I. \ i;i:i.i V Mil TTF
— r"ai- ri> niiiMii v,>iii]iMs, ni:ii< iiii dcnii.'-ii' (li'f()iiV('rl(\ je I;i ^ai'do pnur d'autres.. .
— itl ne rclV.Si'iMls |i is a (iriiKMliiit'. pfUl-rlro... -- Je l*ai déjà dit que mui...
— Même pour inoi.. .
— Même pour toi!...
— Je me veiiirerai, sorcière de l'ciirerl...
— Fais ce que lu voudras...
— Tu crois que je ne puis rien à ton égard... Tu [c. tr.uupes!...
— Je ris de tes menaces!...
— Iiira liien qui rira la dcrnii'ir !...
Kn sortant de chez la Métisse, Mieilc alla voir MaUiiia (]u'cll(' trouva diiis la joie.
I/aiicienne tille iiuLilii]ue venait dapprendre une gi-ando nouvelle. Le commandant de Kourou était rappelé en France. 11 quittait rétablissement.
— Est-ce possible?... lit Miette.
— Comprends-tu quelles conséquences cela vaavoii-?...
— L'Amirale...
— Oui, le commandant ne l'emmènera pas?... Il ne jiourra pas l'emmener.
— Quelle dégringolade I . . .
— Elle perdra ses allures superbes... Elle redeviendra la (illc Poilol comme auparavant et retournera parmi les autres...
— Ce sera drôle I...
— Ce sera d'autant plus drôle que c'est mon amant à moi qui exercera le commandement provisoire... Il a, en eiïet, le grade le plus élevé après le vieil idiot que Ton fait partir...
— Caroline n'a pas fini de souffrir...
— Tu peux le dire... Je ne peux lavoir en peinture, cette poseuse... Elle avait une véritable cour ici... Pour être bien avec elle, il m'eût fallu être une de SCS demoiselles d'honneur...
— C'est certain...
— Nous allons nous amuser...
— Je le crois...
Miette passa près de la case de Clémentine pour rentrer chez elle.
Elle n'avait pas l'intention d'y entrer, car elle savait qu'à ce moment Maillone ne pouvait être avec sa fille. C'était aussi l'heure où Gérard était à labatis. Donc la jeune femme devait être seule.
L'ex sage-femme entendit néanmoins des voix.
Elle prêta l'oreille, mais ne put rien distinguer de ce qui se disait.
L'une des voix était bien celle de Clémentine, l'autre était gutturale et sourde.
i.\ i;i:i.i.E Mii: rri; <ig5
Miette se cacha pour voir qui soiiirail de la case. Son attente ne fut pas longue. Au bo;:t de quelques minutes le bruit diiii li.iiser arriva jusqu'à clic, puis un nègre descendit de l'étajo de la case où se tr();iv;iil la cliaiulir»' de (jcrard et de Ciémculirie.
— Diable!... lit .Miette... Elle ne se gônepas!...
La mère de Clémentine n'avait jamais vu le Rongou. Klle se douta ci-p ndant que c'était le personnage mystérieux que la Métisse appelait l'ermile.
— Quelle tète fera Mailloue quand il apprendra cela!... Elle s'en alla triompbante.
Inutile de dire que le soir lorsque son mari rentra, la Miette lui lit pari de sa découverte...
— Ta as un nègre pour rival. . .
— Un nègre!...
— Oui... Ma coquine de liile a trouvé que son mari et toi ne lui suffisiez pas... Elle vous a adjoint un moricaud bien solide et bien planté, ma foi...
— Ce n'est pas possible ! s'écria Maillone avec rage.
— Je l'ai vu...
— Mais toi... tu es capable d'inventer...
— (Vest cependant la vérité...
— Et puis, qui te fait croire que ce nègre soit l'amant?...
— J'ai entendu les baisers qu'on se donnait.
— Oh! malheur à elle!...
La satisfaction de Miette ne faisait que s'accroître.
Le lendemain matin, Gérard était instruit à son tour. Clémentine ne devait pas tarder ;i voir fondre sur elle l'orage de tous les côtés à la fois. Ce fut d'abord son mari.
— Vous m'avez promis, lui dit-elle froidement, de n-^ plus l'aire descènes de jalousie. C'est à cette condition que je suis rentrée dans votre cise, quoique vous ayez tenté de m'assassincr...
— Il y avait hier un nègre ici...
— • Qu'est-ce que cela prouve?
— Il te faut encore un homme de couleur!
