‹ La Bénédictine de l'ancienne abbaye de FécampChapitre 12 sur 25 · ENTER · texte numérisé non relu

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Détail du Plafond de la Salle des Abbés.

Quand il a lu leur nom sur chaque piédestal, l'Archevèque de Rouen veut revenir au monument de M. Le Grand, afin d'exprimer les sentiments dont il est animé.

Cette splendide demeure, prononce-t-il, comparable aux monuments de la plus brillante époque de la Renaissance, offre un spectacle unique. de leurs bienfaits,

L'Art et l'Industrie, le Commerce et la Charité, l'emplissent de leur éclat, de leur activité, de leurs rich tandis que, dominant tout, la Religion y répand ses salutaires influences et y provoque les initiatives les plus généreuses.

e cet ensemble de belles et bonnes choses.

Il y a cinquante ans, rien n La tourmente révolutionnaire avait démembré la vieille Abbaye de Fécamp; seule, sa vaste et majestueuse Eglise était restée intacte. Les terrains environnants n'offraient aux regards que des maisons en ruine ou de vulgaires cultures. Si la poésie du passé, pleine d’idéale > chanter, sous les ogives

beauté, de pieuse mélancolie, d’harmonies divines, s'était réfugiée dans la magnifique Abbatiale où elle ne ce aériennes, son immortel cantique, sur le pauvre quartier d’alentour planait, dit-on, le souvenir confus d’une invention merveilleuse.

ant et rêveur, alchimiste, médecin et botaniste; s’il ne sut ler les simples qu'il allait cueillir sur la falaise et à composer

Au commencement du xvie siècle, il y avait dans l'Abbaye un moine

pas trouver dans ses creusets la pierre philosophale, il parvint du moins à di es et réconfortait les hôtes du couvent.

avec leur suc une liqueur qui rendait la santé aux moines male Hélas! la tempête qui dispersa les moines emporta la recette de l’humble laboratoire, et l'existence de Dom Bernardo Vincelli n’était

plus pour beaucoup qu'une page ajoutée par la crédulité publique à la légende dorée. La science de ceux qui doutaient avait-elle raison ?

L'imagination populaire avait-elle tort ? Je l'ignore. Ce que je sais, c'est qu’il s’est rencontré un homme de génie pour faire, de la légende, Ia plus authentique et la plus merveilleuse des histoires. Cherchant à tir

parti des secrets de l'antique Monastére et de sa célébrité, M. Alexandre Le Grand eut l'intuition d’un établissement

à la

qui, sous une forme nouvelle, remplacerait l'Abbaye disparue, demandera

cordial du Frère Bernardo, et serait pour son pays, sa famille et se

cience moderne de ressusciter et de porter à sa perfection le

ssociés, une source de gloire et de profits. La ” BÉNÉDICTINE ” était née. La réputation dont elle jouit aujourd’hui dans le monde entier, le Palais qui l’abrite, les Œuvres charitables qu’elle alimente, proclament

avec quel rare bonheur M. Le Grand réalisa sa vision d’industriel, d'artiste et de chrétien.

Certes, lim

age de cet homme ne pouvait périr! Ses fils la aient revivre dans leur dévouement à son œuvre; le succès colossal de son entreprise la fixait à jamais dans les pages les plus glorieuses de l’industrie nationale, et ses bienfaits, ses vertus familiales, son patriotisme,

l'entouraient d’une aurtole inextinguible.

Il convenait toutefois que cette image, taillée dans le marbre ou coulée dans lairain, se dressât vivante et parlante sous les yeux d

tous au centre de son œuvre.

Ce vœu de la piété filiale et de la reconnaissance publique est réalisé, et je suis heureux d’avoir été appelé à présider la fête qui inaugure la statue de M. Le Grand; je suis heureux de payer à sa mémoire, au nom de ces saintes filles de Saint Vincent de Paul, de ces nombreuses

s de secours, de prévoyance, de mutualité, le tribut d’une bien légitime gratitude...

orphelines, de ces œuvres ouvriè

Je n'ajouterai qu'un mot à ces justes paroles.

Lorsque, vers l’an 1120, Baldéric, évêque de Dol, visita le Monastère de Fécamp, il admira, dans l'Eglise, une roue qui était mue par un artifice inconnu. Elle descendait, elle tournait toujours :

— « Je pris d’abord », ditil, « cet objet pour une futilité : Mais, comprenant bientôt la pensée des » Vénérables Pères qui avaient placé cette machine dans leur Eglise, je me rappelai la Roue de Fortune, » dominatrice superbe de toutes les vanités du siècle, qui, tantôt laisse tomber l’homme dans la dernière » infortune, tantôt l'élève aux plus hautes félicités. »

N'est-ce point là le symbole de la destinée de cette Abbaye de Fécamp, vieille comme l'histoire de France elle-même ? Pendant des siècles, elle est battue par la mer, ballotée de perditions en naufrages. Mais voici qu'à la fin une main ferme s'empare du gouvernail. La Roue de Fortune est captive, elle n'oscille plus : elle obéit à la volonté qui la dirige.

Toutes voiles dehors et pavillons déployés, la Bénédictine de Vincelli entre au port...

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