I. \ r.ii.i.i; Mii:i ri
— Kl i|iii cela ost-il?
— Je k' dirai plus tard...
1^ savir ii'insisla pas. mais se r-Mira totile troiibli-e... Malvina iimrmiira :
— Kn voilà une qui n'adore pas (Llt-iiieiiline... liieu sûr, si ce n'rlail pa-5 M. Mùlterl qui eùl l'ait sauver sa maîtresse, ce ne serait pas elle que je souprounerais !...
I.adi-lenue réussit ce rarme joiràavoir uu eiilrolieu avecle jeuue médecin.
— Vous triomplie/, lui dit-elle.
Il la reijarda avec anxiété.
— Crovoz-vous que je naic \y.i< deviné?...
— Quoi donc?
— Quelle singulière passion que celle que vous avez conaie po:ir celle femme!... Elle n'en est pas digne, bien sûr!... Je vaux mieux qu'elle, moi, car je n'eusse jamais été capable de verser du poison à un pauvre vieux qui m'eût chérie comme le bonhomme Barbe chérissait sa Glémenline. Qui vous dit qu'elle n'agira pas de même à votre égard quand elle aura assez de vous?
M. Mébert détourna la tête pour cacher ce qu'il éproiivait.
— Oui, continua Malvina, j'ai volé sans scrupule. Je suis une fille de la rue, je ne le nie pas. Quand on m'a empêchée d'exercer ma profession, j'ai Intlé contre la police des mœurs qui m'a jetée les vêtements déchirés et presque nue dans le violon où l'on enferme la rade de la nuit... Ainsi que je l'ai di! à la femme Barbe, même alors, j'étais moins méprisable qu'elle!...
Comme on le voit, Malvina se gardait bien de se vanter de l'assassinat de la Menet, qui était aussi un être inoiïensif et faible. Il est vrai qu'à ses propres yeux elle avait pour excuse d'avoir voulu se venger de sa rivale!...
M. Mébert écoutait ce langage sans y répondre. 11 était comme étourdi. Il se passait depuis quelque temps des faits si nouveaux pour ce jeune homme jadis si rangé, qu'il ne savait plus où il en était.
Une pensée dominait cependant to ites celles qui rassaillaienl. 11 y avait quelque part, dans un appartement prêté par un de ses amis, Clémentine qui l'attendait, Clémentine qui était toute à lui, qu'il pouvait presser dans ses bras à son aise et couvrir de brûlantes caresses.
La surexcitation de ses sens calmait les inquiétudes de sa raison,
Malvina sembla lire ce qui se passait dans le jeune homme.
— Ah! vous ne m'écoutez pas!... Vous êtes entièrement à elle comme elle est en ce moment entièrement à vous... Mais je vous l'arracherai et je vous séparerai!...
Elle avait l'air si insoleiit en prononçant ces paroles que le jeane homme la saisit par le bras.
l.A BELLK MIl.TTI':
— I*renez garde, prenez garde à vous! çlil-il.
— Je ne crains rien, moi !...
— Qui sait?
Elle le regarda avec une expression singulière et «ans avoir pu s'empédicr de tressaillir.
A ce moment M. Mébert se rappelait ce que Clomenline lui avait révélé la veille, dans la longue entrevue qu'ils avaient eue avant delre surpris par sour Saint-Pierre.
Ils avaient parlé de la mort de la Menet, et sa maîtresse lui avait dit :
— Je suis persuadée que l'on a réellement frappé à la porte et que la pauvre bossue n"avait aucune idée de suicide.
M. Mébert avait répété les arguments qu'avaient déjà fait valoir M. Chapput et le médecin en chef en faveur de la mort volontaire. H avait appuyé sur cette circonstance que la Menet n'avait pas d'ennemie et que personne n'avait intérêt à la tuer. Clémentine avait répondu :
— Le coup de couteau qu'elle a reçu était peut-être destiné à une autre...
— A qui?... avait demandé le jeune homme.
— A moi 1... J'ai rencontré ce matin une femme qui a manifesté, à ma vue, r.n trouille étrange. Elle me hait assez pour avoir voulu ma mort.
M. Mébert allait s'informer du nom de cette femme lorsque Clémen'.ine avait dû le quitter momentanément pour se rendre auprès de la folle dont un cri était arrivé jusqu'à eux. ,
A son retour, la conversation n'était pas revenue sur ce sujet. D'autres préoccupations non moins graves les avaient absorbés.
