GRANDE SALLE GOTHIQUE
”, à Fécamp.
de qui n'est pas moins curieuse par sa forme que par son esprit, provient de l’ancienne
De là, le visiteur passe sous une des voûtes de la colonnade, traverse la Cour d'honneur, et, par deux larges baies, entre dans le Hall ou Salle des Pas-Perdus. — C'est ici que les guides de ” La BÉNÉDICTINE ” l’attendent pour le mener dans les salles du Musée.
D'eux-mêmes, les regards vont aux restes de sculptures monumentales que ce Hall renferme : pour la plupart, ce sont des fragments de l’ancien jubé de l’Abbatiale fécampoise, qui fut détruit en 1802. Il y a là toute une forêt de pierres, feuilles courantes, chêne, acanthe ou persil, ornant des frises ou des Did et qui grimpent, fouillées et ajourées, sur le fond des gorges. Il est inoui que l'ordre de déchirer ces dentelles admirables de pierre, respectées par les siècles, ait pu être donné, presque de nos jours. « On
raconte, écrit un archéologue normand, que le maçon à qui avait été confiée cette destruction sacrilège
Plaquette de F. Vernon frappée à l'occasion de l'nauguration des nouveaux bâtiments de ” La Bénédictine ” en 1900. obéit, mais frappa en pleurant. Du moins, a-t-il pu protéger de trop cruelles meurtrissures quelques morceaux de ce jubé merveilleux. Il en emporta furtivement des pièces très belles, dont il orna plus tard la façade de sa maison, et c’est à cette piété providentielle du maçon Morillon que M. Le Grand dut le bonheur de conserver pour notre admiration d'aussi précieuses épaves. »
À l'extrémité de la Salle des Pas-Perdus monte l’Escalier d'honneur. Et vraiment, cet escalier, à double révolution, est une merveille d'architecture, un tour de force véritable. Son plafond transparent éclaire un premier palier de repos et deux refuges en encorbellement. Quelques marches encore, et un second palier se développe pour former le vestibule du grand escalier.
A droite s'ouvre la Salle des Abbés; à gauche, lui faisant face, c'est l'entrée du Musée, la porte de la Salle gothique. De la voüte du vestibule pend un lustre en fer forgé, œuvre admirable de l'artiste
Marrou. Ses branches feuillagées s'étendent sur près de trois mètres de diamètre et s’épanouissent à
cinq mètres du plafond. Une baie cintrée domine l'escalier et l’éclaire : elle enchâsse un vitrail qui représente Bernardo Vincelli dans son laboratoire. Le moine est occupé à diriger la fabrication du bienfaisant cordial, dont seul il connaît le secret. MM. Lepètre, auteurs de cette belle composition, ont fait figurer à sa base une autre scène, celle-là toute moderne : « Le Conseil d'Administration de ” La BÉNÉDICTINE ” et la Direction recevant, le 30 mai 1895, les plans des nouveaux bâtiments exécutés par l'architecte Albert. » Les personnages, au quart de la grandeur naturelle, sont tous parfaitement ressemblants: voici MM. H. Gourdon de Genouillac, Président; F. Lépine et R. Ancel, Membres du Conseil; — M. À. Le Grand aîné, Directeur général; MM. Marcel et Fernand Le Grand, Sous-Directeurs techniques ;