‹ La belle TallienChapitre 31 sur 31 · I.A BÊivi^K tai.lîe:ît · texte numérisé non relu

I.A BÊivi^K tai.lîe:ît

Maïs, Robespierre abattu, elle revient à la vie tout auréolée d'une légende spontanée, faite à son insu, comme, dans les contes de fées, naissent les héroïnes gratifiées de dons spéciaux i)ar d^^s enchantements de magiciennes.

Alors, elle se fera toui à tour, mais de façon bien éphémère, «la libératrice de la France », puis « la femme de Tallien », enfin la cynique hétaïre de la décadence révolutionnaire, avant d'occuper le dernier tiers de ses ans par une existence calme et familiale, loin des trônes, dans une retraite de philosophe qui serait, pour toute autre femme, une heureuse arrivée en un port délicieux, mais qu'elle transforme en un lamentable naufrage de toutes ses outrecuidances incoercibles.

Tandis que des milliers d'êtres, pendant la tempête sociale de la fin du XVIII* siècle,étaient victimes impuissantes des passions d'autrui, elle donna le spectacle rare et curieux d'une individualité sans mérite traversant joyeuse et comblée ce furieux orage à l'abri de sa beauté — comme un navire enveloppé d'une vaste nap])e d'huile — et dirigeant à son gré sa vie. Il est donc nécessaire, au point de vue de l'Histoire, qu'elle en porte toute la responsabilité.

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