‹ La belle MietteChapitre 187 sur 200 · TROP TARD I · texte numérisé non relu

TROP TARD I

Il est des actes que l'aiïeclion la plus sublime peut seule inspirer. Tel était celui accompli par M""" Médard.

Depuis quelque temps, les lettres de son fils lui laissaient entrevoir qu'il était gravement atteint.

.lexis ne disait pas toute la vérité comme on le pense bien, mais, convaincu qu'il n'échapperait pas au mal qui le dévorait, il voulait préparer peu à peu sa mère à apprendre la catastrophe finale.

Celle-ci ayant tout compris avait subitement résolu de se rendre auprès de son enfant.

— Puisqu'on ne lui permet pas de venir à moi, j'irai à lui ! s'étail-elle écriée.

Elle n'avait reculé ni devant la longueur d'une traversée pénible, m devant les dangers de toutes sortes.

Sa seule pensée était :

— Pourvu que j'arrive à temps!,.. Pourvu que j'arrive à temps!...

A son arrivée à la Guyane, elle s'était rendue à l'hôtel du gouverneur, mais on n'avait pu la renseigner tout de suite sur l'époque à laquelle il y aurait un

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Alexis Médard avait r(;iidu le

départ pour Kouroii. Klle était condainiu'c à rester à Cayeniic seule, sans protection, ne sachant quand elle pourrait rejoindre son Dis.

Ce fut alors qu'elle songea à s'informer de celte sœur Marie-Lnii^e dont Alexis lui avait tant parlé dans ses lettres et .pi' il dépeignait comme un modèle de charité.

Simonne de Méran aociieillil parfaitement M'"° .Mcdard. Kil-' l'ariit très impressionnée quand la vieille dame lui lit part d»- ses craintes.

UV. lio. — TUKODOUE Ut.NHY. — LA IIKI.LE MIETTE. — hl.. J. HOLTF KT c'«. LIV. 1*5

LA «EILLE JBiËTTE

— Erfhw fï.tfisHWe.? Ei4l-.np ijitHWîïliilr ?.... ici il Rujijunmuiil œwf;?, iliion ics

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— Jle juiis .aJoBler, Uni tfliitl-<cille.^ içfue wobs aie ferez juk=; «nrite îta toavem'C deOyeuiie ù l&otiroQ. Je pranânaii^ imûii oiufiai (passable silt T^&f/^udk.

— Ctciit mm Ihaulreur iiiKejîpiènr.,

— ^c su.» -abungeie ifl'inne HianRDtie ifl"iiii<5[)Wtti«Bii .âans 'les !bô[pd!ta)ïi^ i&e^-scrvi^^ par ««fine toi'ânfc, (SI ii> mrji arocim lincanv^iiaieift ù ce g ne je cammenos jia;j'ÈtaiilissKmeiil 'daDs iJeguél «e aronwe wtoe Ifil*.

— î3ercL.,. roea'oi .!.-..

Tedle tituil ll"cs3jiliicati).GanAe ila jupéserooe tôfts <fteui: 'feinraes auprès du joaiu; forçaL Eliles se iraj'emlt i Unii tâonncir lies soms iles jiltns .assiflii&.

M""' Médard «ntt rtftapérance de Ifvarraclier .a lia tooiU jjisga'à ia dernière lienr^f., rmini* Simamne^ ifie^-itiH ilagnelle iles méciedfts paj-Jaiont ilibremeniL, 'dont on me -craignaJl pas lûe llmiùsar le <D(8anr, me ttanda ipa« i saweiiir cçue son 'était était désespère,

Cai.ifOiBr 'oepeindaiil ton imieirK sansMe semïbla se maaiiiileëter (dhftz AHeM&. Il puErûa là^iinn reteocr passible «n Firamoe giaand la grâce si impali'emroeft'l allltenâuc «rrirwrvajitt «eraffia.

Sa mèa'e était rayie, et la sœur Marie-Louise elle-3n&me«c ^demandait a lon ne s'était pas pressé de condanmer le jeune homme, si on ne devait pas espérer de le guérir en l'éloignant de Kourou.

Le soir, le fiévreux engagea M°° Médard à prendre quelque repos. Elle y consentit, mais Simonne refusa de s'éloigner.

Depuis que la nuit était Tenue, elle remarquait une certaine agitation cficz Alexis. 'Elle se demandait si ce mieux n'était pas factice, si ce n'était pas la dernière claftè de la lampe ayant de s'éteindre.

