‹ La belle madame ColetChapitre 20 sur 120 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

A côté de ces menus services littéraires, Victor Cousin en rendait à M'"^ Colet de plus importants : C'est ainsi qu'il sut obtenir du ministère une pension de 1.200 francs servie à Penserosa en qualité de femme de lettres. La Muse, qui avait le caractère ombrageux et compliqué, accepta tout d'abord la pension, puis elle n'en voulut plus, puis elle en voulut encore ; et Victor Cousin de multiplier les démarches pour réparer les sottises de la belle enfant gâtée... il écrit au ministre Cave:

«■ Mon cher Cave,

(( Je reçois un billet de M""" Colet, qui m'instruit que notre aimable poète, dans un moment

d'humeur contre les plaintes de sa sœur aînée, ^jme Révoil, d'avoir été sacrifiée à sa cadette, vient de nous renvoyer sa pension de 1.200 francs. Je lui écris que c'est une belle folie. Elle en convient, et me charge de vous prier de regarder sa lettre comme nulle et non avenue. Elle n'ose vous le demander elle-même. C'est donc une chose convenue.

(( Vous conviendrez qu'il y a des traits plus raisonnables que celui-là, mais j'en estime davantage le caractère de cette belle dame ». »

Les personnes que Victor Cousin avait obligées, ou celles qui avaient quelque autre motif de désirer lui plaire, s'ingéniaient à être aimables envers M""^ Colet, à l'introduire, par exemple, dans tel salon oii elle désirait avoir ses entrées. C'est ainsi que M"'^ Dupin, une des familières de l'Abbaye-aux-Bois, la présenta à M™^ Récamier.

« M""^ Récamier, vous le savez sans doute,

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