‹ La belle madame ColetChapitre 115 sur 120 · Edgar Qiiinet, brochure de 33 pages (Paris, Hurtku · texte numérisé non relu

Edgar Qiiinet, brochure de 33 pages (Paris, Hurtku

Gravement malade, toussant désespérément, elle était alitée depuis six semaines quand, à l'en croire, se produisit dans son organisme une sorte de miracle dû, il esta peine besoin de le dire, à la découverte d'un livre :

« Je repoussais comme désormais inutiles les secours d'un médecin.

(( Donner à mon esprit affamé de consolation un aliment intellectuel enharmonie avec toutes les aspirations de ma vie me semblait plus urgent que de combattre la mort...

«... C'est cette fierté muette qui a présidé à mes souffrances durant les deux hivers d'abandon et d'oubli que j'ai passés à San-Remo.

« Aux heures de défaillance où la chair pleure et crie, comme pour implorer l'appui d'une main amie ou l'écho d'une voix secourable, tandis que les bourrasques du golfe ou les rafales des monts répondaient seules à mes gémissements, je trompais la longueur des nuits en saisissant, épars sur mon lit, un de ces livres amis toujours présents, soutiens

éternels que le génie lègue en héritage à l'humanité tout entière dont il a fait sa famille...

«... J'attendais de ce livre [V Esprit nouveau)^ que la poste du soir m'avait apporté, ce que les croyants aveugles demandent aux sacrements de l'Eglise.

« Je bus, sans prendre haleine, à cette source pure ; j'arrivais aux dernières pages du livre quand le jour parut. Le saisissement de l'admiration avait brusquement arrêté mes accès de toux jusque là inextinguibles... * »

M"™® Colet ne connaissait pas l'auteur, qu'elle n'avait aperçu qu'une fois, à Bruxelles, vingt ans auparavant, au moment où le coup d'Etat le jetait en exil. Elle lui écrivit néanmoins et reçut peu de jours après la réponse suivante, datée de l'Assemblée nationale de Versailles :

« Madame, « Quelle lettre que la vôtre ! Quel moment

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