Elle resta donc au chevet d'Alexis.

Le jeune homme s'assonpit pendant que la sœur priait.

A genoux, elle demandait à Dieu la guérison de cet infortuné. C'était

I,A HKl.l.K MIKTTli: 1 i:;:i

presque l'impossible qu'elle sollioilait (ht maître de tonte» choses, mai^^ ne pottvait-il faire au mirail.- ?...

Elle savait que le coupable re;,Metlait sa faute... Elle croyait qiu* la crràci" (le la vie pouvait être accordée à uu homme purilié par le repciiiir.

— Ce n'est pas seulement pour lui, ù iimn Dieu, que je vous implore, c'est pour cette pauvre vieille mère qui vient de faire preuve d'un dth'ouemenl admirable, pour cette mère qui a franchi les dislances les plus Gon.sidérables alin d'embrasser son fils mourant. Récompensez- la, cette noble créature, soyez aussi indulgent aujourd'hui ([uc vous avez été sévère jadis... Peui-èlre a-t elle manqué de fermeté avec son enfant quand il eût fallu le prémunir contre le mal et lui apprendre le bien, mais vous ne punissez pas toutes les mères trop iiululgentcs... L'exemple est suffisant... S'il faut cependant encore quelque chose pour désarmer votre justice, prenez une part des épreuves que vous m'avez imposées et qui ont été réellement bien grandes... J'accepte mou sort avec résignation, pardonnez, pardonnez 1...

C'était avec des larmes qu'elle suppliait le Tout-Puissant de l'éGoiiier. Elle espérait le toucher bien que jusqu'ici il ne lui eût rien épai'gné.

Elle avait perdu son fiancé, son père, le bonheur ici-bas I...

Oui, mais elle gardait intactes ses aspirations vers la patrie sublime, elle croyait fermement qu'elle retrouverait là-haut tous ceux qu'on lui avait enlevés!...

Devinait-elle l'amour d'Alexis Médard?...

11 est probable qu'elle s'en doutait. Et elle qu'éprouvait-ei!e pour le jeune homme?...

Marie-Louise n'y avait jamais réfléchi... Elle confondait ce qu'elle ressentait pour le forçat repentant dans la bienveillance générale dont elle enveloppait tous ceux qu'elle voyait souiïrir.

Elle ne s'était pas interrogée sur l'émolion qu'elle avait éprouvée quand le malade avait saisi ses mains et les avait couvertes de baisers la première fois qu'elle s'était approchée de son lit à Kourou.

La sœur n'avait été nullemeul cho<[uée par cet élan. Si uu lui r . i.ii demandé lexplicalion, elle eût été peut-être embarrassée, cependant il liu avait paru naturel.

Et maintenant était-elle surprise de ce qu'Alexis Médard ne la perdit pas un fnstant de vue lorsqu'elle était dans la case, de ce qu'il suivit tous ses mouvements, de ce (pi'il prononçât son nom fiendant son somnr- ' ' ' ••■ ■■; délire?...

Marie-Louise n'avait pas essayé de résoudre ces (juestions, c'.U: ue ^c l.> était jamais [)osées.

La clarté f.iible d'inie veilleuse éclairait la ca<e tandis que la s.eur priait.

nr.r. I. A liFi.i.i: mii nr.

M'°' >li'(l;ii-(l s't'tait jtM('M' (l;iiis un hamac (lu'oii avait t(Miilii non loin de oolui do son fils. VMc liorinail ilii sonimcil lomd de ceux *\\u n"onl jias ri'|i()sé depuis lonulomps, Quand Mario-I.ouiso st' releva, elle saiiereul ([u'Alexis élail éveillé.

Klle .s'approclia de lui et lui demanda s'il n'avait besoin de rien.

— Non, ma steiir. merci...

— Vous ne soulTi(V. pas?...

— Je ne soulïre j)as...

— Vous allez réellement de mieux en iniou\... Nous vous sauverons !.,.

— Ne le croyez pas, ma sœur...

— Pourquoi?

— Parce que je sais (]ue j'ai bien p( u de temps à vivre...

— Vous avez vite clian<,'é d'avis...

— Je ne me suis jamais fait illusion...

— Cependant aujourd'hui... vous parliez d'un retour possible...

