‹ La belle madame ColetChapitre 118 sur 120 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

M'"'' Colet raconte la fin de cette amitié à laquelle elle devait tenir d'autant plus que se faisait plus pauvre sa collection d'écrivains et d'amis illustres :

c( Le 28 mars, la tempête était plus intense, les rugissements de la mer me faisaient tressaillir : mes nerfs vibraient comme dans l'attente d'un événement terrible.

« Le courrier arriva, il ne m'apporta que le journal. Je poussai un cri de déchirement : le nom d'Edgar Quinet flamboyait en lettres énormes au haut de la première colonne : il était mort, mort la veille, en prononçant ces magnifiques paroles : « On se retrouve dans la vérité. »

« Je restai comme foudroyée dans ma solitude. Me sentant défaillir, je m'étayais aux meubles pour atteindre mon lit. J'y tombai éperdue avec une fièvre ardente. Quand le jour parut, on appela le médecin. Son ordonnance de calme et de repos absolu me lit tristement sourire. Est-ce qu'on peut maîtriser

une semblable émotion et se résigner à la rupture d'un semblable lien ? Je suis en proie, depuis ce jour, à une fièvre nerveuse ^ »

Le jour même, M"*^ Colet reçut la visite d'un notable de l'endroit qui faisait collection d'autographes et espérait obtenir d'elle une lettre d'Edgar Quinet. « J'ai l'intention, lui dit-il, de placer Edgar Quinet près d'une autre gloire éclatante de votre pays, Emile OUivier... » Et M""^ Colet de s'écrier avec une colère indignée : « Pour certains palais, un radis et un ananas ont la même saveur ! * »

A partir de ce moment, M™^ Colet ne fit plus que languir. On mesurera toute la gravité du mal quand on saura qu'elle éprouvait de la peine à écrire.

(( Je n'avais plus de souffrance aiguë, dit-elle, la paix s'était faite en mon âme,

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