‹ La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en versChapitre 14 sur 58 · V. 'PA¥L · texte numérisé non relu

V. 'PA¥L

Mais presque tous les'jourSs . ^

MADAME DORFEDIL. . ' ^

, ' Et quel motif l’attire?

Dites. • , '

, ■■ PAUL,

Quel motif? '

^MADAME DORFEUIL

Oui ; pouvez^’ous m’en instruire?

PAUL., ■ . , '

Le motif est aisé, Madame à concevoir :

Nous sommes ses amis ; elle vient pour nous voir.

MADAME DORFEUIL

Et nos jeunes époux , depuis leur mariage , '

Sont-ils bien d’accord ? ,

■ ' ^ . PAUL:r •'

■ ' ' ‘ Oui, nous faisons bon ménage

: / - A£TE'I, 'scène Vin..,- ,

Et pour qui trous connaît . qc n’est pas étonnant ;

Car nous sommes si bons , et nous nçus aimons tant MADAME DORFEÜIL.

De madame Darcy c'est tnoi qui suis la mère "Vous le savez; ainsî^l’on doit ne me rien' taire.

C’est dans son intérêt , dans- celui dq Darcy Que je cherche à savoir ce qui se passe ici.

La réserve «envers moi serait fort ridicule , i- Et vous allez de tout m’informer sans scrupule.

Cette dame , qui vient tous les jours à peu près, A-t-elle avec Darcy des entretiens secrets? , , • '

Voîis’ devez le- savoir. •• ' ' ' '

PAUL

^ ' Non ; je faia mon ouvrage.

Et d’épier les gens j*® n'eus jamais lusage.

Ainsi je ne peux rien vous dire, sur ce poinft ;

Ce que l’on fait chez nous ne me regarde point.

, ' MADAME DORFEÜIL. '

Vous devez voir pourtant,.! > ,

PAÜL à part-

' ^ Quel interrogatoire!

(Haut.) ■■ \ .

Lorsque j’ai vu , j’oublie, et j’ai peu de mémoire.

MADAME DORFEÜIL piquée.'

Ah !... c’est fort singulier. ’ •

- , - * PAUL. , . ;

^ ' Ma besogne m’attend ,

Madame ,^et je m’en vais,.., •

. ' i . MADAME DOREÈDIL- . ' ..

Demeure/, un instant. ■>

2a LA BELLÉ-AffikÉ Èf LE GENDRE, PAlJLàpïrl. ^

Ençor des questions! oh! je perds patience;

MADAME DORFEÜIL. '

Sur de certains détails d’une moindre importance Votre mémoiré au moins poutra vous servir mieur?

PAUL. . -

(A part.)

Ne m’appelle-t-oh pas;?,..'Qùel esprit curièùx!"

' ' MADAME D0RFEÜIL'. ‘ '

A la discrétion faites un moment trêve

four me dire à'qi^elle heure en ces lieux on se lève.

PAUL voulant toujours s’en aller.

Pardon t demain matin vous pourrez Te savoir, MADAMfe-DORFEÜIL.

Mais quand sé couche-tH>n? ' . , ' '

PAUL. . -

Vous le verrez ce soir.

, MADAME JDORFEUIL.

Quoi ! me répondre ainsi !

PAUL

• , ■ I . Je voudrais vous complaire j Mais comme je disais, j’ai mon ouvrage à faire.

(A part.) ‘ ■ ^ ,

Je ne rends compte ici qu’à mes maîtres : partant . Elle eu pourra par moi savoir toujours autant.' ' (Haut.) . ’ ' , '

Le devoir veut qu’au lieu de parler, je travaille : Quelque plaisir que j’aie, ir:faiit que je m’en aille: Serviteur. ,

: . •• ACTE 1 , SCÈNEvVm. . .aS

MADAME DORFEÜIL seule.

• , L’insolent !... Mairies aatres valets

Eotirront de la maison m’apprendre les sëcrets. Interrogeons-les tous : je>veux aussi qu’Élise Sur elle , sur Daf cy , s’explicpie avCc frAnchlse.

Je veux veillér à ‘tout.» tout connaître 5 et je voi Que mes paùvres cnfans avaient besoih'de'moi.

‘ ' SCENÊ PiEMIÈRE^.^^ . ; \

MADAME DORFEUIL, ÉLISE

- • MADAME DORFEOIL.

Nous, voilà seules/, viens , et causons à. notre aise.

Dis ; crois-tu que toujours Dflrcy t’aime et te plaise ? Votre accord apparent est-il réel ou.faux 2 Es-tu vraiment heureuse? A-t-il quelques -défauts ?. Allons, conte-mni tout, et surtout sois sincère'; •

Un enfant n’a jamais' de secrets pour sa mère.