— Vous m'injuriez!...
— Quelle femme es-tu donc?
— Une femme qui est à chaque instant obligée de se justifier contre les accusations les plus absurdes...
— .\bsurdes, dis-tu?
— Eh! oui!... Un individu (luelconque, môme un nègre, ne peut pas entrer dans celte maison sans que tout de suite vous vous imaginiez (pic je me livre à lui...
f! ■■ LA nri.i.i: mikiti'
— On la (Mil.Mulu l'iMiil.rasscr:...
— Oui cela?...
— iNiisiine tu pii'((Miu< iiiic co iit'sl \Ki< vrail...
— Jo cl('(lnii,'ne nii'-ino d»' rc'j)Oii(]i"c...
Ciôraril insista i^oiir avoir qnolt|uos cxplicalions, mais (llrmcnlinc, sans (loiiiier le moimlro rciiscigniMiicnt, conlinua à jouer uno. iudiL'u.iiioii .nii convainquit son mari i|nVlle avait (Hr fausscincnl acciisiV».
Il avdua à la lille do la Miette d'où venaient les i)rojMi> qm i .ivahiil iiiiii'.
— Ma mère I
— Oui...
— Vous avez pu vous laisser tromper par elle... N'ous ne la connai^siv, donc ]Kis... Vous ne savez pas que je n'ai pas d'emu-mie plus acharnée... VMr ne recule devant rien, pas même devant les inventions les plus ridicules...
— C'est ridicule, n'esl-ce pas?
Clémentine dit d'un air de mépris :
— Elle a raison, puisqu'il y a des gens qui s'imaizinenl (pie tout ce qui sort de sa bouche est parole d'évangile.
Ce même jour, Clémentine eut dans le chantier de Maillone une entrevue avec celui-ci.
Du plus loin qu'elle Taperçul, elle comprit que la Mielte ne s'était pahornée à exciter contre elle Gérard.
— Ah! Aïi! dit-elle, ma respectable mère n'a pas oublié de te monter l.i tête à toi aussi...
— Elle m'a raconté ce qu'elle a vu.
— Qu'a-t-elle vu?...
— Que tu accordais tes faveurs a un //lai bîunc/u... El moi qui étais assez sot pour aimer une femme telle que toi...
— Je te parais donc bien méprisable?...
— Ohl oui...
— Tu me hais maintenant?...
— Je n'en ai pas la force, mais je sens que j'ai eu tort de te donner mon cœui...
— Tout ça à cause des propos delà plus méchante créature qu'il soit... 11 est vrai qu'elle a pu voir un nègre sortir de la case en l'absence de mon mari... Mais qu'est-ce que cela prouve?...
■ — Elle prétend que ce nègre est aimé de toi...
— Est-il possible?.. .Tu ne t'es pas demandé quel pouvait être cet homme ?
— Non...
— Eh bien, c'était le Rongou.
— Le Rongou I...
LA liKl.I.i: MII-TTE HC:
— Ce misérable dont lu m'as délivivc une fois... t, ,,• ui .i> m. -<-.., Il dit qu'il a pour moi une passion violente... Je ne savai.s comment m'en débarrasser... car tu n'étais pas là pour me protéger... Je l'ai éloigné comme j'ai pu... Es-tu jaloux de Djimbo qui est à la fois un monstre et un assassin?...
Il y avait dans la voix de Clémentine un accent d'amertume aïKpiel MailloDe se laissa prendre. Il crut que sa maîtresse était profondém<-nt indignée dcl'accusation dont elle était l'objet. Il lui saisit les mains :
— Pardon! Pardon I...
— Une blancbe qui subit les caresses d'un nègre, poursuivit Cléiiiontinc, se dégrade... Une liaison semblable est avilissante... Je suis tombée bien bas, mais crois-tu que je sois tombée aussi bas que cela?...
— Oublie mes injustes soupçons, Clémentine.
— Si je devais rougir devant toi, je préférerais disparaître encore, et celle fois pour jamais...
— Où irais-tu?..
— Où étais-je pendant l'absence que je skmis ue faire?... - Je l'ignore... Tu as refusé de me le faire connaître...
— J'avais reçu asile, non parmi des noirs, mais parmi des Indiens //«///^^s...
— Ne pourraient-ils pas nous aider à quitter ce pays, à fuir tous les deux ma Clémenline?
— ■ Peut-être 1...
