Annales romantiques, I
mine ? Le jour où nous sommes allées chez M™^ Récamier, notre amie souffrait excessivement de ce mal mystérieux qui l'a quittée enfin. Ce n'était pas son expression habituelle qu'elle avait ; et que cette faiblesse, cette humilité de cœur la rendaient touchante! Quiconque l'aura vue sous cette face nouvelle ne l'oubliera pas. Je ne l'aurais pas aimée jusqu'alors que mon indifférence aurait tout à coup cessé. La voilà qui reprend aux flatteries menteuses de la vie, la voilà qui se préoccupe de gloire, d'avenir, de bonheur peutêtre... M"^^ Colet s'est faite si charmante, m'a tellement gâtée par ses bons airs, ses douces paroles, a été si engageante, que j'ai dîné à sa table, avec la liberté de m'enfuir à sept heures et demie, ce que j'ai fait... ' »
« M""® Récamier a trouvé du charme à ce visage qui l'avait d'abord frappée par son énergie, écrit-elle encore. Elle m'a dit fort expressément avant-hier que M'""^ Colet avait fait sa conquête. J'en suis toute ravie. La der-