DARCY, GÉRARD, ÉLISE
ÉLISIi.
Bonjour, Darcy ; bonjour, monsieur Gérard.
OÉltAHI).
Madame , J'ai l'honneur...
ÉLISE
J'ai troublé, messieurs , votre entretien. De (|uoi parliez-vous là tous les deux ?
nARCY.
Oh ! de rien.
ÉLisi;.
As-tu déjà pour moi des secrets ?
daucy.
Moi , ma chère?...
Ah ! peux-(u le penser ?
KMSË, à Gérard.
Vous .savez que ma mère Pour ne plus nous quitter est arriv<;e ici ?
GÉKAnD.
J'ai déjà là-dessus félicité Darcy.
Je voudiais bien lui faire aj;réer mon hommage.
ÉLISK.
Elle repose ; elle est lasse encor du voyage.
Ma mère e.st avec nous : quel bonheur est le mien!
N'est-ce pas , cher Darcy, que tu l'aimeras bien ?
nARCY.
N'en doute pas ; déjà je l'aime et la révère : En ni'accordant ta main elle me devint chère. Des auteurs de mes jours, qui vécurent trop peu , C'est elle désormais qui va me tenir lieu, Et devenu son fil,s, te prenant pour modèle. Je prétends t' égaler dans ton amour pour elle.
LLKSt.
De pareils sentiments que mon cœiu" te sait gré ! INIais à ce doux langage il était préparé , Et je te vois souscrire à tout ce qui me flatte. Ton Elise envers loi du moins n'est pas ingrate , Ni ma mère non plu.s : même , à ce que je croi , Elle chérit son gendre encore plus que moi. Je n en suis point jalouse: elle a raison sans doute De reconnaître ainsi le bonheur (jue je goûte. Oh! qiu^, <oud)lant enfin mes plus ardents désirs , Notre réunion me promet de plaisirs !
D'abord jamais chez nous de querelle: il me semble Qu'il n'est pas malaisé de s'accorder ensemble ; On n'a fju'à le vouloir, et nous le vaudrons tous : La paix pour les bons cœurs a des charmes si doux ! Nous aurons chaque jour nos travaux ordmaires; Nous nous occuperons, Darcy, de ses affaires. Moi, des soins du ménage; et (juand lesoir viendra, En hiver, près du feu Ion se rassemblera. Là, tantôt nous lirons quelque tourhant ouvrage; Tantôt nous causerons, ou, cédant à l'usage. Pour amuser ma mère et l'oncle Duchemin , Nous combattrons contre eux, les cartes à la main. Lorsque nous verrons luire une saison plus belle. Notre troupe, souvent à la ville infidèle , Loin des murs de Paris s'enfuira vers les champs Pour chercher des plaisirs purs comme nos pen-
[ chants.
Des sites enchanteurs, la promenade et l'ombre; Et quelques amis vrais (monsieur est de ce nombre) Sur tous nos entretiens répandant leur gaité , Viendront doubler encor notre félicité.
r7l^;i!ARi).
Voilà, je l'avouerai, d'agréables images. Et vous nous peignez là l'âge d'or des ménages. Puissicz-vous voir briller un si doux avenir, Que vos vertus du moins méritent d'obtenir !
ÉLISE. [père.
Nous l'obtiendrons aussi : vous, monsieur, je l'es- En la connaissant mieux , vous aimerez ma mère. Par elle soins, devoirs, rien n'est mis en oubli ; Elle se plaît à voir par-tout l'ordre établi. Parfois elle est peut-être et vive et suscejitible ; Mais ce sont les défauts d'une ame trop sensible.
GÉnARn.
Je puis vous assurer avec sincérité Que de l'aimer beaucoup je serais enchanté.
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