‹ La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en versChapitre 21 sur 58 · ACTE H, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE H, SCÈNE VI

DCGHEMIN.

, i ■ ■ , Vous dites?...

MADAME DORFEÜIL. ’’

Avez-vous réfléchi sur les fâcheuses suites Que d’ùn tiers , d’un parent l’incommode séjour Chez de jeunes époux peut amener un jour?

• DUCHËMIN.

Non.

MADAME DORFEÜIL.

Ne pensez-vous pas que c’est une imprudence • JDc venir auprès d’eux fixer sa résidence ?

Réduit à SC contraindre , ou prompt à les gêner ,

C’est se forger des fers, ou bien leur en donner.

Au bout de quelque temps , la paix devient plus rare : Mécontens l’un de l’autre, enfin on se sépare.

DDCHEMIN. ‘ ,

Je connais vos enfans^ vous vous trompez sur eux,

Et de vous posséder ils seront trop heureux Pour vous donner jamais aucun sujet de plainte : Là-dessus, croyez-moi, bannissez toute crainte.

A sortir de ces lieux pourquoi déjà songer ?

Vous pou^z avec nous demeurer sans danger.

MADAME DORFEÜIL.

Avec étonnement , Monsieur, je vous écoute.

Vous croyez que de moi je vous parle ? *

DÜCHEMIN.

Sans doute.

De qui donc?

3<i LA BELLE-MÈRE ET LE GENDRE.

MADAME DOREEUIL.

, C’est de vous que je m’occupe ici y C’est dans votre intérêt que Je parle. .•

• UÜGHEMIN.

Merci.

MADAME DORFEDIL.

Vous avez, je le sais, de la délicatesse : * Comment avez-vous pu d’un neveu, d’une nièce, Sans que votre amour-propre en secret ait souffert Accepter le logis imprudemment offert ?

Gêner autrui ffest pas , je crois , votre méthode : Mais un tiers , en ménage , est toujours incommode Instruit à vos dépens, vous-même, à votre tour.

De cette vérité vous conviendrez un jour.

D’une querelle grave ou d’un débat futile ■ -

Croyez-vous demeurer spectateur immobile?

Non : pour juge souvent choisi par les époux. L’arrêt par vous porté tournera contre vous.

Le raccommodement suivra , selon l’usage ;

Et le juge, pour prix de l’arrêt le plus sage. Trouvant contre lui seul les deux époux aigris. Dans le traité de paix ne sera pas compris ;

De-là l’air froid, l’humeur, les paroles piquantes, Et des valets grossiers les répliques choquantes. L’esprit le plus tranquille et le plus patient Pourrait-il supporter ce sort humiliant?

En quittant ce logis, sachez vous y soustraire. Combien il est plus doux de vivre solitaire!

C’est l’état le plus libre et le plus fortuné :

Ou ne gêne personne , et l’on n’est pas gêné.

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