I.e jeune homme fut atle;-ri
— Vous m'avez dit. lit le médecin en clief, que la femme Harhe soii^nail à n.crvedie la folle qu'elle a déjà...
— Mil ellVl. mais ce n'est pas une raison pour lui e:i f,iii-e siirvcillci- une autre.
— ('Ili 1 celle- là ne lui donnera pas beaucoup de mal. I>a .Menct n'a que de rares accès.
— S'i's surviennent lorsque l'infanlii'ide en aura de son coté!...
— I.a coïncidence n'est pas probable. I,a détenue inlirmièrc n'aura d'ailleurs qu'à avertir.
— Il y a un traitement...
— Ce traitement est très simple.
— Ne pensez-vous pas que cela puisse influer sur le moral di* la pa'ivie li.^ssue de voir qu'on la considère comme une insensée? La femme que garde déjà la lille de la Miette est tout à fait imbécile. Il est à craindre que la Menel ne souiïre d'une assimilation...
— On aura des ménagements... On persuadera à cette nialheuicusc qu'on l'envoie aapiès de la femme Barbe pour l'aider et celle-ci se prêtera...
— Je le pense... Néanmoins...
— Nous ne pouvons pas agir différemment. Les locaux nous font défai;l... M. Mébert n'osa p'us insister, bien qu'il se dît avec douleur qu'il lui faudrait renoncer à ces heures qu'il passait en tête à tête avec Clémentine.
On n'avait pas à compter avec l'idiote tandis qu'il serait nécessaire de dissimuler ce qui se passait à la Menet si on ne voulait pas s'exposer à être trahi.
Ce fut lui qui fut chargé de conduire la bossue à Clémentine. Celle dernière ne parut pas moins navrée qi;e lui.
Le lendemain, à l'heure habituelle des rendez-vous, M. Mébert était à son laboratoire, mais Clémentine ne put venir ouvrir.
Nous avons dit que celte séparation dura huit jours. Les deux amants n'eurent, pendant ce temps-là, que la consolation de se voir aux heures de la visite.
La Menet ne les perdait guère de vue. Ils ne purent échanger que quelques poignées de main, un ou deux baisers furtifs.
L'infortunée dont ils redoutaient l'indiscrétion n'avait pas l'air bien Bêchant cependant. Elle était douce, timide. C'était la colère d'avoir été
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indignement tiomi é qui avait mis dans sa main un coulcau et avait poussé au ciHiie un être jusqu'alors inoiïensif.
La bossue n'avait pas oublié qu'elle avait mordu la femme Barbe, alors qu'elle essayait de la calmer, et elle lui en exprimait ses regrets à tonte occasion.
Vn après-midi, dans son laboratoire, M. Mébert pensait que l'enlenlc entre Clémentine et la folle serait peut-être facile, lorsqu'il entendit un léger coup du côté de la porte qui le séparait de sa maîtresse.
11 s'approcha.
— Est-ce toi, Clémentine?
— Oui, fit par le trou de la serrure une voix à peine perceptible, ouvre, ouvre vite.
11 ne fut pas nécessaire que la fille de la Miette répétât deux fois sa demande.
Un instant après, ils étaient dans les bras l'un de l'autre.
— Mais la Menet, dit le docteur quand il fut revenu de son premier enivrement.
— Suis tranquille, je suis sûre d'elle... Elle ne nous trahira pas! Les visites de Clémentine au laboratoire avaient donc repris.
Ils agissaient exactement comme autrefois. Mais cette séparation et la douleur (|u'ilen avait éprouvée servaient à indiquer au jeune homme combien serait pénible pour lui une séparation nouvelle et désormais définitive.
Chaque fois qu'il arrivait à la maison centrale, il craignait d'être mandé au cabinet du directeur et d'y apprendre que Malvina avait parié.
11 pensait aussi au sourire énigmalique de la sœur Saint-Pierre, tandis que Kl détenue s'était éloignée en grommelant.
Depuis quelque temps ensuite il lui semblait que le gardien Gérard, qu'il :cnconlrait parfois devant la loge du portier, le considérait d'une certaine :; anière.
Cet homme savait-il quelque chose? Avait-il surpris le secret des entrevues?
L'amoureux de Clémentine se sentait menacé de tous les cùtés et s'étonnait presque que l'orage tardât à éclater sur sa tête.
La. tempête vint, mais elle vint d'une autre manière...
C'était Lrnestine qui, mise au courant par Malvina de ce qui se passait, engageait celle-ci à i.e pas dénoncer le docteur.
La fille Jacquet n'agissait certes pas ainsi par intérêt pour M. Mébt-rt. 11 iiy avait qu'une seule chose qui la préoccupât, c'était ses desseins à l'égard de Marie-Louise, et elle avait peur que toute démarche inconsidérée de Malvina ne rnît obstacle à leur accomplissement.
— Cela te suffirait-il, demanda-t-ellc un jour à sa complice en sortant du
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— l'iio (1«> nous deux osl do trop, lil Malvinu avec une sauvage (''nnr^ie, l'.h liieii! aliM*>... Vrii\-tn que l'on eiiftTiiie la fiinmc lîarhe datjs un
1 ;iriini ni'i clle rosliMM jusijuapri's m.i nii-c en liliorli'»? N'ouMic pas que je n'ai plus que 1res pca de temps à rester ici.
— C'est vr.ii...
— l't si je m'en vais, je ne pourrai pas Taidcr.
— Tu as raison. .\li ! tu prtWois tout.
— Ce n'est pas malin de son;:;er à cela.
l'nc I revote signala à Violente les délenues qui causaient. — Privation de préau troisjours de suite, lour cria la sceur.
— Tait mieux! pensa la (ille Jacquet, je resterai pendant les récréai ions dans Tatrlier avec Malvina, et il sera p.i-ut-ôtre possible de nous entendre déliniîivement.
l.e soir, la sœur assistante faisait connaître à l'inspecleur les punitions. qu'elle avait nillgées dans la journée.
— Encore ces femmes! dit l'inspecteur en remarquant le^ noms des dcax amie-. Elles sont réellemcnl très indisciplinées.
— Mon opinion à leur égard, répondit l'assistante, e-^t exaclement celle que j'avais à l'égard de la Miette. Je les crois capables de tout.
Capables de tout! Malvina et la fille Jacquet l'élaient assurément. La sœ ir ne se trompait pas.