‹ La belle MietteChapitre 48 sur 200 · i.A iiKi.i.K Miinri · texte numérisé non relu

i.A iiKi.i.K Miinri

M"' Mari,'iiorilc iHail coiislorm'M*, Trliv no l'ôlait pas moins.

Il lui soinMail, à ce nuuiuMit, (jifil oiU tloniu' sa vie pour adoucir ce chajirii» si profoinl et si lôuilinio.

C'ôlait en vain qu'il prodii^uail dos coiisolalions, (|u'il faisait des promesses, Paula ne récontail y'A<.

Soudain, rinforlunéo eut un i:("'misscmeiii plus navranl...

Klle s'ôlail de nouveau évanouie.

— Allez chercher lo médecin, monsieur Félix, dit M"" Mari^iieritc. Le contre maître s'élança vers la porte.

Ce ne fut que trois quarts d'heure après que le jeune homme repaiMil avec le docteur qui était déjà venu le malin.

Paula n'avait pas encore recouvré ses sens.

Le docteur examina la pauvre lille, lui tâta le pouls, interrogea sur la crise qui avait eu lieu et s'en alla en laissant une ordonnance.

Paula ne sortit que fort tard de l'état de prostration dans lequel elle était ploncée.

Presque aussitôt le délire s'empara d'elle.

l'nc rouîreur ardente empourpra son visage. Des paroles lanlAl confuses, tantôt retraçant les images qui l'agitaient, s'échappaient de ses lèvres brûlantes.

Félix était resté assis près de ce lit de douleur. M"" Marguerite allait et venait dans l'appartement.

Aucun de ces excellents voisins ne songeait à se retirer. Us eussent eu honte d'abandonner Paula à son malheureux sort.

— Pourvu qu'elle ne meure pas! disait la vieille dame.

— Ah ! si elle m'avait donné le nom et l'adresse de ceux qui retiennent son enfant! disait le jeune homme, je me serais bien arrangé pour le lui faire rendre.

La courtisane joignit les mains.

— La Miette! la Miette! disait-elle, aie pitié de moi si tu as un peu de cœur, si tu n'es pas une tigresse... Picnds-moi Bébé et je pardonnerai tout ce que tu m'as fait souffrir.

Tout à coup, son visage s'assombrissait.

— Ah ! elle ne veut pas! elle ne veut pas ! D'autres pensées agitèrent Paula.

Elle éprouva même toutes les angoisses du jeu.

— Vingt francs, cette fois!... Gagr.é!... Quitte o:i double!... J'ai gJgné encore I... Quatre-vingts francs sur le tapis, quatre-vingts francs dans la poche, cela fait cent soixante francs!... Si je me retirais, si cet acompte pouvait suffire !

LA BELLE MIETTE 3o9

Balil risquons encore, mais jouons une fail)L: somme, celle fois... J'aiealorl... huit! J'ai eu raison! Le banquier a amené neuf I

Paula éprouvail enlîn toutes les joies du li-iomplie. Elle avait trois cents francs dans la main !

Son l'cuard étincelait; on eût dit un avare. Elle eût déchiré celui qui se fût approché d'elle.

Mais son bonheur se changea bientôt en désespoir.

— Salomon! murmura-t-elle. Ilest là... Il étend la main, iltientie rouleau. Voleur! voleur! voleur! Arrêtez-le, emparez-vous de lui!

L'infortunée retomba épuisée.

Il était trois heures quand Félix quitta l'appartement pour se rendre à son atelier.

— J'ai une heure et demie de retard ; mais, c'est égal, le motif est excusable I Le médecin doit revenir. Madame Marguerite, voici de l'argent pour acheter les remèdes qu'il ordonnera.

— Mais cela va vous gêner?

— Nullement. J'ai touché ma paye avant-hier et je n'ai presque rien dépensé. D'ailleurs, j'ai des amis qui me prêteraient, si besoin était...

— Monsieur Félix, vous êtes un brave garçon.

— Je suis un honnête homme, et le devoir des honnêtes gens est d'être utiles à leurs semblables.

— Tout le monde ne raisonne pas comme vous.

— C'est un tort.

Avant de se rendre cependant à son atelier, le contremaître alla chez le commissaire de police du quartier déposer une plainte conlre le misérable qui avait si efTrontémcnt volé la pauvre mère.

