ACTE m , SCÈNE XL
GERARD à part.
Diable !
MADAME DORFEUIL à Gérard.
Savez-vous bien que Monsieur est chargé De me signifier un insolent congé ?
11 dit que mes enfans sont las de ma présence ;
De mon amour pour eux voilà la récompense !
Me chasser sans égards , moi ^ qui de mon cousin ,
Pour rester avec eux , ai refusé la main!
GERARD
Vous, Madame?
MADAME DORFEDIL. •
Oui , Monsieur. . . le meilleur caractère !
Voulant tout ce qu’on veut.
DÜCfiEMIN à part.
C’était bien son affaire.
MADAME DORFEUIL
Ajoutez à cela qu’il est riche , et son bien ,
En m’unissant à lui, fut devenu le mien.
'GERARD
(A part.) (Haut.) * ^ .
Quelle idée ! A ses vœux pourquoi ne pas vous rendre ? MADAME DORFEUIL.
J ai tout quitté , Monsieur, pour ma fille et mon gendre. GERARD.
Ce mari-là pour vous était un vrai trésor.».. *
Et cet hymen peut-il se renouer encor ?
MADAME DORFEUIL
Il ne tiendrait qu’à moi. ,
Yons croyez?
. ^ MADAME DORFEÜIL.'
■J’en sois sûre.
GERARD
Ecoutez ; vos enfans vous ont fait une injure 5 Ils osent vous. chasser.... H vous faut , sans délais. Vous venger , les punir. '
MADAME DORFEDIL.
Et conunent?
‘ GERARD
Quittez-les.
MADAME DORFEDIL.
(^uoi ! •
> GERARD
, Mais' en les quittant , prouvez-leur qu’une mère Aime encor ses enfans jusques dans sa colère.
Par l’hymen du cousin , sachez leur assurer Un bien dont des valets auraient pu s’emparer.
Voyez combien mojp plan réunit d’avantages :
Vous les enrichissez , vous vengez vos outrages ,
Vous faites le bonheur d’un honnête vieillard. DÜCHEMIN à part.
ûh ! le pauvre cousin ! . . . qu’a-t-il fait à Gérard ?
El vous hésiteriez ! Montrez du caractère :
‘Ils vous regretteront tôt ou tard.
MADAME DORFEDIL.
Je l’espère.