Œuvres de M"" Louise Colet, p
De ce marbre inspiré Timage se reflète
Sur votre jeune front de femme et de poète.
Vous avez son air triste et son regard penseur.
Et Michel- Ange en vous eût reconnu sa sœur. »
Penserosa I ce nom, poétique baptême,
De mes chants douloureux est devenu Temblème ! *
Du reste, on ne s'attarda pas longtemps à ces préliminaires. Dans le courant de cette année 1839, les attentions de Victor Cousin pour M"""^ Colet firent beaucoup jaser le Paris des lettres, d'autant plus que Penserosa^ comme on l'imagine, ne mettait guère de soin à les entourer d'ombre. Peu cruelle de sa nature, elle ne le fut pas du tout envers son brillant admirateur ; et lui, pour n'être pas en reste de bons procédés, pilotait assidûment, dans les théâtres et dans les revues, la litté-
1. Penserosa, poésies nouvelles, p. 5-6 (Paris, Déloges, éditeur, 1840).
rature de son amie. Le 26 juillet 1839, il écrivait au directeur * du théâtre de la Renaissance pour lui recommander une pièce de j^jme Qolet intitulée La Jeunesse de Gœlhe,
« J'y suis allé avec quelques-uns de mes confrères de l'Académie, lui dit-il, MM.Lemercier, Mignetet Pongerville, et je puis vous dire que cette pièce nous a fort intéressés. L'auteur est un de nos lauréats de l'Académie. M"'^Golet nous intéresse au plus haut degré, et je crois être l'interprète de beaucoup de mes confrères en vous exprimant le vœu que cette pièce soit un peu plus souvent représentée. M""^ Golet s'occupe en ce moment d'une tragédie que mes confrères connaissent et dont ils m'ont parlé avec beaucoup d'estime. Notre amour-propre d'académiciens ne nous permet pas d'être indifférents au succès de l'aimable auteur... et à mon retour des eaux, je m'empresserai de vous voir, Mon-