I.\ VËXGKANT.i: DE T P. A N 0 T I L LE
A quelques jours de là, rétablissement de Kourou rerut une singulière visite, celle de Pomacari, souverain des Indiens Galihis et de sa femme Macouria.
De;ix caricatures, ce roi et cette reine sauvages, tout couverts de tatouages qui leur tenaient presque lieu de vêtementj*.
Leur calimbé roulé autour des reins n'était guère plus long que ceux de leurs sujets, mais les colliers et les bracelets ne leur faisaient pas défaut.
Le roi portait une sorte de diadème orné de plumes. La reine laissait Jlotler ses cheveux huilés.
Ils se rendaient tous les deux à Cayenne et demandaient qu'on voulût blun leur accorder le passage sur le prochain aviso qui viendrait à Kourou.
On ne crut pas devoir leur refuser cette faveur tout en se demandant pour quel motif ils quittaient leur peuplade.
Ce ne fut qu'après leur départ qu'on le sut. La lièvre jaine avait éclaté dans leur village situé à une centaine de kilomètres de Kouroii. Pour écliapper à la contagion, ils avaient cru devoir s'en aller, laissant leurs s-jje!s se débrouiller comme ils le pourraient.
Les princes indiens ne valent guère mieux que ceux de l'aMcifii continent.
Ces renseignements furent donnés par deux charmeurs de serpents qui sortaient du grand bois. Tranquille et Anguilay, tels élai<Mit ios nom- de ns individus dont un au moins nous est déjà connu.
Tranquille était ce nègre de h G.iyane que nous avon-^ vu, a i i <> i uyaie, lutter avec Djimbo.
Comme on se le rappelle, le Kongou l'avait fort maltraité. 11 lui avait mordu le visage et déchiré la poitrine. Sans le secours des surveillant'^ ••! d'-- ''ii; ii> le pauvre noir eût certainement été tué par son féroce eimemi.
Tranquille avait juré de se venger de Djimbo et, dans ce bui, il .-wait, après son réta!)lissement, renoncé à rentrer dain le ch'inticr nù il était primitivement employé.
Il s'était associé avec Anguilay, antre nègre, cl menait une e\i<lenre errante.
Tranquille charmait les serpents les plus dangereux. U en av.iit recueilli
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une collcolioii avec la<iiielle il s"o\liil),iil sur les \)]i\ce^ imiIiIuiucs et so livi-;iil à loule sorte de tours moyennant (iiiel(]iies oiTran les. Sdn oainaraile faisait la qiitHc.
Ce dernier était compatriote de Djinibo. r"est-à-iiii-e (]iie, comme lui, il était !ié sur la cote occidentale dAfriqiie, mais il avait eu lieaucoup à se plaindre du bandit qui l'avait surpris un jour dans riiahitalion La Folie où il était employé et l'avait laissé pour mort.
C'était plutôt la haine du lloni^ou que leurs intérêts qui avaient réuni les deux nèiires. Ils avaient juré de s'emparer de lui, de le livrer à la justice et déjà plusieurs fois ils avaient failli tenir leur serment.
Djimho savait qu'il availces hommes surses traces, et, coninie nous l'avons vu, c'était pour leur échapper «jifil avait renoncé à garder Clémentine auprès de lui. 11 se fut certainement beaucoup plus éloigné de Kourou, tandis qu'ils y étaient, sans sa passion pour la lllle de Miette.
On se rappelle que la Métisse avait prédit au llougou que son amour le perdrait. Cette prédiction devait-elle se réaliser?
Le jour même de rarrivée à Kourou de Tranquille et .\nguilay, Djimho eut une entrevue avec la sorcière.
Le bandit se glissa furtivement dans la ca<e de la vieille femme.
— Toi, toi! dit-elle. ,
— Ma présence n'a pas Pair de le faire plaisir...
— Tu me compromets 1...
— Si on me prenait chez toi, on ne te condamnerait pas à mort, toi aussi.
— Non, mais on me chasserait d'ici... Il paraît qu'on en a déjà la pensée.
— Allons donc!...
— J'en ai été avertie, par le frère noir de l'Ange de feu
— Comment a-t-il su?...
— Il a vu Malvina...
— Malvina!
— La maîtresse du nouveau chef... 11 paraît que Miette l'a excitée contre iiioi... Malvina, à la première occasion, obtiendra de son amant que l'on m'oblige à m'éloigner de l'établissement... Cela m'ennuie, car je ne me trouve pas mal dans cet endroit. Mais, si on me chasse, je me vengerai...
— De quelle manière?
— Je saurai bien m'y prendre...
-- Ta vengeance n'atteindra pas Clémentine au moins...
— Tu continues toujours à l'aimer...
— Oh! plus que jamais...
— Imprudent, imprudent!...
— Tes conseils sont inutiles, la Métisse... Je suis prêt à braver tous les
LA liKI.I.i; MIKTTi: HT.»
dangers pour colle blanche sans pareille... Consullc (es caries pour savoir si elle sera à moi longlenips, si elle sera à moi loiijours.
Sans mot dire, la sorcière alla prendre ses larois.
Suivant son habitude, elle lit couper par Djimho, mais, à peine eut-elle jeté un coup d'œil sur les iiremièrcs caries, (pfelle fui prise d'un tressaillement subit.
— Que vois-tu?
-— Ce que je vois?
— Oui...
— Le danger est là... H menace, il approche... Tu es perdu 1...
— Allons donc!...
— Tues perdu, le dis-je... Va-t-on... Va-l-en!... En ce moment, on frappa à la porle de la case.
Le nègre et la vieille femme se regardèrent avec terreir, mais il leur sembla qu'une voix de femme appelait du dehors la sorcière.
Celle-ci alla voir par un trou pratiqué à la porle, puis elle eut une exclamation et ouvrit.
Djimbo eut un mouvemement de joie lorsque Clémentine se montra.
— Elle:...
— Djimbo I...
— Que veux-tu? dit la Mélisse. Tu dois avoir besoin de moi, car tu ne me rends visite que lorsque tu penses que je puis t'étre utile...
— N a-t-elle pas raison? lit le Rongoj. Crois-tu que ce soit un grand plaisir de contempler ta face ridée?...
— Assez de compliment-. Voyons, parle, Clémcnline... Quel est l'objet de ta visite?...
— Je sais que tu n'as pas cessé de distiller des poisons...
— Qui a pu te dire cela? grands dieux !...
— Je le sais...
— C'est comme cela que l'on cause des désagréments aux gens, c'est comm<^ cela qu'on les perd... On t'a menti... On m'a horriblement calomniée...
— Tu t'y connais au moins... Tu distinguerais un breuvage inollensif d'un breuvage qui donne la mort.
— Peut-être !
— Ne dissimule pas avec moi... T'imagincs-tu que le passé soit sorti de ma mémoire. Je suis la femme Barbe condamnée aux Iravauv forcés à pcrpéluilé pour avoir versé le poison de la Métisse.
— Tais-toi... Ne parle pas aussi haut!... Vous m'avez causé tant de désagréments, la mère et toi, qu'avec vous je suis obligée d'.'ir.' nrinlpiii.'... Que te faut-il?... Que désires-tu?...
LA BKLLE M 11- T il-
(■.li'moiiliiu' lira do sa poclic mu polil llaroii (iircllt; iciail à la soroii'ie
— Qu'csl-ce ([uo cola?...