Bien que Giémenline n'eût pas désigné Malvina, M. Mébert avait compris qu'il s'agissait d'elle. Maintenant ses soupçons et ceux de sa maîtresse lui revenaient à la mémoire.
Le trouble de la prostituée ne lui échappait pas, il se borna toutefois à lui dire :
— On se repeiit toujours d'avoir trop parlé !...
Elle voulut payer d'audace et savoir entièrement à quoi s'en tenir.
— On ne se repent jamais de s'être vengé !... lit-elle avec expression.
— Au contraire, cela mène souvent au bagne, à l'échafaud.
— A l'échafaud !...
Elle avait répété machinalement ce mol terrible et s'était sentie épouvantée. ^i son crim.e était découvert, ne serait-elle pas menacée de la guillotine?... Elle roula des yeux égai'és.
— Non, non... dit-elle, je ne veux pas... je ne veux pas...
Malvina quitta précipitamment M. Mébert. Celui-ci resta persuadé que c'était bien elle qui avait commis le crime du promenoir.
8;.(". I. \ 1:1.1,1.1; .Mii:r ii:
— Mitu devoir serait li'allcr ,1a iléiioiicer, iniirimira-l-il, mais je ne le puis si ji' \eii\ (iu"elle se taise!... D'ailleurs, j'y ai si soiivcul iiiam|iié. à iium devoir, • luimc fois de plii<...
Il se faisait lioiile en >"e\iiiiiiiaul ai:isi, car il lui sciiil'Iail i|ii'il ili'-;r(>ii(lait lotis It»'? jours nu (M'Iieloii nouveau dans iim^ mare de lioue cl di- sani;. L'Ilmiominii- lui iVlahoussail déjà le front.
Va\ (initiant la maison eenirali'. il se diri,i,'t'a vers r<Mididit où il avait provisoirement radié Clémei.lir.e.
Nous avons dit tjue c'était un app.utiMncnt juété p.ir un ami.
I/ami en question était un avocat iias^aMoiuenl viveur. M. .Méhert s'était rendu cli.v, lui lorsque l'évasion avait été décidée pour le soir. Il savait (]i!e l'avocat, qui ne jiouvait recevoir dans sa deunMire oflicielle ses tiond)r(Mi<('s conquêtes, avait quelque part une sorte de /fuc/i rc/iro ipTil a|iiiclail roiuantiqiiement sa tour de Nfs/c.
M. Mélierl, forcé jiar la néi-i'ssité, venait demander la cl^^! de la tour d(; Nesie, mais il ne savait guère comment s'exprimer, car il ne xoulail nicllre j'crsonne dans la confidence de ce qui se passait.
L'avocat lui facilita heureusement sa tâche.
l'.n le voyant, il s'écria :
— l^li ! vuilà Méhcrt, le sage Méhert, le modèle des jeunes gens passés et futurs...
Le miidecin s'elTorça de sourire.
— Pourquoi tous ces com]»liments?.,.
— I*arce que, moi, qui perds tous les jours une illusion, j'ai gardé encore s:'r toi toutes les miennes... Tu es encore tel que je l'ai connu atitrefois, ne t'occupant que de ton travail, restant étraiiger à toutes les autres choses bonnes ou mauvaises de la vie.
— Tu te trompes peut-être...
— Non, j'en jurerais... Il ne s'agit que de A^oir ton air paisible... Tu ne connais pas le^ orages du cœur...
— Qu'entends-tu par les orages du cœur?...
— Voilà qu'il ne sait même pas ce que c'est... 0 innocent! je l'admire, maisjesuisincapabledet'imiter... Enfin, tu me reposes des surprises contraires...
— Que veux-tu dire?...
— Ah ! l'autre jour je ne l'ai pas raconté... J'ai éprouvé un certain étonnement... Te rappelles-tu Mégrin... Mégrin, le lils du président à la cour?...
— Celui qui s'est marié il y a un an...
— Précisément, il m'a rendu visite, et sais-tu ce qu'il venait me prier de lui prêter?...
— Non...
— La clef de ma tuur de Ne.<le...
— Tiens...
— L'n lioiiim.' qui a une femme charmanle, alorable, qu'il aimait, dit-on, la folie... avant son maria^'c... C'ùlail même .>^on premier amour...
— Et tu la lui as donnée?
-- Parldeu!...
Li\. !08 -- 1 111:0:). r.R iip.MiY. - ;.A t;ELLE iiiurru. — r.u. J. n^ive k: c''. liv. 103