— Ma mère élail si heureuse de m'entendre lui donner cet espoii-... P(MiIétre ai-jc eu tort... La désillusion sera plus lorte pour elle...

— Je suis persuadée que vous vous exagérez votre situation...

— Si vous saviez comme je me semble faible en ce momenl...

— Je n'ai plus aucune douleur parce que mon corps n'en plus capable d'en avoir... Ce que j'éprouve est étrange; depuis quelques instants, il me semble que mon âme plane au-dessus de ma dépouille mortelle... Elle ne tardera pas à s'envoler...

— Quelle idée I...

— Je ne me trompe pas...

— Voulez-vous que j'éveille votre mère?..,

— Laissez-la, je vous en prie...

— Mon Dieu !

— Ne vous alarmez pas, ma sieur... Â quoi bon?... Ce qui doit être sera... La fatalité ne saurait être conjurée...

En disant ces paroles, Alexis Médard eut un frisson. Marie-Louise voulut lui tâter le pouls, il était faible, petit et très fréquent. Alexis était baigné d'une sueur froide.

— Oh:...

— C'est bien ma dernière heure, n'est-ce pas?...

— 11 faut que je demande du secours...

— N'en faites rien I...

U joignit les mains.

— Bénie soit la Providence qui permet que vous soyez là. Je m'en vais résigné, presque content... C'est vous qui êtes cause de cela...

LA in.I.LL: MIIMIE

■ — Je suis heureuse que ma présence soil un soiilairement à \o> maux.

— Un soulagement immense, car je me prends à espérer ù l'existence d'une seconde vie où je vous retrouverai plus tard...

— Avez-vous jamais douté !...

— Je vous l'ai déjà dit, qiiuiipie chrétien, j'avais toujours été peu fervent... Ce qui se passe ici-has n'est pas susceptible de faire croire a l'existeuc.' d'un Etre souverain...

— Les voies de Celui qui préside à toutes choses sont impénélrahles, ses desseins sont immenses... Courhez la tête devant sos arréis et ne Ifs discutez pas.

— Ma siour, j'accepte la sentence qu'il a prononcée, j'accepte loul... J.î crois en Dieu depuis que j'ai auprès de moi un, de ses anges...

— Je ne suis pas un ange, hélas !

— 11 faut bien que vous en soyez un car je n'avais jamais rcncdutré avant vous de créature aussi parfaite...

— Vous vous exagérez...

— Non... Chez vous le visage est aussi beau que le cceur est bon, que le dévouement est sublime... Aussi vous m'avez inspiré... Uh ! pa.don, m.a sieur, pardon!...

3Iarie-Louise essaya de calmer le mourant... Elle lui répéta qu'elle n'était pas parfaite, elle aussi, et qu'il ne lui devait pas toute la reconnaissance qu'il croyait lui devoir parce qu'elle lui avait donné quelques soins.

— En prenant le voile, j'ai accepté des devoiis...

— On les accomplit plus ou moins bien.

— Celles de nous qui négligeraient leur tâche commettraient une grande faute.

— Oh I vous, vous n'avez pas à vous reprocher cela...

— Qu'en savez-vous?

— Lorsque j'étais à l'inlirmerie j'entendais le concert de louanges qui accueillait votre nom... Aussi n'est-ce pas de ma faute, ma s»i;ur, si malgré le caractère sacré dont vous êtes revêtue...

Marie-Louise avait réussi déjà à arrêter sur les lèvres d'Alexis .Mclard l'aveu qu'elle sentait y venir.

Elle essaya de l'empêcher encore de dire une chose qn'.ll.' cnmiMviiau maintenant.

C'était pour elle et pour lui qu'elle ne voulait pas ([u'il parlai.

Elle craignait pour lui l'exaltation à la(|uelle il serait inéviiabloment en proie en exprimante p.assion qui l'avait envahi et qui était plus vive que jamais, même à cette heure qui précédait cependant ranéantissemcnl suprémo.

El elle que répondrait-elle à ce malheureux?... Que lui dirait-elle?

H 58 i.\ r>i:MJ' MiK.r riî

lîosterail-cllo insiMisible à do brùlanl.'s paroles ? Putinait-ollo lui ci •lier son «•iiiolion?...

