Xébert! eirC un .sourire ti'iste
— Ttt le vois, iill Ce- Riut renoncer à tes d'eririiëres iilïusi<nw. . ..
— Tu me d^s cela avec une gaieté de crogiie-mort... Eli bien, je ne suis pas fâché pour toi que tu fasses comme tous les jeunes gens...
— Pourquoi?
— Parce que cela' est nécessaire. Parce qiu'il faut ze d^igoui'dlr un peu ([uantf on a notre âge^ qnraod' on jouit de toute sa liberCé... Auti'ement le goû» d€5 aventures vient plus tard et Ton fait comme- Wégrin, qnii, à peine marié, songe à changer d'ordinaire. Il n'a pas assez ë!\i pot-aTr-f<ni conjugal. Mais domie^moi (îonc dés d'eCails... Comment est-elle?... Qlii est-elle? Mariée, fille ou veuve?...
M. Mébert hocha la tête.
— Je sais bien ce que tu vas me dire, fit l'avocat, on t^a demandé la plus grande discrétion. C'est un ange qui commet sa première faute et qui ne veut pas qu'elle soit connue... 11 en est toujours ainsi... On reste fidèle au serment que l'on a fait à l'ange de cacher soigneusement sa faiblesse pour vous jusqu'au moment où Ton apprend que l'on est le quinzième ou le seizième auquel il s'est donné... Que dis-jel donné?... Oiïert, mon cher ami, offert...
— Ne plaisante pas, dit le jeune docteur, c'est plus sérieux...
— Oui... oui... c'est entendu!... Cela me gêne un peu de te céder la tour de Nesle, car j'y avais donné rendez-vous pour demain à une aimable personne, mais je ne puis le la refuser la première foi> précisément que tu as le désir d'en faire usage...
— ïu es bien aimable!...
LA i;r.LLI^ MIKTTK 859
— Combien comptos-tu la garder?
— Le moins possible... quelques jours ii peine I...
— C'est di'jà beaucoup... Enlin!... Surtout, sois heureux!...
En sortant de chez son ami, M. Mébcrt alla visiter rapparteiuent qui était mis à sa disposition. Il se composait d'une chambre et d'un petit salon situés dans un quartier excentrique aussi éloigné que possible de la prison.
C'était une vieille femme aux allures de proxénète, à la parole doucereuse, qui était chargée de l'entretien des meubles et de la propreté. Cette femme habitait la même maison.
M. Mébcrt lui annonça qu'il viendrait aune heure assez avancée avec deux dames.
Il ne pouvait prévoir, à ce moment-là, que Clémentine seule réussirait à s'enfuir.
La vieille femme eut un sourire complaisant.
— Votre ami en a mené jusqu'à trois.
Le médecin rougit.
— Ces deux dames sont très respectables... Ce sont... Il allait dire : Ce sont la mère et la fille, il se retint.
— II faudra que personne ne sache qu'elles sont ici...
— Soyez tranquille... Je ne suis pas bavarde.
M. Mébert remit un louis à la matrone, qui se confondit en remerciements et en nouvelles protestations...
— On me couperait la langue plutôt que de me faire parler...
M. Mébcrt s'éloigna assez rassuré. 11 lui répugnait de conduire sa Clémentine dans le lieu où son ami cachait ses bonnes fortunes, mais cet asile lui paraissait le plus sûr qu'il pût trouver pour !e moment.
Une fois les prisonnières cachées là, il leur chercherait un nouveau refuge dans les environs de Montpellier, à moins qu'il ne prit la résolution de quitliT arec elles cette ville.
Le jeune docteur vint dans la nuit avec Clémentine, sur les vêtements de prisonnière de laquelle il avait jeté une mante.
Ils étaient essoufllés, car ils avaient couru, simaginant être toujours poursuivis. Ils avaient vu sortir le poste et arrêter la Miette, sans (piil leur fût possible de la secourir.
M. Mébert introduisit précijùlaïunient la clef dans la serrure, puis ils s'enfermèrent dans l'appartement. Alors seuleiuiMil ils osèrent se croire à peu près en sûreté.
Ils passèrent ensemble le reste de la nuit, oubliant tout pour ne se rappeler qu'une chose, qu'ils étaient l'un à l'autre sans entrave, libres de s'aimer à leur aise, de s'abandonner à une ivres^e sans lin.
800 I \ i;ii i.i: MUT ri
Jamais heures plus délii-iiMiscs no s'iSouIènînt.
Une lueur do raison les ("•rlaira eependaiil dans la nialiuéo et dénionlia la iu'ees<ilé qu'il y avait jtour M. MiMieit de rentrer chez lui et de se rendre ensuite à la maison centrale atin de d("'roiiler le< soupçons.
Nous avons vu qu'en quittant la j>rison des Ifiiinie- il se liAta daller rejoindre son amie.
Il la trouva levée, en train de mettre la lahlc pour tous les deux. La vieille femme avait acheté les provisions nécessaires.
Clémentine avait caché ses vêlements de condamnée. Elle portail sur sa chemise la mante qui avait servi à l'évasion.
— Tu n'as pas froid ainsi?
Mais non, elle n'avait pas froid, car elle se réchaulïait en le pressant contre son mmu, et lui aspirait sa douce haleine.
La matrone venait de s'éloigner en les laissant seuls... Us songeaient beaucoup plus à se regarder et à s'eml)rasser qu'à toute autre chose, quand tout à coup ils tressaillirent...
On venait de frapper rudement à la porte.
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