— Je connais ce Salomon, dit le magistrat, c'est le fils d'un banquier juii. Il s'est ruiné et vit maintenant aux dépens des courtisanes qu'il rencontre. Vous dites que la fille qu'il a volée s'appelle Paula?

— Oui, monsieur le commissaire.

— C'est. une blonde, pas mal faite, avec des yeux bleus.

— Ah! Vous la connaissez?

— Tout Marseille aussi...

Félix devint pâle.

— Elle demeure dans la rue Caisserie...

— En effet...

Le commissaire continua :

— 11 n'y a pas longtemps, du reste, qu'elle a comparu devant moi. Je l'ai arrêtée, une de ces dernières nuits, dans un tripot avec quelques malheareuses de son espèce.

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— Eu vérité !

— Elle n'est en liberté que depuis hier...

— C'est dono..

— Ce qu'il y a de pire comme moralité... Atlcndoz; il me semble cependant que M. Comté, le chef de la police de sûreté, s'est iulércssô à elle, et que, pour cette fois...

Le commissaire eut un rire large...

— .Mil ah ! c'est un gaillard, Comté, malgré son âge.

— Vous croyez que...

— Parbleu! N'en dites rien cependant... Pour être de la police, on n'en est j>as moins homme... Cela vous semble drôle!

— J'avoue...

Le jeune homme était révolté.

— .\u fait, à quel titre vous présentez-vous pour déposer sa plainie?

— A litre de voisin.

— Ahl ah! Et d'ami sans doute?

— Non, monsieur...

— Mon avis est qu'il vaut mieux ne pas donner de suites à cette affaire. Nous ferons arrêter Salomon. Il prouvera que c'est Paula qui lui a pris les trois cents francs et qu'il n'a fait que rentrer dans ses fonds. Nous en serions pour nos peines.

— Vous croyez?

— J'en suis sûr. Sur vingt plaintes de ce genre déposées par des filles, dix-neuf et demie sont sans fondement.

Le contremaître alla à son atelier tout pensif. Le soir il ne rentra que très tard chez lui.

11 passait devant la porte de Paula sans même s'arrêter pour savoir de ses nouvelles, quand M""' Marguerite l'appela.

— Eh bien! qu'a-t-on dit à la police?

— Qu'il ne valait pas la peine de poursuivre le voleur.

— Comment?... Que signifie?...

— Peut-être cette... créature s'est-elle entendue avec le... Salomon.

— Qu'entends-je!... Ce changement...

Félix eut un sourire amer.

— 11 vous étonne?

— Profondément...

— C'est que vous êtes dupe de la comédie...

— Quelle comédie?

— Celle qui se joue...

— Vous plaisantez, monsieur Félix?

LA IJKM.i; MIKTT

LA BRLLE MIETTl, 363

— Non, madame Marguerite, mais j'ai fait des réllexions.

— Dieu me garde de vous demander qui vous les a inspirées... Mais on voit bit^n que vous n'avez plus sous les yeux, depuis quelques heures, le speclacle navrant que j'ai eu sans cesse devant moi. Le médecin sort d'ici. Il a dit que la siluatii.n est grave. Paula ne cesse, dans son délire, de demander son enfant. Par moments, sa voix est douce comme une musique ; d'autres fois, elle esi menaçante

Félix baissait la tête.

M""' Marguerite ajouta :

— Je vais m'inslaller dans la chambre de la malheureuse fille pour ne pas la quitter celte nuit. Tant pis si aliène mérite pas la peine que je me donnerai pour elle.

Le jeune homme était maintenant honteux de ses paroles.

— Vous avez raison, fit-il en saisissant la main de la charitable voisine.

— N'entrez-vous pas un moment?

Félix hésita. On eût dit qu'il craignait de revoir la courtisane. 11 finit par se décider à suivre M"' Marguerite.

La fièvre de iPanla n'avait pas diminué ; le délire continuait à agiter la pauvre créature.

Le contremaître restait debout.

— Asseyez-vous donc, monsieur, dit la voisine.

Le jeune homme s'assit près du lit de la malade, qui murmurait des paroles à peine distinctes.

Une demi-heure s'écoula pendant laquelle il resta silencieux. Il ne perdait pas de vue l'infortunée, et des pensées de toute sorte l'assaillaient.

