Annales romantiques, T
nière fois que je vis cette pauvre femme, elle était bien triste, bien douloureusement préoccupée. Franchement, monsieur, j'ai bien des misères à supporter, mon âme n'est pas gaie depuis longtemps : pourtant, j'aime mieux être moi, pauvre, obscure, avec un passé qu'on a su me faire malheureux et un reste de jeunesse bien près de finir, qu'elle avec son étrange position. Aimons-la noblement, elle en a besoin. Son cœur est plein de beaux et doux sentiments. Je la plains *. »
Mais les beaux et doux sentiments étaient moins dans le cœur de M""" Colet que dans son imagination; et pour peu que l'on n'eût pas pour elle tous les égards auxquels elle croyait avoir droit, pour peu que l'on froissât son orgueil ou sa vanité, plus chatouilleuse encore, elle s'emportait en reproches véhéments, souvent en invectives et même en gros mots qu'on était tout surpris d'entendre sortir de cette