‹ La belle histoire de Geneviève, ornée de dessinsChapitre 11 sur 41 · TÉNÈBRES SCÈNE · texte numérisé non relu

TÉNÈBRES SCÈNE

SEVERUS. — AGASO

Vingt et un mois après. Chez Severus, dans son ceUicr. Assis sur des planches, contre les tonneaux, Severus et Agaso s'entretiennent de tout près, à peine éclairés par le demi-jour qui touibe du soupirail.

Severus. — Parlons bas. Rappelle-toi qu'elle ignore que nous nous voyons, régulièrement, et en secret.

Agaso. — Oui. Que tu es bon, Severus! Tu n'as pas cru, dans le temps, que j'étais la cause de son malheur, et tu sais que j'y compatis.

Se^'/erus. — Je le sais. Mais parlons bas, je t'en prie. Plus bas encore que d'habitude. Qu'elle ne se doute de rien. Seigneur!

Agaso. — Tu as raison. Les aveugles ont l'ouïe fine.

Severus. — Elle est dans sa chambre, sur le lit.

Agaso. — Elle dort?

Severus. — Il me semble. Mais avec ces terribles yeux toujours fermés, sait-on jamais si eUe est éveillée ou non? Je crois pourtant qu'elle dort. Et puis, quand même, ici, dans le cellier, elle ne peut pas nous entendre.

Agaso. — Comment est-eUe?

Severus. — Aussi triste, aussi muette. Et cependant plus calme. On la dirait, par moments, presque résignée.

Agaso. — Le temps fait son œuvre. Et Geneviève?

Severus. — Inconsolable. A toute minute elle s'excuse : « Ce n'est pas la faute d'Agaso... C'est ma faute ! »

Agaso. — Pauvre enfant ! Ni de moi, ni d'elle. De personne ! Dieu l'a voulu.

Severus. — Oui. Maintenant que je t'ai donné des nouvelles, va-t'en, va-t'en vite ! J'ai si peur !

Agaso, lui mettant brusquement la main sur la bouche, et lui parlant à l'oreille. — Écoute!... (Il se penche.) On vient. On descend. Je reconnais son pas. C'est elle !

Severus. — Ah 1 mon Dieu ! (A Agaso :) Ne bouge pas.

Agaso, d'une voix imperceptible. — Inutile, Va. Elle nous a entendus. (Dans un souffle :)La. voici 1

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