‹ La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en versChapitre 15 sur 58 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

MADAME DORFEÿL.

Ton cher Darcy, je raime^... Il fiiut*le rendfc heureux. Sois prompte i deviner , à prévenir ses voeux, ’

Et même , si tu veux être toujours chérie , ’ ,

Ne crains pas d’employer quelque coquetterie.

ELISE. . '

Moi , hia mère ? •• • '

MADAME DORFEÜIL. . .

En ménage il eu faut quelquefois.

ELISE. ,

Oh ! non 5 je n’en aurai jamais besoin , je crois.

MADAME DORFEDIL. ' •

Tu crois ? Tu n’eû sais rien 5 laisse-moi te conduire. ' Par exemple ( entre nous permets-moi de le dire ) , Pourquoi ce négligé ? Ton mari peut penser *

Qu’à lui plaire déjà tu prétends renoncer. '

U peut en concevoir quelque alarme secrète.

ELISE. ' ,

Mais pour rester chez soifaùt'-il de la toilette? • MADAME DORFEDIL. .

Les maris savent ^ré d’ttn soiit qu’on prend pour eux Pour conserver le cçeur il faut charmer les yeux.

On s’expose , a côté dé fem'ràes élégantes j, ' .• ' "

’ A des comparaisons souvent désobligeantes, . •

De notre négligence une autre profitant ■

D’un fidèle mari peut faire, un inconstant.

Il .est plus.d’un volage et plus d’une coquette... J Madame Méi’icour, que tu crois sj parfaite ’ .

Et que tu chéris tant , entre nous, l’est un peu.

• . , - .ELISE. . '

Quoi!... : - • ' ' ' ’

’ ' MADAMLE DORPEUBL.

Je né l’aime guère, et je t’en fais l’aveu.' Mais à qui ce matin voulait-elle donc plaire ?

Tu ne brillais'pas trop auprès d’elle, ma chère. Quelle rfche toilette !i.. Ah ! j’en soülTrais pour t

, ■ “ ELtSË.

Elle aime à se parer. ^ '

' ' MADAME DORFEUIL

- ’ Oui', beaucoup, je le voi.

Avec plaisir souvent Darcy l’a regardée :

Moi , je les observais. ' ...

ELISE;

'. ’ ‘ ' Mais.quelle-est votre idée?

Elise , mon dessein n’est pas de t’efl’rayer ; .

Mais de cette coquette il faut te déâer. . ■ '

' ELISE

Ah! vous la jugez ma), et son.ame .sincère A la coquetterie'cst. surtout étrangère.'

Elle chérit Darcy j mon, cœur en pst flatté : ^ Elle aime eu lui l’auteur de ma félicité ,

Et témoin de bps nœuds , dans ma meilleure amie Mon époux, à son tour, v.oit une sœur chérie. Heureuse par l’amour> comme par l’amitié.

Ce cœur de l’avenir peut-il être eil'rayé {■

ACTEII, •

MADABÏE DORPEUIL.

J’admire dé ces nœuds la donceur fraternelle. . C’est sans douté pour prix d’une «mitié si belle . , Que de certain secret elle lie t’instruit pas?

Comment ?

ELISE

' MADAME DORFEDIL. ‘

• ' ... , Oui , je l’ai vue à Daroy parler bas ,

Ici même , tantôt.

ELÏSE. ■

En êtes-vous certaine ?

MADAME DORFEÛIL.

Très-sûre... Allons, vas-tu te faire de la peine? Vas-tu croire?.. Ei donc!.. Je sais que les maris.... ' Mais le tien! J’en réponds... Puis il est trop épris... Oui , je le gagerais , c’est- quelque bagatelle....

Le premier mois d’bymen un épôux est fidèle.

ELISE

Darcy n’est pas trompeur : dès que je le Verrai , Sur ce mystère-là je l’interrogerai.

- MADAME’DORFEDIL.

Es- tu folle? Comment? Compromettre ta mère!

Garde-t’en bien au m'oins : tu dois feindre, aU contraire. Le beau moyen vraiment de savoir ses secrets! - Tu n’en tirerais rien , et tu l’irriterais.' • .

H faut attendre, il faut agir avec prudence....

D’aüleürs c’est à des riens mettre trop d’importaVice, Mais j’aperçois Darcy 5 laisse-moi lui parier : ,

'Tu pourrais te trahir ; U vaut mieux l’en aller.

3o LA BELLE-MÈRE ET LE GENDRE.

« ELISE à parti

Je me fie à Darcy; je lui rehds bien justice Et pourtant quelqùè crainte en moû ame sç glisse.

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