‹ La belle madame ColetChapitre 10 sur 120 · Œuvres, p · texte numérisé non relu

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M. HippolyteColet remplissait les fonctions de professeur d'harmonie au Conservatoire. Sans être brillant, son traitement lui permettait de s'établir. Peut-être se fût-il montré plus sage en ne mettant pas une Muse à la tête de son modeste intérieur ; mais plus que d'autres encore, peut-être, les professeurs d'harmonie sont sensibles aux séductions de la beauté. D'ailleurs la Muse croyait de bonne foi qu'à peine sortie de sa ville de province, et sur un théâtre plus digne de son talent, elle pourrait faire argent de sa lyre.

Bref, on se fiança, on se maria, et Ton partit pour Paris.

L'existence, dès le début, n'y devait pas être facile.

La jeune femme avait les défauts habituels aux poètes, la prodigalité et l'imprévoyance. Pourtant, en vraie méridionale, elle aimait la bonne cuisine et savait la faire ; mais la plume, instrument noble, faisait tort

aux casseroles, comme au plumeau et au livre de comptes : et tout porte à croire que dans le petit appartement des nouveaux mariés ne régnaient pas toujours cette harmonie et cet ordre supérieurs que l'on aimerait à trouver dans un ménage où la femme est poète et le mari musicien.

En arrivant à Paris, le premier soin de M™^ Golet fut de réunir et de publier ses poésies de jeunesse. Jugeant qu'il serait habile de leur trouver un introducteur auprès du public, elle songea d'emblée à Chateaubriand. «• J'aurais voulu, dit-elle, qu'un nom illustre et protecteur consentît à s'unir au mien sur le frontispice de ce volume : si je n'ai pu obtenir cette faveur, il doit m'être permis du moins de m'enorgueillir d'un suffrage tel que celui de notre plus grand écrivain ^ »

Pour préparer les voies, elle avait adressé à

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