SCÈNE m
ATTILA. — ZERCON
Attila, à Zercon qui s'apprêtait également à sortir. — Non, toi, reste ici... au fond de la tente. (Il y va, tout an fond; il s'y blottit parmi des harnachements et des ballots... si bien qu'on ne le voit plus. Attila lui parle de- -loin.) ...Tout à l'heure, Zercon, j'aurai soif. (Montrant la place à côté de lui, comme si la femme attendue était déjà là.) Elle aussi... Quand je t'appellerai, tu nous verseras à boire.
Zercon. — Oui, langue altérée du tigre... aussi musclée que le bras d'Hercule et qui, dès que tu la trempes, grossit comme un poumon, enfle comme ime éponge...
Attila. — Tu prendras pour moi ma tasse de bois.
Zercon. — Et pour elle?
Attila. — La coupe d'or.
Zercon. — Que verserai-je dans la tasse?
Attila. — L'eau du bois.
Zercon. — Et dans la coupe?
Athla, sur un long regard. — L'eau d'or. (Désignant un endroit dans le fond de la tente. ) Tu les as là toutes les deux.
Zercon. — J'ai l'habitude.
(Par l'étroit rideau de la tente, on voit la tête du Grand devin.)