Alo\is Mi'daid oQiiipril rclh- fois en parlic ci; ipii so passait dans la sn'tir. Kl'e avail donr doviiii^ son si-crcl ol elle lu^ s'tMi fàcliail i)as cl dit' ih' s'. mi innntmit pas Idcssoû... Kllc so boriiail à ne jus voidnir ciiliMiiIrc rc lan.i^a^c dan^zcreiix...

L'Iiisloire il.^ jH-,>p|i r,iirdrliM, l'assassin do la sd'ur ViTonique, revint à sa miMUoire.

Sœur Vrrnnii|iit' avait aciMicilli avec horreur l'aiiioiir d'un forral. Maiào- Loiiisc se liuinail à désirer (pi'il n'expiiinfil pas par des paroles re (jn'il ressentait.

Il eut un tressaillement de joie et... il se Inl.

Mais ee fnt dé>orniais exaclenicnl comme s'il eût ouvert son cieiir à Marie- Louise. Son alTection, quelle ipi'elle fût, était acceptée.

Il demanda la main de Marie-Louise, elle la lui donna.

Il prit cnsuilc une voix suppliante :

— Accordez-moi une <:rando faveur, dit-il.

— Laquelle?

— Je sais (|ne vous Oies matlemoiselle de Méran, que votre père était un a:niral...

— Uui vous a appris?

— Qu'importe !... Je le sais...

— Lh bien... Que désicez-vous?

— Faites-moi connaître votre prénom de jeune fille...

— Ahl...

— C'est en prenant le voile que vous vous êtes appelée Marie-Louise, mais comment vous appelait-on auparavant?...

Elle hésita, mais la prière d'Alexis Médard ne l'en avait pas moins profondément remuée.

— Vous y tenez? lit-elle à voix, basse...

— Oh! oui...

— On m'appelait Simonne.

— Simonne !...

Il répéta ce nom deux ou trois fois comme charmé.

— Simonne !

II y avait maintenant une immense satisfaction sur les traits du jeune homme. Il resta prés d'une demi-heure sans remuer, gardant toujours la main de Marie-Louise dans la sienne.

Soudain, sa figure se contracta et prit une expression douloureuse.

— Je ne veux plus maintenant... je ne veux plus... J'attends ma grâce... Elle va arriver... Elle arrive... Je sais qu'on l'a signé, mais la France est si

l.\ l!i:i.l,i: MIKTTK

loin... Puisque jo vais être lilin,". puis(iuVlI.> m.- permet de l'aimer, cil.-, j.; n ai plus de raison pour m'en aller... Je refuse... 11 faut ipie je reste... Maman, maman... n'est-ce pas qu'il faut ipte je reste?... La mère s'éveilla en sursaut.

— Qu'y a-t-il?

Elle fut aussitôt sur pied.

— L'Oijapock va aliorder... Parmi les lettres, il y a ma irràce...

— C'est lîien possible!...

— ■ Je refuse de mourir...

— Oui, mon enfant, tu vivras...

— Simonne consent du reste à ce (pie je vive.

— Simonne!...

— Oui, elle!...

Marie-Louise avait de grosses larmes sur le visaL'o.

— Vous pleurez?...

Le visage d'Alexis se rasséréna.

— Elle pleure î... Elle pleure !...

Il ferma les yeux avec délices, puis les rouvrit...

— Adieu, maman... Adieu, vous... Simonne! Il eut un sourire et répéta encore :

— Ma grâce... Simonne !...

Ce furent ses dernières paroles, .\lexis Médard avait rendu le dernier soupir, victime des fièvres du Kourou...

On comprend quel fut le désespoir de la mère. Elle sangluta longtemps dans les bras de Maiie-Louisc dont la douleur n'était pas moins vive.

— Ob ! comme il vous aimait ! dit la ni're en regardant la sœur. Celle-ci baissa les yeux.

— Je l'ainTais aussi !...

L'âme d'Alexis, nouvellement entrée dans la vie éterni-ilc, cui piiii-éirc un tressaillement en enleiidanl cet aveu.

VOyapock effectuait un nouveau voyage à Kauiou au moment où le fila du confectionneur rendait le dernier soupir... L'aviso appniiait. en effet, la grâce du condamné, mais il était trop lard !..

1160 LA in:i.i.i; miktte

CWVllI

PÉCADr.NCK D INK COtiUTlSANK

Miellé était loin d'avoir vu d'un bon mW le retour de Clcnienlinc.

