‹ La belle madame ColetChapitre 62 sur 120 · C'est en 1854 qu^il faudrait dire. / ^-^ -«c. . tc^i · texte numérisé non relu

C'est en 1854 qu^il faudrait dire. / ^-^ -«c. . tc^i

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femmes : sa misanthropie, ou plutôt sa misogynie s'en accentua encore. Il généralisa ; et, de même qu'il cherchait à découvrir dans chaque homme le côté bourgeois et ridicule, il fut tenté de voir en chaque femme, en chaque maîtresse, une Louise Colet ^ »

Sans la malheureuse habitude — car on ne peut pas parler de sentiment — où Flaubert s'enliza de la sorte pendant huit années, les plus belles d'une existence d'homme, qui peut dire en effet ce qu'eussent été son talent et sa vie ! Une nature aussi riche que la sienne, aussi droite, aussi foncièrement honnête, était digne de rencontrer l'amour ; etc'estprobablementà Louise Colet qu'il faut s'en prendre s'il n'en a connu que le vain et déplaisant simulacre. Les lettres admirables adressées par Flaubert à cette maîtresse qui ne fut jamais une amante ne suffisent point à nous la faire absoudre :

1. René Dumesnil. Flaubert, son hérédité, son milieu, sa mé- </iof/e. (Société française d'imprimerie et de librairie), p. 73, 74.

car, encore une fois, elle ne les a pas inspirées. Flaubert les aurait adressées à toute autre qu'à elle, et sans doute, écrites pour une femme aimée noblement, eussent-elles été bien plus belles encore. Lui-même, parfois, en écrivant à cette femme si peu faite pour le comprendre, semble éprouver le regret d'un amour plus complet et plus haut :

«J'avais cru que tu me tiendrais compagnie dans mon âme et qu'il y aurait autour de nous un grand cercle qui nous séparerait des autres...* » (( Je voudrais que nous gardassions nos deux corps, et n'être qu'un même esprit; comprends-tu que ceci n'est pas de l'amour, mais quelque chose de plus haut, il me semble 2 ... »

Personne, moins que Louise Colet^ n'aurait pu partager le sentiment viril que rêvait

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