Malgré l'état dans lequel elle se trouvait, Paula lui paraissait plus belle que jamais.

Il admirait le visage de la jeune femme, sa gorge et ses beaux bras blancs. Il ne pouvait croire que tout cela appartenait entièrement au vice.

Ce que lui avait dit le commissaire de police revenait à sa mémoire et il sentait en lui quelque chose qui se révoltait.

Il ne tarda pas à s'apaiser un peu.

— Après tout, qu'est-ce que cela me fait? Lorsque j'ai secouru cette malheureuse, je savais qu'elle menait une existence irrégulière, je savais qu'elle avait des amants. Cela ne m'a pas empêché de faire pour elle tout ce que j'ai pu. Pourquoi ne continuerais-je pas maintenant? D'où vient que j'ai soufTert quand j'ai tout appris?

Peu à peu, Félix sentit la pitié reprendre le dessus. Il éprouvait une compassion des plus vives pour celle qu'il voyait souiïrir.

— Qui sait comment elle est tombée dans le vice?... Qui sait ce qui a causé

•. . l \ lî! 1 l.K Mlliili:

sa .Imlf.* .. Il iiit' soiuli'e avoir t-ntondu piikr tlt' la ini^iTO. Il csl possililo (jiir! co soit celle hideuse plaie (pii ail fail nii dciiKtii «le celle (pii eill (Ht"* un ange! lîieii a pardonné à la pèciiercsse. p(iiii-,iii(ii lui j(ilcr;iis-jc la pin-re, pniirqnni ral«aiidonnerais-je?

la piliè l'enipurtail toiil à l'ail cli.v. Kflis. I(»rs(pii' M"" MaruMcrilr lui coiit^eilla de se retirer.

— Que coniple/-V()Us faire? demanda le jinne Ikhiiiih'.

— Moi. je ne nie c mclie pas cl ve:i\ rester à veillei- l'aiila.

— (e.nR'liez-vous. au roiilraire, niadaïue Maiyiierilo. vou-; èlcs fatiguée cl je ne le sui< pa-;.

— Vous avez donc changé d'idée? -- Vous pouvez vous relirer.

— Kl si j' refuse, et s'il ne me pliil pas de vous laisser en tète à tête avec une personne aussi j(die?

— Kn ce cas, je ne rabandnnuerai jkis |iIus.

— Soil 1 Nous serons deux.

Fé!i\ resta donc. Un ronflement sonore h' tii-a de nouveau de ses réIL'xions. C"éla:l la charilalde voisine qui, succomliant à la fatigue, s'était endorniie.

La nuit se passa ainsi. Le jeune coiilremailre ne ferma pas les yeux un instant.

Au malin, Pa::la était plus calme. Cependant, le mol hélx; revenait quelqsiefois sur ses lèvres.

M. Félix cnlendit aussi un autre nom, le sien, e! il se demanda quelle impression il avait faite sur la courtisane pour qu'elle rappelât dans son délire.

Il était jour quand M"" Marguerite s'éveilla.

— Qu'est-ce que c'est, fit-elle, celte rlarlé?

C'était un rayon de soleil qui venait de se glisser sur son visage et qui illuminait l'appartement.

XXXÎX

LES ALLLMLTTES

Le lendemain du jour oui M. Jacquinet avait attendu pendant plusieurs heures, dans sa chamhre, que Paula vînt réclamer son enfant, M. Comté se rendit à Saint-Giniez avec plusieurs agents.

11 fil dans la maison de Laurenlin, qui était une des plus importantes de ce village de la banlieue de Marseille, une perquisition qui dura plusieurs heures.

LA ni-i-ij: Mii:iri: 3or,

Ce fui sirtoiit an (roisiomc étage qu'il essaya de découvrir le corps de la niallicureuse feiunie qui avait été murée vivante.

On se rappelle que le maçon avait dit au chef de la sûreté que c'était à un troisième qu'il avait accompli sa besogne forcée.

M. Comté visita toutes les pièces, ouvrit toutes les portes, sonda toutes les cloisons et fut obligé de se retirer sans avoir rien découvert.

11 revint à Marseille tout déconfit.

