‹ La belle histoire de Geneviève, ornée de dessinsChapitre 10 sur 41 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les mêmes. — SEVERUS

Severus, qui rentrait, se précipitant. — Quoi? Qu'y a-t-il? (Il la reçoit dans ses bras.)

GÉRONTIA. — Je suis aveugle !

Severus. — Aveugle !

GÉRONTIA. — Aveugle...

Severus, à Geneviève. — Impossible 1 Ça n'est pas vrai?

Geneviève, immobile, blanche comme une cire. — Si. C'est vrai. EUe est aveugle.

Severus, éperdu. — Mais quoi? Depuis quand?

Geneviève. — Tout de suite.

Severus. — Comment est-ce arrivé?

Geneviève. — Je ne sais pas... Nous parlions... Elle était gaie...

GÉRONTiA. — Non I Moi, je sais ! J'ai frappé Geneviève... Alors... mes deux yeux sont partis !

Severus, avec un cri terrible. — Oh ! Jésus ! Qu'as-tu fait? Vierge Marie ! Corps du Christ ! Esprit-Saint I... Gérontia! Ma femme! Mon amie!... (Se tournant vers sa fille : ) Geneviève ! Notre enfant ! Rends ses yeux à ta mère! Rends-les-lui! Aie pitié! Mais... non! Tu ne m 'écoutes pas? Tu te sauves? Tu nous abandonnes? Où vas-tu? (Elle court en effet, elle vole à travers les champs.)

Geneviève, au loin, se retournant. — A l'église ! Père ! A l'égUse !

Alors, Severus, écroulé, sanglote en couvrant de baisers Gérontia évanouie, tandis qu'attiré par les cris, le front levé, les mains jointes, Agaso, dans l'ombre du mur, écoute, et comprend.

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