‹ La bellemere et le gendre, comedie en trois actes, en versChapitre 45 sur 58 · ACTE III , SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE III , SCÈNE IV

BLISE.

Je reste — pour vous seul.

GERARD

Je veux, en bon ami ,

Terminer des débets dont mon cœur a gémi. .

B épondez , quelle cause ici les a fait naître ?

Oui , ce titre d’ami m’autorise peut-être A me mêler un peu des secrets du logis :

Vous ne m’en voudrez pas; c’est pour vous que j’agis.

ELISE

Eh mais, Monsieur a dû vous instruire....

GERARD

me jure

Qu’il ne sait rien du tout.

I DARCY

Non, certes.

' ELISE

J’étais sûre

Que Monsieur , renonçant à se justifier , Feindrait d’ignorer tout, ou saurait tout nier.

DARGY

Nier ?... Mais que faut-il , Madame , que je nie ? Sans doute on m’a noirci par quelque calomnie. Que je sache du moins, pour vous désabuser, > De quel crime si grand on a pu m’accuser.

Ce langage est. Monsieur, ,qne insulte nouvelle. Et que voulez-vous donc qu’ici je vous révèle ? Ce que vous avez fait , vous le savez trop bien.

GERARD. '

Oui , vous avez raison ; mais moi , je n’en sais rien ,

Et si vous persistez à tenir ce langage,

Je n’e'n pourrai jamais apprendre davantage.

DARCY

Je devine la main qui tùe porte ces coups ;

Je sais quel ennemi vient se mettre ftntre nous , Et madame Dorfeuil...

ELISE

Ah ! respectez ma mère !

Il est vrai sur vos torts c’est elle qui m’éclaire , Et guérie à jamais d’une bien douce erreur ,

Je lui dois de connaître à présent votre cœur.

En dessillant mes .yeux , la vérité m’accable.

Il m’en coùte^beaucoup de vous croire coupable , De renoncer sitôt à vous, à votre amour,

Qui n’eût pas dû finir , qui n’a duré qu’un jour , A ces plans de bonheur que je formais d’avance; Mais je ne puis , hélas! repousser l’évidence ; L’amour et l’amitié m’ont trahie à la fois.

Ah ! comment en douter ? Je. le sais , je le vois ; Et ce don que vous fit une amie infidèle ,

Ce portrait qu’aujourd’hui vous avez reçu d’elle , Ce gage d’un amour si tendre , si soudain ,

Est de votre inconstance un garant trop certain. DARCY.

Comment ? que dites-vous ?

, ELISE

' Je dis qu’une rivale ,

Madame Mériconr, tantôt, dans cette salle.

Vous fit don d’un portrait.

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