‹ La belle-mère et le gendreChapitre 46 sur 50 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

M"" DOKFEUIL, DUCHEMIN, GÉRAHD.

GERARU, bas à Uuchcinin.

Eh bien ?

DDCHEMIN , bas.

Elle dcmeur(!.

GÉRARD , à part.

Diable!

MADAME nOHFKLlL, à Gérard.

Savez-vous bien que monsieur est chargé De me signitier un insolent congé ?

11 dit que mes enfants sont las de ma présence: De mon amour pour eux voilà la récompense ! Me chasser sans égards, moi, qui de mon cousin. Pour rester avec eux, ai refusé la main !

GÉRARD

Vous, madame?

MADAME DORFEUrt.

Oui, monsieur... le meilleur caractère!

Voulant tout ce qu'on veut.

DUCHEMIN, à part.

c'était bien son affaire.

MADAME DOnFEVII..

Ajoutez à cela quil est riche , et son bien , En ni'unissant à lui, fut devenu le mien.

OÉRARD.

(A part.) (Haut.)

Quelle idée! A ses vœux pourquoi ne pas vous ren-

MADAME DORFEIUL. [dre?

J'ai tout quitté, monsieur, pour ma fille et mon GÉRARD. [gendre.

Ce mari-là pour vous était un vrai trésor... Et cet hymen peut-il se renouer encor?

MADAME DORFEl'lt..

Il ne tiendrait qu'à moi.

GERARD

Vous crovez ?

MADAME DOr.FEUlL.

J'en suis sure.

GÉRARD

Écoutez : vos enfants vous ont fait une injure ; Ils osent vous chasser... 11 vous faut, sans délais, Vous venger, les punir.

MADAME DORFECIL.

Et comment?

GERARD

Quittez-les.

MADA51E DORFELIL.

Quoi !

Mais en les quittant, prouvez-leur qu'une niére Aime encor ses enfants jusque dans sa colère. Par l'hymen du cousin, sachez leur assurer Un bien dont les valets auraient pu s'(;raparer. Voyez combien mon plan réunit d'avantages : Vous les enrichissez, vous vengez vos outrages, Vous faites le bonheur d'un horniète vieillard.

DUCHEMIN, à part.

Ah ! le pauvre cousin!... qu'a-il fait à Gérard ?

GÉRARD

Et vous hésiteriez ! Montrez du caractère : Ils vous regretteront tôt ou tard.

MADAME DORFECII..

Je l'espère.

Ce sera ma vengeance... Oui , vous avez raison , Et je dois, je le sens, (juitter cette maison. En ces lieux , contre moi tout le monde se ligue ; Et grâces à monsieur ([ui mène celte intri{;ue , Des enfants trop ingrats m'osent congédier : Vous seul enfin ici savez m'apprécicr.

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