— Je ne renonce pas, dit-il cependant, à l'espérance d'éclaircir cet lionilile mystère. Je m'y suis engagé auprès de M. le procureur du roi; l'opinion publique réclame que j'arrête le meurtrier du malheureux qui a été assassiné en sortant de chez moi. Il me faut les coupables I

M. Jacquinet ne rentra pas, ce- soir-là, à son appartement du chemin de Saint-Pierre. Ce ne fut que le jour suivant qu'il en reprit le chemin.

La Miette, qui s'était aperçue de cette absence, dit à Clémentine, en l'entendant monter:

— Je parie qu'il a passé la nuit dernière dans une maison de jeu et qu'il a les poches pleines d'or.

— Il y a celte dilTérence avec toi, répondit la femme Barbe, que lui s'enrichit dans les tripots et que toi tu t'y ruines.

— Ce n'est pas ma faute.

— Tu n'as qu'à ne plus jouer.

— C'est plus fort que moi.

— Quand je pense que nous aurions pu payer le loyer et que nous le devons encore...

-- 11 faut être philosophe et se consoler.

— Tu en prends aujourd'hui bien à ton aise.

— Ne pourrais-tu faire une nouvelle saignée à M, Jean?

— Cela me répugne.

— Des scrupules, toujours des scrupules !

— Eh bien! oui, j'en ai!

— Ma (ille, les scrupules ne sont bons que lorsque la bourse n'est pas vide... Un pas lourd se fit entendre dans l'escalier. C'était Barbe qui rentrait.

Le bonhomme semblait rajeuni.

Clémentine continuait à ét;-^ plus aimable avec lui.

Depuis que sa mère lui avait donné la pensée de se débarrasser de son mari par le poison, elle semblait meilleure, comme si elle se fût repentie de sa conduite passée ou comme si elle eût voulu dissimuler de ci'iminels desseins.

Une chose augmentait encore, ce jour-là, la satisfaction de Barbe.

Quelques jours aiparavant, sa femme, en passant devant un magasin, avait remarqué un superbe fichu de soie.

366 i.A iu;i,i.i-: MiKiii:

I/i»xcrIloiit liommr, qui se trouvait avec elle, avait fait seiiildanl de ne pas s"a|it'ii'evoir du lirsir qu'elle avait nionln'' de l'acheter.

Il s était oonlenlé de faire observer ipie ce lidiu devait être cher, el, lorsqu'il a\ait (initié Cléniciitiue, il s'était rendu tout de suite au niai^^asiu.

le prix du lieliu était eu elTet relativement élevé. Harbe se dit :

— Je vais économiser sur mou déjeuner «pie je fais liois de la maison; de celle manière je jiourrai le lui oITrir.

In autre à sa place eùl pensé au trésor (pi'il possédait, lui n'y songea même jtas.

le li.inlmmme avait pu oui\i\ ac(piérir le fameux iicliu. 11 l'avait plié dans sa pocbe et se demandait (pie! elTet il produirait en le monlranl.

— Bonjour, ma chère amie ; bonjour, misé Miette. Clémeuline se leva.

— Déjà midil Le dîner n'est pas encore prêt .

Clémeuline allait avec sa mère à la cuisine; le balayeur la retint par le bras.

— Tu ne veux pas rester un instant seule avec moi?

— 11 faut (pie je donne un coup d'œil au fricot.

— Ta mère n'a pas besoin de toi. Elle est assez bonne cuisinière.

— As-tu quelque chose à me dire?

— Pourquoi pas? Un mari n'a-t-il pas toujours quelque chose à dire à sa femme?

La lille de la Miette eut un mouvement d'impatience suivi d'un léger soupir.

— Qu'as-tu? lit le bonhomme Barbe avec empressement. Est-ce que tu désirerais quelque chose?

— Non, rien.

— Cherche bien.

— Je suis sûre... Que signifie?

— Est-ce que tu n'as pas vu, il y a quelque temps, une chose que lu aurais voulu posséder?

— Je ne me souviens pas.

Cette réponse ne laissa pas que de désappointer le bonhomme.

— Te rappelles-tu le jour où nous nous sommes promenés ensemble?

— Sur le port ?

— Sur le port, précisément.

— Eh bien!

— Tu ne remarquas pas quelque chose à la devanture d'un magasin de nouveautés?

— Oui, un fichu!

LA BELLK MIETTK :!G7

Barbe frappa des mains :

— Ah! je savais bien! Ne l'a-t-il pas fait t;nvie?