— Moi (]iii espérais en êlre débarrassée ! (it-oilc avec dépit. Maillone, qui était présent, dit que cette réflexion était d'une bonne mère.

— Avec cela qu'elle est, elle-même, le modi'le des (illes !

— Que f;iil-t-elle?

— Klle me prend mon homme...

— .\llons donc!... C'est absurde!...

— Tu étais bien désolé quand on la croyait morte !... Maillone ricana.

— C'était po;ir te donner l'exemple !...

Miette courut chez la Métisse qui ignorait encore que la femme de Cérard avait reparu.

— J'ai bien envie de te faire rendre l'argent que je l'ai donné l'autre jour...

— Pourquoi?

— Parce que je m'imaginais que, grâce à tes sortilèges, tu m'avais délivrée de Clémentine.

— Eh bien?...

— Elle est rentrée à Kourou.

— Toi qui avais vu dans les tarots qu'elle ne reparaîtrait plus...

— Je me suis trompée sans doute... Attends...

La sorcière alla prendre un jeu de cartes, le battit, puis le consulta après l'avoir fait couper par Miette.

— C'est vrai... Je navals pas fait attention... C'est grâce à l'ermite qu'elle n'est pas morte... à Termite... à qui je l'avais promise et qui l'a eue. Aujourd'hui la papesse est entre l'empereur et l'ermite.. . Le pape vient après.,. Oh! que l'empereur est loin de l'impératrice...

— L'impératrice !

— C'est toi...

— Et l'empereur, c'est Maillone, n'est-ce pas?...

— Oui...

— Il s'éloigne encore de moi?

— De plus en plus...

— Ainsi, mals'rè ton talisman...

LA nt:ij.K MiicriK

I," Il'ii;."!!! lavait associée a sa vio •■ir.iiili;. ^1'. 1107.) uv. l'iC — TiiKoi) utE iri.MiY. — LA nEi.i.K MiErrB. — ÉD. J. noLtr irr c'».

LA BF.I.LK Mil; I TE 11C3

— Je t'ai dit qu'il est desoliosos que je no piiischanc:er... Il m'est impossible, par exemple, de rajeunir une vieille et de la faire préférer par les amoureux à une jeune... L'amuleiio avait quelipu^ veihi ; mais tu es réellcmeiit trop fanée...

— Malhonnèle !...

— Est-ce que lorsque tombent les pétales de ré;j;lantini', ji- piii> faire rester autre chose que le... fruit?

— Tu as tort de raillei-...

— Je ne me moque pas de toi... Je me li.tnie à le rappeler ce ipic lu sais. du reste, fort bien...

Mielte prit un air décidé.

— Vends-moi de ton poison...

— Pourquoi faire?

• — Que t'importe I...

— Avec toi je veux être renseignée... Tu m'as déjà compromise en France.

— Je ne te corapromellrai pas à la Guyane...

— On sait que tu viens souvent me voir...

— Mais puisque tu dis que maintenant tu as découvert un breuvage qui agit rapidement et ne laisse aucune trace... On ignorerait toujours...

■ — Tu es si bavarde... Tu serais capal)le de le raconter exprès pour me causer des désagréments. . . Beaucoup de femmes se sont perdues et ont perdu les autres avec leur langue maudite... Je n'ai aucune conliance en toi...

— C'est flatteur...

— D''ailleurs, quiveux-lu tuer? Ton mari?...

— Peut-être 1...

— Non ce n'est pas lui, car tu espères toujours qu'il revimilra à loi. une fois l'obstacle supprimé... C'est tafdle à qui tu veux donner la mort... Kb bien 1 cela ne me plaît pas, à moi... J'ai toujours eu un faible pour celle enfant qui n'est pas méchante, qui vaut mieux que toi... J'ai vu ensuite qu'elle api»arlenait à l'ermite et l'ermite ne me pardonnerait guère si je lai<s;iis toucbr-r à sa maîtresse...

— Clémentine serait la maîtresse... il'un autre... que .^laillun.-. . .

— Cela ne te regarde pas.. .

— Elle va bien, ma fille !... Elle va bien I Si cela ne me rc'arde pas, cela regarde évidemment Gérard... .Nous verrons ce qu'd pensera delà conduite de sa femme.

— Tu vois que j'avais raison de me méfier de ta langue...

— Je ne parle que lorsque ça m'est utile. .. t^i tu m'avais vendu de ce que je t'ai demandé, je me serai> tuée...

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