SCÈNE XII
MADAME DORFEUIL , ELISE
MADAME DORFEUIL prenant Elise entre ses bras. Ma pauvre enfant , hélas 1
Ma mère, quel 'rhagrin?.., MADAME DORFEUIL.
Je gémis, mon enfant, sur ton triste destin.
A ton âge faut-il te voir sacrifiée ,’ . '
Toi 9 si bonne, si douce, à peine mariée, m
A qui l’hymcn semblait promettre le bonheur !
ELISE
Que veut dire ?...
MADAME DORFEDIL.
Mais non ; c’est peut-être une erreur.
Mon gendre ne peut pas... Je m’abuse sans doute. Pourtant j’ai vu bien vu.
ELISE
Vous m’effrayez.
MADAME DORFEUIL
Ecoute ;
Sache avec fermeté porter les coups du sort ,
Et faire sur toi-même un courageux effort.
Lorsque ton époux manque à la foi conjugale,
Ne va pas de tes pleurs réjouir ta rivale.
ELISE
Ma rivale!.. Achevez.
MADAME DORFEDIL.
Oui , lu dois tout savoir.
Ici même, à l’instant, le hasard m’a fait voir Madame Méricour près d’un époux volage ,
Employant de l’amour le doucereux langage ,
Et dans ses mains enfin remettant son portrait.
Qu’entends-je ! se peut-il !
MADAME DORFEDIL.
Leur entretien secret
Avait pour seul témoin cet oncle, leur complice ,
Dont je me défiais avec trop de justice.