' ' ELISE

Je ne puis mieux Répondre à ce'tendrc intérêt Qu’en vantant mon bônhctir , qui n’est point iin secret Mon époux est si bo.n , un peu ’vif; mais (j’importe ?

Je l’aime, et contre moi je crains peu qu’il s’emporte- Rien me pourra jamais détruire notre accord :

Car tout ce qu.vl voudra^ je le ferai d’abord. ' MADAME DORFEtlIL.

C’est pousser un peu loin , je crois, la complaisance : Un mari n’â pas droit à tant d’obéissance.

Mars , hélas [ voilà bien comme sont les enfans ,

Aimant mieux un épou-sr souvent que leurs parens l Ainsi j jusqu’à ce jour, pas .le moindre nuage ,

N’a troublé , je le vpis, la paix de ton ménage ?

* ÀCTE'II, SÇÉ2«E L . 25

‘V.-. ELISE. ; • . /

Non 5 Darcy m’aime .tant !. Mon" avis est le aien ; . •

Le désir qu’il exprime est aussitôt le îtaien.

MADAME DORFEÜIU .

Soyçz' toujours unis' : c’est cé que jc' demande v '

Mais de vous deux ( ici ', qui .gouverne et- commande Réponds. ' “ ■ ' .

ELISE. ' ' ; . '

' Moi quelquefois , quelquefois, mon époux.

Du droit de commander nous sommes peu jaloux: ■ ,* Llhacun, avec plaisir, à. l’antre rabandOHne> .

■ MADAME DORFEDIL. ’ , .' -

Mais la dépense enfin, qui la règle et l’ordonne?

'■ ' ■ ■ Elise. • • . < " ■ ‘

C’est moi ; majs mon mari me conseillé souvent 5 '

J’aime à le consulter., Quand j’ai be.soin d’argent ,

J’en demande à Darcy ; jamais il n’en refuse :

Aussi de sa bonté , moi , jamais je ri’abrtse.'^ ^ ; ' ‘

■ , . 'madame D'ORFEÜIL. ' -V - .

» . ' * > Ma chère enfant, , ton coeur si naïf et si pur

A , pour se diriger , besoin, d’un guide sûr ;

Je le serai ; qu’à moi ma fille se confie '

Une mère est toujours notre nveillenre àmid. • . ’

Quand ton -père vivait', c’était avec' raison ■ ' .

‘ Qu il me laissait le sojn de mener la maisorr.

De tout , me disait-.il, sur toi je me„repose ,' -

Et le pauvre homme , hélas ! ne faisait pas grand’chose.

Qu’en était-il besoin ?-De tout je mé mêlais ;^

Je recevais l’argent ; je grondais îès valets ; -, . . /

a6 LA BELLE-MÈRE ET LE GENDRE.

Moi seule j'ordonnais l^s dépenses à f^re , '

Et j’avais en mes mains V du secrétaire.

Avait-il un procès ? J’allais avec ardeur /

Visiter président , juges et rapporteur ;

J’étais chez l’avocat., au greffe., à l’au(lience.

Il n’eut qu’à se louer dé cette éonfiance. • ‘

'Jamais , tu t’en souviens , je ne le querellais ;

U est yrai'qu’il faisait tout ce que je voulais,

Et voilà le bonheiir si précieux',, si rare,

Qu’à mon gendre , qu’à toi m/t tendresse, prépare.

Mais tu dois d’un , défaut te corriger d’abord ; j -

“^Tü consultes Daroy sur tout; c’est un, grand tort.

Il est impolitique , et dangereux pcut-ètro Qu’un mari s’accoutume à se croire le maître , •.

Et déjà de Itii-même il n’est que trop porté A s’arrogep sur nous la pleine autorité.'

ELISE.' ‘ • '

Il m’est si doux pourtant de consulter sans cesse L’époux dont chaque jour j’éprouve.la tendresse !

MADAME pOR^EUIL. . ' »

Tu ne' fais là , vois-tu , qh.C. lui troubler l’esprit.

Il ne s’en plaint-januds , parce qu’il te chérit,

Parçe qu’à tes désirs ooustainhicpt il se prête ; , ,

Mais ne d,cvrais-tu pas , en épouse 'discrète , .

Sans vouloir l'accabler çncor de soins nouveaux ,

D’un aussi bon mari ménager le repos ? f .

■ I, '.ELISE. • -

Ah ! 'sou çepos m’est cher, et je im veux rien faire , Qui me rende importune , ét puisse lui déplaive.

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