‹ La belle madame ColetChapitre 63 sur 120 · Corresp., 2* série, p · texte numérisé non relu

Corresp., 2* série, p

Flaubert, et à défaut duquel il se contentait, d'ailleurs, sans trop de peine, de cet amour de qualité plus que médiocre. Les disputes, de plus en plus fréquentes, étaient suivies de réconciliations, les réconciliations scellées par des visites à Paris impérieusement exigées ; car Louise Colet n'était pas de celles qui peuvent se passer longtemps de la présence réelle. En prose, en vers, elle ne cesse d'appeler son amant. Voici entre autres, quel- , ques-unes des strophes qu'elle lui adresse, écrites, celles-ci, au milieu de la nuit :

Je t^aime et lorsque je te vois Aussi froid que la froide pierre, Des pleurs inondent ma paupière En songeant aux jours d'autrefois.

A ces jours où tu me disais Que j'étais belle autant qu'aimée, Et que blonde, je te plaisais Aussi bien qu'une brune aimée.

N'est-ce pas le même sourire, Le même regard enivré Qui sur le seuil semblent te dire :

Reviens, ô le seul adoré 1

Viens I tant que ma lèvre est vermeille.

Bois la coupe où tu t'enivras.

Et pense, quand je serai vieille,

Au cœur qui battait dans tes bras *.

L'histoire ne dit pas quel effet produisaient sur Tauteur de Madame ^o^ar?/ ces effusions lyriques ; mais on peut supposer, sans trop d'invraisemblance^, que son ardeur n'en était guère accrue.

Une autre cause de froissements et de querelles était l'insistance déplacée mise par M"" Colet à entrer en relations avec la mère de Flaubert. Elle s'imagine que la vieille dame doit nécessairement tenir à honneur de

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