ACTE II, SCÈNE VI
DÜCHEMIN.
Pourquoi donc êtes-vous ici ?
Moi , je suis mère
Je deviens pour ma fille un guide nécessaire Dont elle ne saurait se passer un moment :
Notre position diffère entièrement.
DDCHEMIN.
Quoique vous m’annonciez un avenir funeste ,
Tout oncle que je suis, en ce logis je reste.
Je mY trouve à mon aise , et j’y vis sans souci< J’aime fort mon neveu qui me chérit aussi ;
Ma nièce me paraît une très-bonne fille ; ■
Vous, vous venez encore augmenter la famille; Tant mieux : vivons en paix. S’il survient des débats Arrangez-vous sans moi; je ne m’en mêle pas.
Pourquoi donc sur mon sort cette sollicitude Qui vient à mes vieux jours offrir la solitude ? Pourquoi, sans nul sujet, me tourmenter ainsi? Est-ce que je me plains , moi , de vous voir ici ? Restez, et qu’en repos cbacun de nous y meure.'
MADAME DORFEUIL
Ainsi vous demeurez en ces lieux?
DDCHEMIN.
J’y demeure.
MADAME DORFEUIL. t"'
Vous ne voulez pas voir combien, en mille instans, Votre présence ici gênera mes enfans ?
DÜGHEMIN.
Non : ils me le diraient. '
MAPAME DORFEUIL.
Mais vous rêvez', je pense.
Irait-on faire aux gens pareille confidence .?
Ces cboscs-là, Monsieur, ne se disent jamais.
DUCHEMIN
Pourquoi les dites-vous alors?
MADAME DORFEUIL
Si je le fais,
C’est par pur intérêt pour vous.
‘ ^ DUCHEMIN
Je vous rends grâce.
Intéressez-vous moins à moi.
MADAME DORFEUIL
Ce ton me lasse.
Votre dessein , Monsieur, est-il de m’irriter ?
DUpHEMIN.
Moi , pas du tout.... allons , pourquoi vous emporter? Vous vous ferez du mal.
MADAME DORFEUIL à part.
Ah ! ce sang-froid extrême , En me déconcertant , #ne met hors de moi-môme. (Haut.)
Puisqu’à tous mes discours vous n’avez nul égard , Moi-même je saurai hâter votre départ.
Sur ma fille , Monsieur, j’ai du crédit encore ;
Elle peut disposer d’un mari qui 1-adore.
Ils sentiront qu’ici vous êtes déplacé :
A quitter ce logis vous vous verrez forcé ,