La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en vers
Oor , l’hymen me semblait un nœud toujours fatal ; Mais je crois maintenant au bonheur conjugal ,
Et j’ai déjà, changeant d’avis cl de langage,
Médit du célibat depuis ton mariage.
Pourtant , lu n’es époux que depuis vingt-cinq jours , Et la lune de miel va terminer son cours.
Alors tout peut changer , et nous verrons peut-être Et le ciel s’obscurcir , et les orages naître :
Prends-y garde , Darcy.
DARCY
Mon cher ami Gérard ,
Je connais dès long-temps votre esprit goguenard 5 Vous voulez m’effrayer ; je ris de vos présages,
Et vous pouvez ailleurs prédire des orages.
Dût mon bonheur eonstant faire votre chagrin. J’aurai dans mon ménage un ciel toujours serein ! GERARD.
Tu peux avoir raison, et ton bonheur m’étonne.
Une femme à la fois jolie, aimable et bonne ,
Qui t’aime , dont le sort en tes mains est remis , L’estime générale , et quelques bons amis ,
De la fortune , enfin les biens que chacun brigue , Complaisant à tes vœux , le oiel te les prodigue.!
Il faut t’aimer beaucoup pour n’être point tenté De porter quelque envie à ta prospérité.
DARCY
Je sens tout mon bonheur ; mon Elise est charmante
Son caractère est doux 5 son imie , franche , aimante : Oui , je possède en elle un précieux trésor ,
Et mon bonheur du sien va s’augmenter encor.
• • GERARD
Comment donc.^
Aussitôt après mon mariage.
Sa mère , tu le sais , entreprit un voyage ,
Pour voir un sien cousin sans femme , sans enfans , Succombant sous le poids de ses maux et des ans , Qui , pour mourir content , avec impatience ,
Dans le fond de l’Auyergne attendait sa présence.