En s'éioignant du cliantier de Maillone, Clémentine murmurait :
— Pouvais-je lui avouer que c'était vrai ce que ma mère lui avait fait connaître, que j'ai été la maîtresse de Djimbo et que je le suis encore!...
Comme nous les avons, la fille de la Miette était, dans le grand bois, tombée au pouvoir du Rongou. Celui-ci n'était pas généreux. Quand il avait vu la jeune femme, après une opiniâtre résistance, succomber à la fatigue et à l'éinolion, il avait poussé un cri de joie.
Il avait possédé presque à demi morte cette créature (|u'il désirait si ardemment et avait ajouté ainsi un crime à ceux dont il s'était déjà rendu l'auleur... Mais Djimbo ne comptait plus!...
Quand Clémenline était revenue à elle et que, souillée par le monstre, elle l'avait accablé de malédictions, il s'était borné à dire :
— Puisque tu as eu déjà des amoureux pour d.- l'ai^^iMil. tu ii'a-^ i.i :i perdu avec moi... Alors, pourquoi m'injuries-tu?...
Pendant quinze jours, le Ilongou l'avait associée a sa \\r en an.-, ii i a\ i i traînée après lui dans ses refuges dont qnebpies-uns étaient très éloignés do Kourou. Généralement, il l'obligeait à marcher, mais parfois, voyant qu'elle n'en pouvait plus, il la prenait d ms ses bras robustes et parcourait ainsi des dislances invraisemblables.
4 16S i.A i;i:i.Li: Mii:r ri".
Colle oxisUMU'O ôlail aissi pt'-iiiliit» pour lui i\\u^ \)nuv cl'.o. l.t'ur no;irriturc se composail de uil'it'r, ((uo lo l{i)iii,'ou lîiail avec une atlrcNsi^ cxtrt^mo, ol de fruits sauvage;?.
Dans les premiers jiuirs de la de.ixii'Mne stMiiaiiic. Ujiniln) avail (joiiiir ((uolques signes d'inquiclude.
Il cherchait des traces dans la lon'l ; il giinipail jiarfois sur des arbre;. montait sur les tertres situi^s en des endroits découvert^, alin d'interrogi-r h' lointain. Son \is:ige exprimait une irritation profonde.
— Traucpiillc me cherche, disait-i!... Angnilay aussi...
Son agitation alla croissant jusqu'au jour où, campant av(>r ClrniiMitine sur les bords d'une rivière, il lui parla en ces lernuv^ :
— Ce n'est pas la première fois que j'ai emmené une femme, av(M" moi dans le grand bois. Quand je n'en ai plus voulu, je lui ai dnnn;'- la mort...
Le visage de Clémentine exprima l'épouvante.
— Rassure-toi, je respecterai jusqu'au moindre cheveu de la tête... Tu n"as rien à craindre de Djimbo, car tu as su lui inspirer de l'amour. ,. Je ne me sépare de loi que parce que j'y suis obligé... On me poursuit...
— Écoute, je te rends ta liberté; mais à une condition...
— Laquelle'.'...
— C'est que lu ne diras à personne que tu étais avec moi...
— Oh! je ne le dirai pas...
— De plus, quand je viendrai le voir ù ta case, tune me repousseras pas. -^ Pourquoi accepterais-jecela? Si on te poursuit, c'est pour me délivrer...
— Non... personne ne s'occupe de toi... On doit te croire morle... Je connais bien mes ennemis... Ce sont Tranquille ei Anguilay, les charmeurs de serpents... Dans tous les cas, si on voulait l'arracher à moi, j'aurais le temps de te couper la tête avant qu'on arrivât...
Clémentine frémit...
— Promets-la de ne pas me traiter avec mépris quand je reparaîtrai ii tes yeux?...
— Soit!
— Le jurcs-lu?
— Je le jure...
— Tu ne me trahiras pas?..,
— Non...
— Eh Lien, alors, sache que tu es ici à trois heures seulement de Kourou... Suis le cours de cette rivière et lu retrouveras bientôt ton chemin.
— Quand parlirai-jc?,..
— Tout de suite I...
i.A in;i.i.r mii. i ri-
ïranquille cliarmait les s. rpLiil.,. ^1'. li:i.)
Djimijo manifesta quelque émotion.
— Laisse-moi l'embrasser...
Elle se laissa faire.
— Maintenant va-t-en vile... Va!... Le temps pres--c...
Ce fut ce jour-là (jue ('li''in(;iititit'. frappa, épiii-ri' par !a fali de la case de rAinira'c.
à la p rie