‹ La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en versChapitre 1 sur 58 · La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en vers · texte numérisé non relu

La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en vers

Oor , l’hymen me semblait un nœud toujours fatal ; Mais je crois maintenant au bonheur conjugal ,

Et j’ai déjà, changeant d’avis cl de langage,

Médit du célibat depuis ton mariage.

Pourtant , lu n’es époux que depuis vingt-cinq jours , Et la lune de miel va terminer son cours.

Alors tout peut changer , et nous verrons peut-être Et le ciel s’obscurcir , et les orages naître :

Prends-y garde , Darcy.

DARCY

Mon cher ami Gérard ,

Je connais dès long-temps votre esprit goguenard 5 Vous voulez m’effrayer ; je ris de vos présages,

Et vous pouvez ailleurs prédire des orages.

Dût mon bonheur eonstant faire votre chagrin. J’aurai dans mon ménage un ciel toujours serein ! GERARD.

Tu peux avoir raison, et ton bonheur m’étonne.

Une femme à la fois jolie, aimable et bonne ,

Qui t’aime , dont le sort en tes mains est remis , L’estime générale , et quelques bons amis ,

De la fortune , enfin les biens que chacun brigue , Complaisant à tes vœux , le oiel te les prodigue.!

Il faut t’aimer beaucoup pour n’être point tenté De porter quelque envie à ta prospérité.

DARCY

Je sens tout mon bonheur ; mon Elise est charmante

Son caractère est doux 5 son imie , franche , aimante : Oui , je possède en elle un précieux trésor ,

Et mon bonheur du sien va s’augmenter encor.

• • GERARD

Comment donc.^

Aussitôt après mon mariage.

Sa mère , tu le sais , entreprit un voyage ,

Pour voir un sien cousin sans femme , sans enfans , Succombant sous le poids de ses maux et des ans , Qui , pour mourir content , avec impatience ,

Dans le fond de l’Auyergne attendait sa présence.

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