÉNÉLAS
Je comprends
Qu’ ça ne peut pas durer plus longtemps.
(Ménélas revient au milieu.)
CALCHAS **
Allons, immolez-vous!
AGAMEMNOX.
Allons, immole-toi I CALCHAS.
Il faut subir la loi.
* Ménélas, Agamcmnon, Calchas.
** Agameumon, Ménélas, Calchas.