— Ma foi, non! S'il fallait drsirer tout ce qui vous plail avec le peu que nous avons !

Barbe baissa la télé.

— Tu as raison de te plaindre.

— Je ne me plains pas.

— (-'est vrai, tu as trop d'esprit et je ne suis qu'un imbécile.

— Mais pourquoi me tiens-tu ces discours? Tu es tout mystérieux I Le bonhomme Barbe sortit le fichu soigneusement plié.

— Voilà !

Clémentine regarda son mari.

— Oh ! que tu es bon !

Elle était réellement touchée, et les remerciements qu'elle fit au pauvre nomme, qui ne vivait que pour elle, étaient sincères. Nous avons dit que cette femme, sans sa mère, n'eût pas été méchante.

Le mauvais exemple et les mauvais conseils l'avaient faite ce qu'elle était; ils devaient la mener plus loin.

Une heure sonna à ce moment au coucou qui se trouvait dans l'appartement.

Clémentine, qui venait de se mettre le fichu, dit à son mari :

— Ma mère ne revient plus, il faut que j'aille voir ce qu'elle fait; autrement tu ne dineras pas.

— C'est cela, fit Barbe, pendant ce temps je mettrai la table.

La femme Barbe, à son entrée dans la cuisine, fut suffoquée par une odeur de soufre.

— Qu'est-ce que c'est? Qu'arrive-t-il?

— Rien, dit la Miette.

— Mais encore?

— C'est un paquet d'allumettes dont la moitié vient de prendre feu.

— Comment cela s'est-il fait?

— Los allumettes sont tombées de la cheminée dans le fourneau.

— Ah :

Clémcnliiie s'approcha et leva le couvercle de la marmite où buuillai la soupe. Elle étouffa un cri.

Il y avait des morceaux de bois qui surnageaient au-dessus du bouillon.

La jeune femme alla à sa mère et, la saisissant par le bras, elle l'amena vers la cheminée.

— Qu'est- e que je vois là, qu'as-tu mis dans cette marmite?

— Je n'ai rien mis du tout.

i..\ r.rr.i.i: miimtk

— Qu'est-ce que ces allnmollo<?

L;i Mielte ne [tonlit rien il<' sa UMniiuillili'. - Tu le vois, c'est la p;irlie du pai|iit'l «iiii u'a pas lurii'.

— T',1 savais (ju'elle t'-Liil là-ilcdans.

- .If l assure...

- Dis la v.'-iilt-, (juel i-lail lun 1» il.'

- .Mon Inii ! jt' n'en avais pas.

— .Ma nuTi', ma inèrel

La saj^e-leinnie haussa les t''paiiU'>av(N' di-ilai:! :

— Tu me lais pitié !

Clémentine était paie et liouhléo.

— - .Misérable I lit-elle d'une veux sourde a la Mii>tl \

— Pounjuoi m'insidlt's-tu.'

— Empoisonneuse 1

- Fais-moi le plaisir de ne pas crier si forll

— Tu voalais nous faire mourir I

— Allons donc I

— Nie encore.

La Miette croisa les liras,

— Qui le dit que je t'aurais laissée manger de cette soupe?

— Tu es capable de tout!

— Quel intérêt puis-je avoir à me débarrasser de toi .'

— Est-ce que je le sais, infâme!

— Sois plus calme, Clémentine, et souviens-toi que je suis la mère! La femme Barbe eut un éclat de rire.

— La remarijuc est plaisante.

A ce moment, la voix du balayeur se lit entendre dans la pièce voisine.

— Kli bieni le dîner esî-il prêt?

La Mi 'lie s'approcha de la marmite et se mit en devoir d'enlever les alUimeltes,

— Que fais-tu?

— Tu le vois. Voudrais-tu que je laissasse les morceaux de bois dans la soupière?

— Tu n'as pas l'intention de servir cela?

Ce fut au tour de la Miette de faire eniendre un rire sec.

— Pourquoi pas? Que lu es enfant I N'as-tu pas compris que, le voyant r-ans énergie, j ai voulu faire ce que lu n'osais?... Lorsque la soupe aurait été sur la table, je t'aurais avertie, e!...

— Et puis?...

— Le tour eût été joué. Le bonhomme eût ava'é sa portion, tandis quiv

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